“En fait, nous avons peur du cul. Certes, il s’étale sur les murs, on ne voit que lui ; mais il s’agit d’un cul édulcoré, naturalisé, dénaturé, d’un cul de remplacement, en latex. Le vrai cul, avec ses misères, ses terreurs, ses odeurs pas toujours alléchantes, ses rites grotesques, le cul tel qu’on le pratique dans la vie et non pas les guignolades des vidéocassettes ou des romans mode de jeunes femmes «délurées» ou de partouzeuses sur le retour qui se contentent d’excès verbeux, voilà le Graal dont je suis en quête.” Esparbec chez la Musardine. Un extrait = portes ouvertes + mépris + sexisme + authenticité qui sent bon le terroir + sexisme + sexisme + discours déjà lu mille fois + allez je te mets un bout de Graal, ça fera joli. La bonne nouvelle c’est qu’on n’a pas besoin des vieuzauteurs pour avancer. Ils trouvent la sexualité actuelle édulcorée ? Tant mieux : je ne pensais pas la construire avec eux. Non mais.
Brèves
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Question du dimanche
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Oyez, friends. Je viens de me lever, et je regarde sur PostSecret cette carte postale, et je me demande comment c’est possible. Mariage = alcool + émotion + épuisement à force de sourire et checker que tout va bien + ramasser sa mère ivre morte sous une table + danser jusqu’au bout de la nuit alors que tu t’es levée à 6 heures du mat’ afin que tes cheveux deviennent une arme contondante appelée chignon. Pour ma part, après une journée pareille, il y aurait deux solutions : 1) dormir immédiatement sans même enlever la robe, 2) que la pièce montée soit intégralement constituée de cocaïne. Le point 2 étant très improbable, je ne peux pas concevoir une nuit de noces où les gens feraient vraiment l’amour de manière romantique. Au mieux (pire ?), ils rempliraient leur premier devoir conjugal : en n’ayant pas envie, en trois minutes, juste histoire de valider la cérémonie. Si quelqu’un a une explication à ce mystère comme quoi certains auraient encore l’énergie nécessaire à une fornication de qualité, je prends.
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40 ans : le MLF approche de l’âge cougar
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Hier, c’était les 40 ans du MLF, à qui nous devons beaucoup. Hier, sur le net, ça s’est bien déchaîné. Contre, évidemment. Sans rien connaître du féminisme, évidemment. Parmi les preuves de paresse intellectuelle (pourquoi se renseigner ? pourquoi penser ? tout ça est épuisant), nous avons toujours en première ligne les accusations “elles sont moches”. Tant qu’une femme devra valider une revendication avec son physique, le féminisme restera d’actualité. Accessoirement, c’est la pensée la plus passionnante et libératrice du monde :)
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A travers la presse déchaînée
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Sous prétexte que c’est la rentrée, je travaille : sur MadmoiZelle à remonter le moral des filles sur le destin féminin et leur capacité à bouger leurs seins (cliquez sur le lien dans l’article et pleurez, bon, par contre évitez en open-space), sur Arte je vous recommande l’excellent Théma sur l’âme-soeur qui sera diffusé ce soir (et que j’aimerais bien voir, sérieux, jetez un oeil). A part ça, ce mec me fait hurler de rire, ouaich les zouzes !
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Retour vers le futur #0 : l’origine du monde
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Amis lecteurs, je file en vacances. Pour tenir compagnie aux trois personnes qui traînent ici en août, vous aurez droit à quinze jours de best-of de mon premier blog – une sélection bordélique garantie sans fil rouge, constituée de textes de 2003 et 2004, ce qui ne nous rajeunit pas franchement. Soyez sages dans les commentaires pendant que je bronze et que je teste le fétichisme du fromage de chèvre !
