liberte-offenser.jpgNotre liberté d’expression vaut-elle plus que leurs indignations ?” Le débat est complexe mais parfaitement maîtrisé par Ruwen Ogien, dont le CV est long comme mes quatre bras. Non seulement l’essai aborde les différentes problématiques liées à la diffusion de pornographie, mais même, il apporte des solutions (et ça, moi, j’aime bien). En une centaine de pages, on fait le tour de la question sexe-art-morale, d’une manière tout à fait pertinente. Et après on peut briller en société (et ça, moi, j’aime encore plus).

Ensuite, je ne suis pas toujours d’accord avec l’auteur, notamment sur la prostitution (il dit que les gens consentants sont libres de faire ce qu’ils veulent, je dis que quand une majorité de gens ne sont pas consentants il faut être pragmatique). Toute une partie est d’ailleurs dévolue au consentement, vaste question, et les propositions ouvertes sont intéressantes. On y aborde aussi le droit au mauvais goût, la différence entre l’offense - crime sans victime - et le préjudice - auquel cas ok, on sort l’arsenal judiciaire. Tout ça est très clair et très détaillé.

Or s’il y a bien un truc que j’aime dans les essais, c’est quand l’auteur nous épargne le numéro d’esbrouffe genre “je te mets des phrases compliquées pour faire staïle” : je pars du principe qu’il faut laisser l’hermétisme aux poètes, et la clarté aux essayistes, par ailleurs, si tu ne veux pas être compris tu peux parler à ton pommeau de douche.

Donc ce livre est une référence. Si vous vous sentez un peu mal à l’aise sur la défense de la pornographie, il faut l’acheter, c’est vraiment la mise au point parfaite, super accessible.



  1. Clad

    “Ensuite, je ne suis pas toujours d’accord avec l’auteur, notamment sur la prostitution (il dit que les gens consentants sont libres de faire ce qu’ils veulent, je dis que quand une majorité de gens ne sont pas consentants il faut être pragmatique)”

    Alors ça c’est vraiment une question qui n’a pas de réponse simple. Je suis d’accord avec la thèse de l’auteur je crois, interdire un ensemble (prostitution, P2P, alcool) dans le but d’interdire un sous ensemble (prostitution forcée, partage illegal de fichiers, tous les abus possible de l’alcool), au detriement de tout ce qui n’est pas dans ce sous ensemble (prostitution consentante, partage de fichiers libre de droit, consommation moderée), ça n’est jamais une solution. Et ça a beaucoup de derives possibles. (Il y a des pédophiles sur internet ? Supprimons internet, pourrait dire une grande marque critiquée sur internet pour la pauvre qualité de ses produits).

    La liberté, ça n’est pas vraiment négociable. Aucune excuse ne doit passer avant elle.

  2. éric

    Clad prétend :

    La liberté, ça n’est pas vraiment négociable. Aucune excuse ne doit passer avant elle.

    Ah, que non ! Surtout pas, wouah l’autre, eh ! ;)

    Ce qu’on appelle liberté aujpurd’hui c’est justement cet ensemble de “valeurs” devenu plus ou moins partagé à force justement de négociations (parfois fortement conflictuelles).
    Quand au consentement en matière de prostituton c’est un débat à soi seul…
    Comme toujours, avons-nous la même définition de ces mots ?

  3. GrandChauve

    A propos de la prostitution: je penses que l’absence de consentement ne s’arrête pas à l’absence de contrainte physique. Je suis convaincu que 100% de prostitué(e)s préféreraient être journaliste, astronaute ou cadre supérieur. Le fait de faire le “choix” de se prostituer sous la contrainte économique est à mon sens également un renoncement au consentement.
    Je rejoins Maïa sur l’argument de la proportion: si priver 1% de personnes de leur liberté protège les 99% autres d’une exploitation ignoble alors il faut le faire. Si l’internet était utilisé à 99% pour trafiquer des images pédophiles alors il faudrait faire quelque chose (peut être pas interdire par contre mais aménager clairement).
    Autre piste de réflexion: il faut parfois protéger les gens malgré eux. Si la ceinture n’était pas obligatoire combien d’automobilistes la mettrait quand même? Ne faut il pas protéger l’infime proportion des prostitués consentantes (si tant est qu’il y en ai) d’une aliénation psychologique majeure?

