Au vu de la production gonzo actuelle, on peut décemment se poser la question : il y a tellement de filtres sur les sodomies que les filles n’ont plus l’ombre d’un défaut physique (et dans les défauts j’inclue les pores de la peau ou la présence d’un poil oublié). Quand il a été question de passer à la caméra haute-définition, pas mal de hardeuses avaient d’ailleurs flippé qu’on les découvre bien moins parfaites qu’en 350 pixels de large. Et donc, une hardeuse, ça existe en vrai ?

Jusqu’à hier, j’aurais dit que non. De salon en interviews, j’ai croisé quelques spécimens intéressants, mais derrière toute pornstar se révélait quand même une femme dotée d’intestins, de grains de beauté, d’oreilles et d’autres trucs franchement dégoûtants.

Sauf qu’hier, j’en ai vu. Une vraie. Une parfaite. Une fille dénuée résolument de tout truc qui dépasse, avec la peau tellement lisse que si elle n’avait pas bougé j’aurais déclaré que c’était une realdoll. Nue devant moi. Bon, ça fait longtemps que je prétends que mon club de sport à Berlin est le repaire officiel des suicidegirls. Toutes un peu rondes mais fermes, avec des tatouages et des piercings, des cheveux teints, des toisons strictement encadrées, bref, des suicidegirls.

Sauf qu’entre une suicidegirl et une pornstar, même occupées à se savonner sous la douche, y’a pas photo. Déjà la pornstar elle est super mince mais avec des seins et des fesses quand même – déjà en soi ça devrait pas exister. Ensuite la pornstar elle a la peau orange plus que bronzée, dénuée de toute cicatrice ou trace quelconque signalant que la vie a passé sur ce corps-là. La pornstar elle n’a pas de poils du tout, sauf sur la tête et les sourcils, et ça ne fait pas de marques.

Oui les amis, hier j’ai vu le pubis le plus lisse de toute mon existence.

Bref, j’ai fait traîner mon rhabillage juste pour lui trouver un défaut – en vain. Cette fille pouvait porter un string avec ses fesses rondes, sans que ça fasse comme une gelée coupée en deux par un fil de saucisson. Cette fille pouvait n’avoir comme vêtements que des trucs à base de lanières de cuir, sans que ce soit choquant. Cette fille pouvait renvoyer les suicidegirls transpirer pendant mille ans sur les machines de muscu, et dépenser des millions en épilation laser intégrale.

Quand j’ai pensé qu’en plus elle avait peut-être un boulot d’avocate et un talent fou au piano, mon sang n’a fait qu’un tour. 1) concurrence déloyale. 2) la tuer. 3) m’en fous je ne suis pas sur le marché. 4) pourvu qu’elle ne revienne jamais dans ce club.

C’est là que j’ai entrevu la vérité.

Cette pornstar était un modèle unique, envoyé par le grand capital dans le but de faire le tour des clubs de sport et des boîtes de Berlin – avant de passer à une autre ville, un autre pays. Tout ça pour foutre les boules aux filles comme moi. Tout ça pour que je me réinscrive pour dix ans de sport, pour que je me paye une greffe de peau intégrale, pour qu’on me remonte les seins, pour que je renonce à croire en la beauté intérieure (bon ok ça j’y crois déjà pas). Les grandes industries cosmétiques avaient sans doute dépensé des millions pour créer cette pornstar ultime. Rabotage de côtes, épilation jusque sur les doigts de pied, UV quatre heures par jour, ponçage laser des coudes, fesses siliconnées posées sur une anorexique : le grand jeu.

Le pire c’est que ça a marché un instant. J’ai cru que les pornstars existaient. Tsssk.

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  1. marcos

  2. Sao

    ^^

  3. biolo

    t’as pas fait de photo qu’on puisse juger??

  4. éric

    Ben, franchement les super-lisses siliconées et sans poils ça me laisse aussi froid qu’un poulet mort dans un congélateur.
    J’ai pas la libido d’un technocrate normalisateur !
    Me faut du poil ! Du frisé, de l’humide ! Du qui sent le poil humide !
    Me faut du sein dodu ou du petit pointu (mais par paires, hein ! un de chaque ça f’rait zarbi ^^) !
    Me veux de la vraie fille qui dit pas toujours oui (bon, ben j’retourne au bistrot, alors !) !
    Où sont-elles nos pornstars d’antan avec moultes toisons et forces culottes de cheval ? Et leurs compagnons de jeux mal rasés et bedonnants ?
    Comment reconnaître la femme du voisin, sa prof d’anglais ou la Ministre des Montres Molles dans ces androïdes décompléxifiés (m’étonnerait pas que les neurones soient en option) ?

    Vous font bander, vous ?

  5. anaïs

    Aaaaah, j’aime les hommes quand ils parlent comme ça !
    Doudjou que c’est bon !!!!!!!!!!!!

    @Maïa. Excellent ton billet !

  6. Xe

    Ça coûte cher de devenir pornstar, c’est pour ça qu’elle font un nombre assez ahurissant de tournage: pour rentabiliser.

  7. just_passing_by

    Héé ouais, Maïa.

    Alors on découvre que la vie, c’est pas juste.
    Désolé pour l’exhumation de topic, ceci dit je vois que je ne suis pas le premier. Allons-y gaiement! Pavé ahead.

    J’en profite pour glisser le classique bonjour, j’aime beaucoup ce que vous faites, qui mériterait des kilos(octets) à lui seul (je ne suis pas un lecteur de la dernière pluie, tes écrits m’ont fasciné de longues nuits durant, à une époque, tu peux pas savoir, et je crois même qu’on s’est déjà croisé, il y a de cela un bail) mais ce ne sera pas pour cette fois.