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Fantasme de vieux
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Michel Sardou vient de me faire rire jaune fluo. En 2010 être une femme serait un drame parce que tu aurais choisi le conseil d’administration plutôt que l’amour. Ce qui est amusant, c’est que tout le monde dit que les femmes sont multitâches (comme un bon lave-linge, quoi), mais… pas pour le combo sentiments + boulot. Là, seuls les mecs (pourtant prétendument monotâches) sauraient faire. Paradoxal, quand même, non ? Et révélateur d’attentes bien différentes selon que tu sois né dans un chou ou une rose. Fromage OU dessert, mec OU salaire : ce mec chante sur les femmes depuis dix mille ans et il n’a toujours pas pigé qu’on veut TOUT (y compris qu’il attrape une extinction de voix). Je milite personnellement pour que Michel Sardou choisisse l’amour plutôt que sa carrière, afin de nous épargner ce douloureux come-back.
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21 May 2008 à 18:34
Hé la jeunesse, on va se calmer, non mais ! ;)
Tous les “vieux” ne sont pas aigris ni recroquevillés sur leurs illusions perdues…
Donne moi un édulcorrant de d’jeun’, t’va vouèrre comment qu’j'vas t’le rredéfinirr, crrénom !
21 May 2008 à 18:38
Elle a retrouvé ses mains ET son caractère ! ;)
Je comprends un peu le type sur son “romans mode de jeunes femmes «délurées»”, qui me fait penser à toute la tendance Sex and the City qu’on a eu y’a quelques années (souvenez-vous, un Capital sur deux présentait un reportage sur les achats de godes en réunion tupperware). Non pas que je sois d’accord, mais quand on connait peu on peut facilement se laisser berner…. Il a juste trop regardé Zone Interdite, voila tout !
Mine de rien, ça rejoint des choses que t’avais dit à propos des vibros en formes de canards et des godes qu’on s’achète pour faire foufou mais qu’on utilisera jamais…
Même si, évidemment, le propos fleure bon la fuite urinaire et le “plus c’est moins beau et plus c’est beau”, un peu fatiguant…
21 May 2008 à 19:26
T’as le droit de balancer sur tes camarades toi ?
Attention au retour.
Ceci dit et même si j’ai dû lire deux fois ce que tu viens de dire pour comprendre, je suis d’accord.
Le graal c’est relou, confère indiana jones…
21 May 2008 à 21:19
Oui j’aime bien râler : quitte à être de retour, autant y aller franchement :)
21 May 2008 à 21:20
D’autant que ce mec est très sympa en vrai. Je ne comprends pas.
21 May 2008 à 21:53
“Je ne comprends pas.”
Peut-être parce que ça ne dit pas du tout ce que tu as semblé y voir, au vu de tes commentaires ?
En tout cas, sur l’extrait que tu présente (après, peut-être qu’il y a un contexte qui nous manque, hein ?), je ne vois absolument pas en quoi on peut y voir le moindre problème générationnel, ni où se cache le sexisme. Mépris, un poil peut-être, mais bon, c’est le principe de ce genre de texte, dire ce que l’on méprise et ce que l’on admire.
Authenticité qui sent bon le terroir, ah, là, oui, d’accord. Et c’est d’ailleurs le seul propos qui me semble ressortir : le porno chic l’emmerde. A ces (faux) corps (photoshopés) placardés partout, il préfère le cul “comme à la maison”, le vrai, “le cul tel qu’on le pratique dans la vie”.
Quand aux “romans mode de jeunes femmes «délurées» ou de partouzeuses sur le retour qui se contentent d’excès verbeux” qui lui ont sans doute valu l’accusation de sexisme, il faut reconnaître qu’on nous en survend un chaque année, en mettant notamment en avant le fait que l’auteur soit une femme. Ca fait mode, ça choque Saint Nicolas du Chardonnet donc ça vend bien, et ça peut énerver quelqu’un sans qu’il ait forcément besoin de faire preuve de misogynie, non ?
21 May 2008 à 22:22
abns > +1
Même si je suis pas d’accord à 100%, je comprends le point de vue.