    Il a l’air chouette ce bouquin en tout cas!

  4. Capitaine Al Batard

    @Clad

    Sauf que dans la cas de la prostitution les prostitué(e)s “libres” sont carrément l’exception. Donc là il n’est pas question de “brimer” les pauvres travailleurs(ses) du sexe à cause de quelques victimes, mais de protéger une multitude de victimes au détriment d’une infime minorité. La nuance a son importance. Mais là on ne parle pas du coté “moral” de la chose.

    En effet, on me balance souvent à la tronche que la prostitution est un métier comme un autre.
    Je répondrais :

    1. A quand un apprentissage de la prostitution comme pour la boulangerie, commençant à 14 ans bien sur…

    2. Si c’est un métier comme un autre, que diriez vous à votre enfant s’il voulait embrasser cette profession ? Vous l’encourageriez ?

    3. Si mon fils était plombier, lui demander de temps en temps un service de “plomberie” ne choquerait personne. Quid si ma jeune fille était prostituée ? Si je lui demandais une petite passe comme ça, entre deux nouvelles de la famille… Une petite pipe avant le café…

    Non, la prostitution n’est pas un métier comme un autre, d’ailleurs ce n’est pas un métier.

  5. Ezechiel

    J’adore ce genre de polémique (prostitution, porno et moralité bien pensante ) Un fait la prostitution existe depuis que l’homme est homme, ce qui fait un bail, l’interdire ne fait que fragiliser celles et ceux qui la pratiques, et de fait l’interdiction de la dite activité n’a jamais empêché des hommes et des femmes de la pratiquer. C’est comme la drogue c’est interdit mais que celui qui n’a jamais tirer sur un “pet” me jette la première seringue. Pour en arriver au porno la tout est une affaire de goût, 99% de la production est faite par des personnes consentantes du coup on aime on regarde, ça nous plaît pas on sort un bon bouquin et on va ce coucher.

  6. JL

    Juste pour dire à Ezechiel que je pourrais très bien lui jeter la première seringue.
    Faut jamais lancer des écrits en l’air ;-)

  7. val

    +1 pour la seringue ;)

    sinon je rejoins tout à fait le cap’taine sur le fait que la protistution n’est pas un métier mais un “arrondissage de fin de mois” et clad pour le fait que ce soit assez nul de priver tout le monde pour les conneries de certains…
    (serait-ce un certain clad_leader ce monsieur d’ailleurs?)

  8. Maïa

    Priver tout le monde pour les conneries de certains : on est bien d’accord que la majorité dont le cap’taine et moi parlons, c’est celle des femmes contraintes à la prostitution. Moi, j’irai pas me battre pour 5% de nanties qui prétendent qu’elles ont fait un choix. Je préfère les 95% d’Ukrainiennes, de Sierra Léonnaises et autres, qu’on a battues et violées pour qu’elles prennent 10 euros la pipe, et à qui il reste zéro à la fin. Si les autres prostitué(e)s peuvent faire caissières ou avocates, très bien. Mais qu’elles n’entraînent pas dans leur choix celles qui ne l’ont pas, ce choix.

  9. ReiNanto

    “l’essai aborde les différentes problématiques liées à la diffusion de pornographie, mais même, il apporte des solutions”
    : s’il a une solution à me donner pour arrêter de télécharger un porno par jour, je vais peut être l’acheter son bouquin…….. :D

  10. éric

    En télécharger deux ? ^^

  11. Elie

    Maïa a dit:

    je pars du principe qu’il faut laisser l’hermétisme aux poètes, et la clarté aux essayistes

    Nietzsch a dit:

    Les auteurs obscures veulent passer pour profonds mais ne sont qu’obscures.

    Soit.

    Mais Rimbaud, il vous dit merde:

    Je vais lui faire deux trous rouges au côté droit, y’en a une qui va regretter de pas être hermetique!

    Non mais oh.

  12. Elie

    Avec un e Nietzsche. Pour toute réclamation, adressez vous à votre pommeau de douche.

  13. Elie

    Sinon, j’ai bien aimé l’article. ‘Faut pas croire.