    On topic, quand on fait l’expérience de cette dure réalité,
    je n’ai pas de réponse magique, mais je dirais : embrace the inevitable. (je me souviens toujours de cette devise, accolée aux ascii-art des fichiers nfo d’un certain groupe de crack…hehe. passons.) Accepte ton sort.

    Il existe des personnes brillantes à tout point de vue, même si c’est dur à accepter pour certains.

    Schwarzenegger a dit quelque chose d’une grande sagesse:
    “As much as when you see a blonde with great tits and a great ass, you say to yourself, ‘Hey, she must be stupid or must have nothing else to offer,’ which maybe is the case many times. But then again there is the one that is as smart as her breasts look, great as her face looks, beautiful as her whole body looks gorgeous, you know, so people are shocked.”

    Ou, de quel droit portez-vous ces jugements?
    L’adage qui dit que les choses ne sont pas toujours ce dont elles ont l’air marche dans tous les cas, bananes.

    Le commentaire d’éric plus haut, qui dit de manière totalement gratuite et méprisante, sans le moindre élément sur lequel se baser, “m’étonnerait pas que les neurones soient en option”, est révélateur(ceci dit il se trouve que je suis d’accord sur le reste).

    A ce titre je trouve que ce qu’a dit Mickaël Vendetta, et ce qui s’est passé autour de lui, n’est pas inintéressant.

    Etre trop brillant serait-il considéré comme répréhensible?

    Bien sûr, l’ensemble de la population forme, pourrait-on dire par métaphore, un espace vectoriel à plusieurs dimensions, ce qui fait qu’il est généralement possible au quidam lambda (je pense à half-life à chaque fois que cette lettre est évoquée) de préserver l’estime de soi en se disant qu’on a plus de qualités que l’objet envié, sur un autre axe de ce grand espace. Et chacun sait qu’il n’y a pas de manière universelle d’ordonner les points du plan ou de l’espace…(ce qui ne veut point dire qu’on ne puisse définir de norme au sens mathématique). Donc pas de hiérarchie absolue.

    Pour autant, on peut être démuni lorsque l’écart semble être flagrant sur tous les points, et je pense que c’est l’expérience que tu as faite et que tu as choisi de nous faire partager dans ce billet.

    Je me suis souvent demandé comment je réagirais à la conscience de mon infériorité, si jamais je n’avais pas été quelqu’un de beau, intelligent et bien foutu, et je n’ai pas la réponse parce que je ne peux que l’imaginer, et non le vivre.
    Life sucks :)

    Les gens forment un vaste marché au sens économique, avec pour chacun une valeur sur l’échelle de la beauté, du physique, de la santé, du statut social, de la richesse, du charisme, de l’humour, de l’intelligence, de la force, de la capacité apparente à survivre en environnement postapocalyptique (important pour que les femelles vous choisissent comme partenaire, dans un monde plein de dangers hehe…bon ça c’est juste des divagations)…

    Pourquoi le nier?

    Ah, excusez moi, j’entends au fond de la salle une objection…oui? pardon? Ah oui, c’est vrai…Tout ça c’est subjectif…haha…pardon j’avais oublié. MouaHaHaHAAHAAââârk! (insert sardonic laghter here)

    Certes c’est “subjectif”. Mais…Dans une certaine mesure.
    Voir les papiers de recherche troublants sur des algorithmes de traitement d’image sur les visages…pour les rendre plus beaux. Un jour les machines nous nargueront dans le domaine de l’art…Je vous le dis (warning : offtopic discussion risk spotted: 92%).

    Pour ma part (et pour nuancer) je pense que la valeur qu’on attribue à une personne dépend aussi de la valeur qu’on constate que les autres lui donnent…Certains ont écrit là-dessus, c’est le désir mimétique de René Girard.

    J’en profite pour dire que cette condition du “haut du panier” dont je parle peut être une bénédiction et une malédiction (je préfère en anglais, “a blessing and a curse”), pour des raisons complexes…On est moins libre, les gens attendent plus…Ce pouvoir sans mérite peut être culpabilisant, ou bien, cette idéalisation par autrui peut être saoûlante…Tant d’écueils à éviter…Et ça n’empêche pas de manquer de confiance en soi par exemple, de douter, ou d’avoir tout un milliard d’autres soucis…Just as any-fuckin-body else. Les deux extrêmes de la courbe de Gauss ne sont, par définition, pas dans la norme.

    En revanche, ce qui est vrai, c’est qu’on peut préférer quelqu’un qui n’est pas d’une valeur trop “élevée”, soit par peur de la concurrence qui s’ensuivra, ou pour des raisons d’estime de soi, par peur de l’inaccessibilité, par volonté de maîtrise, par exemple, la relation homme-femme n’est pas symétrique, la femme ayant reçu de la nature le rôle de celle qui “est prise”; il est donc peut être plus difficile pour un homme de gérer le fait d’avoir une partenaire d’une valeur trop élevée par rapport à la sienne, que le schéma inverse…Enfin c’est à voir, certes. Le désir sexuel et amoureux est ma foi quelque chose de fort complexe.

    Embrace the inevitable…C’est vrai pour moi aussi.

    Ceci ne nous dit toujours pas à quoi tu penses en faisant traîner le rhabillage…
    “m’en fous je ne suis pas sur le marché”…pas sur le marché, d’accord, mais peut être consommatrice…
    (images mentales censurées(indice:”douche”))

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