J’ai pas vraiment senti le besoin d’un retour aux sources réac chez ce monsieur, et d’ailleurs je pense que je le suis (du verbe suivre) sur ce point :
les séries, les livres, les pubs, tout ce qu’on peut voir est érotisé. Dans les BD d’Allan Moore, ça ajoute de l’intérêt à l’histoire, dans les pubs, ça fait vendre (ou pas d’ailleurs, qu’est-ce qu’on en sait ?),e fnin bon c’est une sorte de tentation permanente, d’autant plus frustrante que comme tout ça doit rester mainstream, on ne VOIT JAMAIS RIEN, BORDEL DE DIEU ! A peine un bout de téton de temps en temps, où va la France ?
Doit y avoir un lien avec le fait qu’on voit un porno gonzo répétitif et parfois violent (ouuuuh, je sens que je vais me faire taper sur les doigts, mais jmen fous, j’assume), car en tant que seul exutoire qui montre vraiment quelque chose, où on peut se dire “waouh, c’est sans trucage, il a vraiment mis sa trique (oui moi je n’aime pas dire pénis, c’est trop médical) dans sa chatte, et je peux le regarder faire comme le gros voyeur qu’on m’encourage à être sans me le permettre”, eh ben forcément ça a pas besoin d’être trop chiadé pour plaire.
Sans dire que le porno doit être moche, il peut au moisn faire en sorte de nous rappeler des moments vrais et non pas énoncer des moments idéalisés. Franchement, si le “vrai sexe des familles” était moche, pourquoi on baiserait encore ?
22 May 2008 à 6:48
Détecterais-je un brin d’aigreur?
Sans la “vieille génération” ma chère Maïa, aucun de nous ne serait là…
22 May 2008 à 7:00
Moi je suis plutot d’accord avec cet Esparbec.
je pense qu’on a peur du cul, du vrai, parceque la vision comerciale qu’on nous propose est édulcorée et sans problemes, mais que le vrai cul, c’est pas celui ou on trouve une fille, on lui redéfinit le cul, et on se barre avec le sourire…
Moi, perso, cette vision si parfaite du cul que je vois dans les pornos me fait sérieusement peur.
22 May 2008 à 8:22
C’est sexiste parce que dans l’extrait, seules les femmes auteures sont visées – un grand classique de l’arrière-garde masculine qui ne supporte ni le ton léger des demoiselles ni le côté cash de Catherine Millet (partouzeuse sur le retour ? décidément, seules les femmes n’ont pas le droit de vieillir, Esparbec lui-même n’est pas tout jeune).
Il faut dire que la parole des femmes se vend bien mieux en librairie que celle des hommes. C’est peut-être injuste, c’est peut-être au contraire très très juste. Peu importe : le fait est que ces bouquins ont eu du succès, qu’ils ont rempli une attente, et qu’on n’a pas le droit de s’approprier le “vrai cul authentique”. Surtout sur le dos des femmes et du “c’était mieux avant”.
Ensuite effectivement, l’extrait a été donné hors-contexte, j’ai reçu le communiqué de presse par mail et j’ai bondi sur ma chaise en chantant l’Internationale dès que je l’ai reçu. Mais je crois qu’il y a quand même, en quelques lignes, une belle accumulation d’a-priori susceptibles de me filer un ulcère.
(Bien sûr que j’ai le droit de dire ce que je pense des camarades de la Musardine :) Si je disparais dans un goulag dans quelques jours, au pire, vous saurez pourquoi, mais c’est pas trop le genre de la maison. En plus Esparbec a ses fans, qui à mon avis ne lisent pas Sexactu… je ne lui porte pas préjudice. Vous connaissez le paradoxe : pour les ventes, mieux vaut qu’on en parle mal que pas du tout.)
22 May 2008 à 8:35
Maïa, ta position est juste (debout sur ta chaise, chantant l’Internationale ^ ^) quand tu parles de sexisme ; mais faire de tous les vieux “des vieux cons” parce qu’un collègue cacochyme s’est trompé de révolte, en tant que “vieux” ça m’indispose, forcément…
En même temps “s’approprier le vrai cul authentique sur le dos des femmes” est une jolie formule ! :)
Maïa, t’es la meilleure !! ;)
22 May 2008 à 9:25
Pour moi, il fait autant dans l’excès et dans le caricatural que le sexe édulcoré qu’il tient à dénoncer. Pas un grand intérêt.