  14. JL

    D’ailleurs, Maïa, toi qui passe beaucoup de temps en Allemagne, serait-il possible d’avoir un jour un petit article sur ce que pense les allemands de la prostitution légale ? Je me rappelle d’un reportage diffusé sur arte à propos des jeunes étudiantes allemandes qui s’étaient engagées dans les boxons comme nos étudiantes s’engagent chez McDo, afin de financer leurs études.
    Coucher pour réussir : qu’en est-il et qu’en pensent-ils ?

  15. Nicky

    Tiens comme les gens ici, j’ai bien envie de parler un peu de prostitution…

    Déjà, par rapport à ces chiffres de 5% / 95% / 99%… D’où viennent-ils ? Quelle est leur crédibilité ? Non paske si les gens qui les diffusent sont les potes à TF1 et autres bienpensants, je suis pas sûr de les croire.

    Ensuite en effet, la prostitution a toujours existé dans toutes les sociétés tout simplement parce que les sociétés en ont besoin. La faire disparaître est impossible, même dans les réigmes les plus répressifs. Je pense qu’il vaut mieux tenter de l’assainir.

    Ensuite, les prostituées elles-même, celles qui ne sont pas esclaves mais ont choisi ce boulot “par défaut”… Si vous le leur retirez, elles font quoi à la place ? Si elles le faisaient par défaut, plutôt que caissière, c’est qu’elles y trouvent leur compte aussi ?
    Moi, je n’aimais pas faire le métier que j’avais, je le faisais par défaut. J’aurais préféré avoir un méga métier qui déchire des nounoues. Est-ce que quelqu’un se bat pour mes droits de liberté ? Quelqu’un parle de mon renoncement face à la pression économique ? ;-)
    Ce que je veux dire, c’est qu’il y a encore une discrimination au niveau du commerce de services sexuels, uniquement parce que l’on considère que c’est fondamentalement mal vécu par les personnes… Je vais pas dire que c’est génial, mais je pense pas que dans un cas relativement sain (donc pas directement forcé, quoi, mais tout de même contraint par les vicissitudes de la vie), c’est pas pire que beaucoup d’autres métiers.

    En tout cas, pour l’exemple, j’ai une amie étudiante qui se prostitue pour arrondir les fins de mois. Elle n’est pas sur le trottoir ni dans le besoin, mais sans l’enchanter particulièrement, ce petit boulot lui permet d’être indépendante et ça lui convient. Alors c’est l’exception “de luxe” mais si la prostitution est réprouvée avec force par le gouvernement, ce sera celle là qui risque de disparaître la première, laissant uniquement des esclaves dans les rues.

    Et pour parler des femmes abusées, je dirais que ce n’est pas un problème de prostitution, mais se rapprochant plutôt de l’esclavage, avec option sexuelle.
    De plus, le fait de rendre “mal” toute forme de prostitution dans la culture fait qu’on les considère toutes de la même façon. S’il y avait une discrimination faite sur “le genre” de prostituée, ptêt que les gens se responsabiliseraient et laisseraient tomber les immigrées clairement possédées par un réseau. Ce qui ferait reculer le-dit réseau. Enfin là, je rêve probablement.

  16. Clad

    Généralement, je me consiere comme un pragmatique, mais si il y a bien un cas où je me métamorphose en un indecrottable dogmatique c’est celui ci maia.

    Je ne peux pas cautionner ce raisonnement de “il y a plus d’abus [de la part des dirigeants plus ou moins mafieux des réseaux de prostitution] d’une certaine liberté [ici, celle de faire ce qu'on veut de son corps] que d’utilisation légitime [les quelques prostitués libres], révoquons cette liberté”. C’est très dangereux comme manière de penser, et un peu facile.

    Je comprend que la société (l’état ?) n’a pas une quantité de ressources infinie, mais je suis persuadé qu’il existe des moyens économiques de discriminer les deux cas.

    Une piste pourrait être de demander aux prostitués de produire une comptabilité, qui faciliterait beaucoup le contrôle. (une autorité n’aurait aucun mal à contrôler la crédibilité des donnés - prix et nombre moyen de client par soir - et le niveau de vie apparent du prostitué). Pourquoi pas la création d’un label, avec une éducation des consommateurs “Exigez le label prostitution équitable !” ? Ou un permis de prostitution sur le modèle du permis de chasse, évaluation psychologique, évaluation des connaissances sur la tenu d’un document comptable, des capacités de self-defense peut être… ? Ou même, une structure gerée ou controlée par l’état pour mettre en relation prostitué et client de manière securisée. Avouez que ça aurait de la gueule quand même, d’être le pays où les maison close sont nationalisées.