22 May 2008 à 9:36
c’est une véritable déclaration d’indépendance
22 May 2008 à 11:06
Ah alors, moi je lis Esparbec, je lis Maïa, et je vends même les deux, au même endroit.
Donc je donne mon avis comme un fou, forcément.
(par contre je suis pas encore cacochyme, désolé, j’ai bien essayé de cumuler, mais pas moyen)
En fait je pense qu’il faut d’abord séparer de ce discours le côté lyrique, grandiloquent. Certes c’est bien le style d’Esparbec, oui, mais le coup du Graal tout ça c’est rodomontades et compagnie à mon sens. Ensuite, je vois bien de quelles auteurs féminins il parle, là. Et je suis d’accord avec lui. Esparbec estime beaucoup les auteurs féminins, je le sais,
mais on ne peut pas estimer tout le monde.
Et quand je lis Bénédicte Martin, Maïna Lecherbonnier ou même pire, la chick lit qui fraie côté zizi, et bien oui j’ai envie très fort d’être d’accord avec lui.
22 May 2008 à 11:16
Je comprends ton point de vue, Ben, mais on ne peut pas se contenter d’être amer parce que certains succès nous semblent incompréhensibles. Il n’y a pas “une” vérité, surtout en sexo : Bénédicte Martin a fait fantasmer par sa couverture, ok, si on veut rivaliser on n’a qu’à montrer notre culotte aussi. De toute façon ses lecteurs ne sont pas ceux d’Esparbec, donc ça ne sert à rien de taper. Je crois qu’il faut rester très zen : si on vend trois bouquins, mais à des lecteurs qu’on estime, on ne peut pas se plaindre. Etre auteur est un luxe. Si je voulais être millionnaire je ferais autre chose, mais discuter pendant une dédicace avec de parfaits inconnus, lire les commentaires ici, je trouve que ça vaut plus qu’un yatch. Peut-être que je changerais d’avis un jour, hein. Mais si on se laisse gagner par l’aigreur, on a déjà perdu.
22 May 2008 à 11:38
Querelle de clocher en somme.
22 May 2008 à 11:44
Bof, même pas querelle. Je ne suis plus énervée. Mince. Va falloir que je trouve autre chose.
22 May 2008 à 11:49
C’est vrai, tu as raison. Mon point de vue sur la question est celui du libraire, donc pas objectif par rapport au sujet, même s’il n’est pas abscons.
Bon par contre je pense quand même que c’est plus de l’effet de jambe que de l’aigreur, mais baste !
22 May 2008 à 11:52
Je pense que paix et amour, en fait.
22 May 2008 à 12:11
Mais carrément ! Et saucisse de morteau pour tout le monde.
22 May 2008 à 17:27
Vous dites, à propos d’Esparbec “seules les femmes n’ont pas le droit de vieillir”. Mais n’êtes vous pas dans ce trip là, parce qu’il m’a semblé depuis plusieurs mois lire vous votre clavier et votre canal carpien des tas d’allusions à votre âge, encore frais mais plus tant que cela.
En tant que “vieille” femme (jeune senior même que), j’avais à plusieurs reprises tiqué, trouvant dommage que des filles pensent encore au XXIe siècle qu’après 35 ans, la femme est bonne pour faire héroïne de roman chez Balzac.
Alors, qui interdit aux femmes de vieillir ?
(Je n’ai pas la réponse, et désolée pour ce commentaire grafouillé entre deux portes en 4e vitesse, mais la question me brûle.)
BàB
23 May 2008 à 10:09
Bricabrac > aaaaaah j’attendais que quelqu’un la fasse. Et bien tu as parfaitement raison :)
23 May 2008 à 18:14
Bah faut pas. Tu peux montrer tes seins à 50 ans, c’est pas fatalement laid.
Si, si.
24 May 2008 à 7:46
En parlant d’ouvrages, Maïa, une question me taraude l’esprit.
As-tu déjà lu Gérad Leleu, et qu’en penses-tu?