    Ca sonne un peu “Yaka”, mais je suis convaincu que pour peu que la société aborde la question sans cette pesante morale traditionaliste, il y aurait des solutions permettant de preserver les interêts de tous les gens de bonne volonté.

  17. éric

    Le plan quinquennal du sexe tarifé !! o_O

    Tu sembles oublier un détail important : la prostitution ce n’est pas seulement les prostitué(e)s et les réseaux, ce sont aussi les clients. La plupart de ceux-ci ne sont pas des gens en manque de sexe (mariés, très souvent) mais en recherche de limites sociales et morales… Mets-leur tout ça sur catalogue avec des promos à Noël et à Pâques et tu fais fuir tout le monde.

  18. Capitaine Al Batard

    ” la prostitution a toujours existé dans toutes les sociétés tout simplement parce que les sociétés en ont besoin.”

    L’esclavagisme aussi…

  19. Capitaine Al Batard

    De plus dans mon propos il n’est pas question d’interdire la prostitution, simplement de ne pas la légaliser. La nuance est importante. Je suis d’ailleurs contre cette loi DEBILE concernant le racolage passif.

    A ceux qui demandent ce que les “prostitué(e)s” feraient comme activité sans la prostitution, je répondrais : la même chose que font ceux qui ne se prostituent pas (la liste des emplois non-qualifiés est longue). Tout le monde ne se prostitue pas, donc il est possible de s’en sortir sans ça.

    Encore une fois, on ne “choisi” pas la prostitution, c’est elle qui nous choisi. Allez donc à la rencontre des associations de terrain, demandez-leur des infos, vous verrez que le monde où la prostitution choisie est légion n’existe que dans le fantasme collectif.

    La réalité est sordide, triste, douloureuse. Et pas de “TF1″ ou de bien-pensant, juste la réalité des faits. Souvent ceux qui balancent ce genre de remarquent sont les premiers à ne se contenter que des Guignols de l’info pour se forger une opinion.

  20. Clad

    “Le plan quinquennal du sexe tarifé !! o_O”

    Ouais, à moi aussi ça me fait bizarre de parler privatisation, alors que je suis un libéral fini. M’enfin c’est juste des idées en l’air, pour dire “des moyens pour distinguer la prostitution volontaire et consentante de la prostitution forcée, on peut en trouver”.

  21. Guillaume

    En fait, la bonne méthode à premiere vue, ce serait de légaliser, avoir un controle sur ce qui se ferait dans la loi et punir severement ce qui se ferait en dehors de la loi.
    Comme sa, celles qui sont volontaire on un cadre légal, et les forcée, ben elles ont aussi un cadre légal.

    Mais en même temps, sa me parait trop simple comme raisonnement. (ah, on me souffle à l’oreille que pour que cette situation soit bonne il faudrait peut être augmenter sensiblement le nombre d’inspecteur du travail…)

  22. Capitaine Al Batard

    Guillaume, sur le papier c’est la meilleure solution, mais dans les faits on a la preuve, via les expériences des pays qui ont legiféré, que ca ne change rien, voir ça facilite le travail des proxos et de la mafia.

  23. `AragOrn

    [HS:ON] Bonjour Maïa , as tu reçu mon mail ? :) [HS:OFF]

  24. Eracius

    “si tu ne veux pas être compris tu peux parler à ton pommeau de douche”

    hi hi hi
    C’est un réplique qui tue à balancer sans retenu sur web ça. Ils sont tellement nombreux à masquer leur vide idéologique abyssal par une solide coquille syntaxique indigeste.
    (Hey Era si tu veux pas être ….) euh pardon

  25. Nicky

    “A ceux qui demandent ce que les “prostitué(e)s” feraient comme activité sans la prostitution, je répondrais : la même chose que font ceux qui ne se prostituent pas (la liste des emplois non-qualifiés est longue). Tout le monde ne se prostitue pas, donc il est possible de s’en sortir sans ça.”

    Bin donc admettons que les prostituées peuvent faire d’autres métiers chiants (tout pareil d’ailleurs : personne ne souhaite à son enfant qu’il devienne caissier ou balayeur).
    Pourquoi ne les font-elles pas ? Pourquoi sont-elles devenues prostituées ?
    Et si c’est du pareil au même qu’elles soient prostituées ou caissières, à leurs yeux (bien que déjà, elles aient manifesté une “préférence”, quelles que soient les raisons, pour la prostitution), pourquoi ne pourraient-elles pas être prostituées ?

    Je ne dis pas que c’est un méga métier waw tout plaing que je veux en faire une carrière pour toute personne que je rencontre, mais il faut relativiser : c’est pas génial, mais ça suffit à des gens. Un peu comme le porno, d’ailleurs. Qui voudrait que sa fille devienne actrice porno ?
    Enfin pour ma part, si j’avais une fille, je détesterais surtout qu’elle devienne autre chose que pro gamer, mais c’est un cas particulier j’imagine.

    Le problème de la prostitution est uniquement l’exploitation de la prostitution. Et celle-ci est difficile à combattre, donc en effet les lois sont interprétables assez largement pour faciliter le boulot des policiers (va prouver que tel type est un proxénète quand ses nanas sont trop effrayées par lui et ses gorilles et qu’aucune comptabilité n’est trouvable sur le fric qu’il leur prend). Mais il ne faut pas stigmatiser la profession en elle-même, car les premières victimes en sont alors (et comme toujours) les prostituées elles-même, qui s’en prendront encore plus plein la gueule.

    Quant à la légalisation, je sais pas, ça me paraît une bonne solution, mais il faudrait alors que les clients adoptent une attitude responsable aussi (genre “vous avez votre permis de prostitution ?”) et en effet, y a des chances pour plein de raisons que ça marche moyen.
    En même temps, on disait ça aussi des jeux d’argent à une époque, et le porno, qui étaient l’apanage de la mafia aux States, et à présent a priori c’est pas mal assaini dans les deux milieux. Donc ptêt que ça dépend juste de la façon de faire les efforts, sans dire “nan, déjà essayé, marche pas”, pask’à ce niveau, autant dire que la démocratie ça marche pas, ça donne des crises pétrolières et des gros taux de chomage ^^

  26. Nicky

    “” la prostitution a toujours existé dans toutes les sociétés tout simplement parce que les sociétés en ont besoin.”

    L’esclavagisme aussi…”

    Sauf que la prostitution théorique n’a pas de victime.
    De plus, l’esclavagisme n’existe pas dans toutes les sociétés du tout.

    Je reformule : la prostitution a toujours existé, et n’est pas mauvaise en soi. Si on considère qu’elle existera toujours, mieux vaut chercher à l’assainir qu’à juste la réprimer (ce qui ne marche pas)

  27. Maïa

    La prostitution théorique n’existe pas. La prostitution pratique fait des victimes. Pragmatisme.

    Moralement, que des gens se vendent, oulà, ils font bien ce qu’ils veulent. Mais il se trouve qu’ici et maintenant, la plupart ne veulent pas, et le font quand même. Une vraie morale, je dirais que ça s’adapte à la situation présente. Mais bien sûr le sujet est compliqué…

  28. Capitaine Al Batard

    «Bin donc admettons que les prostituées peuvent faire d’autres métiers chiants (…) Pourquoi ne les font-elles pas ? Pourquoi sont-elles devenues prostituées ? »

    Tout le problème est là ! Chacun(e) va avoir un vécu qui l’a mené vers cette activité. On ne choisi pas la prostitution c’est elle qui nous choisi. Comme la drogue, personne, je pense, ne se dis : tien, je vais devenir junky ! Idem pour la prostitution.

    De plus la prostitution “libre” rapporte plus que de bosser comme caissier(e), c’est d’ailleurs souvent l’argument avancé par les prostitué(e)s qui se disent* libres. Mais à quel prix ! Et une fois cette voie choisi, il devient difficile d’en sortir.

    * En creusant, une grande majorité avouera avoir été violé durant leur enfance, souvent par un parent proche…

  29. Capitaine Al Batard

    « Mais il ne faut pas stigmatiser la profession en elle-même, car les premières victimes en sont alors (et comme toujours) les prostituées elles-même, qui s’en prendront encore plus plein la gueule. »

    Je crois qu’on est tous d’accord. Je suis contre la loi Sarkozy sur le racolage passif. Ou toute loi qui pénalise le (la) prostitué(e). On dispose déjà d’un panel de loi pour lutter contre l’exploitation, suffit juste de se donner les moyens. Là c’est pas gagné…

  30. Nicky

    ” On ne choisi pas la prostitution c’est elle qui nous choisi.”

    Mui, sauf que si on part dans des considérations d’ordre déterministe, alors nous ne choisissons absolument rien, et je ne vois pas la différence entre celle qui tombe dans la prostitution et celui qui devient avocat parce que ses parents le voulaient.
    Alors je dis pas que c’est pas mieux d’être avocat (quoique kkchose comme 60 heures de boulot par semaine, et le risque de devenir président nain, c’est pas rien), mais l’argument du déterminisme ne tient pas la route.
    Et j’aimerais savoir si le problème de la prostitution à tes yeux vient de l’exploitation de tiers (proxénètes etc) des prostituées, ou tout simplement que pour toi une femme ne doit absolument pas avoir des relations sexuelles en échange d’argent ?
    Je crois comprendre que c’est bien l’exploitation qui te dérange. Et j’aimerais savoir si on a des chiffres fiables (un peu mieux que “il suffit de voir”, car cette technique n’est valable que localement, et il me suffit de descendre dans la rue à Barbès pour voir que la France est un pays majoritairement Noir…) sur cette proportion de prostitution forcée (attention, pas uniquement abusée après être arrivée soit même, mais bien forcée d’y entrer) ?

    Sinon on est d’accord a priori sur les moyens qu’on se donne : si on donne un marteau à tous les flics des moeurs, toutes les prostituées vont leur apparaître comme des clous à enfoncer.
    Déjà, le fait qu’elles n’aient aucune existence légale (on les conseille de se noter sur la fiche d’impôts en “masseuses”) les met en danger permanent : impossible de s’organiser plus officiellement, de mettre en place des fonctionnements un peu plus safe, d’avoir je sais pas, une sorte de syndicat (j’imagine trop une grève des putes, comment le pays le ressentirait mal)… Pask’actuellement, le système même en fait des victimes idéales, en effet !

  31. Capitaine Al Batard

    Précision :
    lorsque je dis qu’on ne choisi pas la prostitution, je ne parle pas de déterministe. Je parle simplement du fait que c’est plus un engrenage, un enchaînement de faits (voir pire dans le cadre de la traite d’humain) qui conduit à la prostitution. Par opposition à un choix “libre” d’exercer tel ou tel métier.

    Une chose qui me dérange dans la prostitution c’est le fait que majoritairement les prostitué(e)s sont victimes de réseau et quand ils ou elles ne le sont pas on remarque que dans 80% des cas la personne a été victime de viol ou d’agression sexuelle généralement durant son enfance et par un proche parent. La notion de “choix” est tout de suite atténuée voir inexistante (dans le cadre des réseaux).
    De plus, monnayer un “service” sexuel (autrement dit la disponibilité du corps de la personne prostituée durant un laps de temps déterminé pour assouvir ses désirs sans tenir compte de celui de l’autre) n’est pas exempt de sous-entendu, de notion de “pouvoir” de l’un sur l’autre via l’argent (notamment de l’homme sur la femme), de domination etc.

    Nous ne serions pas dans une société “patriarcale”, il n’y aurait pas tant de problème de sexisme, de domination, de pouvoir, j’aurais sans doute un regard très différent sur la prostitution. Mais nous ne vivions dans le petit monde parfait des Bisounours.

    Pour être dans le réel :

    Selon L’Office Central pour la Répression du Trafic des Êtres Humains (l’OCRTEH) il a en France : 15 000 à 18 000 prostitué(e)s dont 95 % victimes du proxénétisme. 63% des prostitué(e)s en France sont des étranger(e)s dont la moitié sont originaires des pays de l’Est.

    Et, histoire de mondialiser :

    Les estimations au niveau mondial font état de quelques 700.000 femmes et enfants faisant l’objet d’un “trafic” à des fins d’exploitations sexuelles.
    Chaque année, environ 200 000 femmes en provenance des pays de l’est tombent entre les mains des proxénètes européens.

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