Rappel préhistorique : il y a quelques années, je tenais dans Newlook une ravissante chronique de dernière page dont le principe était de critiquer les films porno comme si je bossais pour Télérama (faites-moi penser à mettre un jour ces textes en ligne, sur un malentendu ça pourrait encore faire rire des gens.) Comme Canal+ s’acharnait à m’envoyer les films X en VHS, j’allais les voir chez un pote, dont le beau-père aimait me tenir compagnie et me raconter comment le porno des années 70 était mieux avant. J’écoutais à moitié, très occupée à noter les fautes de raccord entre deux sodomies.
Plus tard (j’adore dire ça comme si j’avais 80 ans), j’ai commencé à télécharger du X américain ou hongrois, histoire de ne pas connaître QUE le porno français. Mais jamais je n’avais vu un vieux film porno, à part les curiosités des années 20 ou des Bruce la Bruce.
C’était donc une jolie surprise que de se retrouver à la cinémathèque pour voir du porno soft. Pour info, la dernière fois que j’avais été à la cinémathèque, j’avais traîné par erreur mes parents voir un film SM japonais réalisé par un fétichiste de la flagellation (ceci est une anecdote authentique).
Surprise, donc. Je me suis rendu compte en voyant “La comtesse aux seins nus”, cuvée 1973, de tout ce qui est interdit ou invisible dans les films d’aujourd’hui.
Pour moi le porno est quelque chose d’évident et sa recherche d’efficacité oblige à des codes précis, qui donnent cette uniformité souvent déplorée, mais sans laquelle on se masturberait moins bien (il faut savoir ce qu’on veut, quand même).
Là, ce n’était pas efficace. Objectivement, un film porno dans lequel on ne voit qu’une moitié de pénis pendant cinq secondes, c’est coton. Et ça se complique encore quand les vulves sont systématiquement floues. Vulves non épilées, bien sûr, et j’ai trouvé ça charmant, ces triangles pas planqués, avec des lignes de poils remontant parfois jusqu’au nombril, et s’étendant tout le long de la raie des fesses. Une seule position de baise : le missionnaire (aussi appelé “le cauchemar du réalisateur porno parce qu’on ne voit rien donc on va passer en levrette hop hop hop”). Des scènes souvent simulées. Des petites bites. Des seins plein de vergetures, des fesses un peu celluliteuses. Des ventres pas plats. Des mâles à moustaches. Des mâles qui jouissent et dont on voit le visage longtemps, avec la caméra qui s’attarde sur les spasmes du torse – beaucoup de plans-séquence, donc des acteurs qui bossent sans filet.
Tout ça était incroyablement nature. Depuis combien de temps n’avais-je pas vu un mec dans un film porno ? Je veux dire, au-delà de sa bite ? Le fait de montrer un homme, longtemps, m’a paru super impudique. Totalement en-dehors de mes codes. Entre ça et le côté brouillon, j’avais l’impression de regarder vraiment des gens faire l’amour, et pas juste des poupées à désir. Du coup, je me suis sentie voyeuse, alors que d’habitude ça ne me traverse pas les deux neurones que j’appelle esprit.
Ce n’était pas excitant, et à vrai dire, ça mettait même légèrement mal à l’aise. Il fallait sans doute que je sois confrontée à ça pour me rendre compte de tout ce qu’il y a (et de tout ce qu’il manque) dans mon porno des années 2000. Je n’échange pas, hein. Je constate juste le gouffre qui s’est créé, et comment même les petits amateurs qui s’exhibent sur Xtube copient le pornofficiel. Comment sans doute nous-mêmes sans caméra dans notre chambre à coucher, nous trichons.
Où a-t-on perdu nos poils ? A quel moment est-on devenus des moutons tout juste sortis de la tonte ? Pourquoi ces gens gémissent et crient ? Le porno moderne, dans sa recherche de sublimation de la pénétration, est très créatif. Ce porno vintage, à l’inverse, était très descriptif. C’est troublant, deux acteurs qui s’embrassent en plus de baiser. C’est troublant de ne voir aucun anus.
Et puis bien sûr il y avait Lina Romay, dont je suis tombée amoureuse. A peine majeure au moment du tournage, mais une présence à casser les rotules de Clara Morgane sans somations.
Les meilleurs passages sont ceux où elle regarde la caméra en se léchant les lèvres. Des scènes qui durent une éternité et qui sont les plus pornographiques que j’aie jamais vues. S’il y a bien quelque chose de commun entre les 70′s et les 00′s (et là je me base sur ma royale expérience d’un seul film), c’est que le porno doit tout à ses actrices. Fondamentalement, c’est un truc de gonzesses.
Brèves
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Question du dimanche
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Oyez, friends. Je viens de me lever, et je regarde sur PostSecret cette carte postale, et je me demande comment c’est possible. Mariage = alcool + émotion + épuisement à force de sourire et checker que tout va bien + ramasser sa mère ivre morte sous une table + danser jusqu’au bout de la nuit alors que tu t’es levée à 6 heures du mat’ afin que tes cheveux deviennent une arme contondante appelée chignon. Pour ma part, après une journée pareille, il y aurait deux solutions : 1) dormir immédiatement sans même enlever la robe, 2) que la pièce montée soit intégralement constituée de cocaïne. Le point 2 étant très improbable, je ne peux pas concevoir une nuit de noces où les gens feraient vraiment l’amour de manière romantique. Au mieux (pire ?), ils rempliraient leur premier devoir conjugal : en n’ayant pas envie, en trois minutes, juste histoire de valider la cérémonie. Si quelqu’un a une explication à ce mystère comme quoi certains auraient encore l’énergie nécessaire à une fornication de qualité, je prends.
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40 ans : le MLF approche de l’âge cougar
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Hier, c’était les 40 ans du MLF, à qui nous devons beaucoup. Hier, sur le net, ça s’est bien déchaîné. Contre, évidemment. Sans rien connaître du féminisme, évidemment. Parmi les preuves de paresse intellectuelle (pourquoi se renseigner ? pourquoi penser ? tout ça est épuisant), nous avons toujours en première ligne les accusations “elles sont moches”. Tant qu’une femme devra valider une revendication avec son physique, le féminisme restera d’actualité. Accessoirement, c’est la pensée la plus passionnante et libératrice du monde :)
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A travers la presse déchaînée
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Sous prétexte que c’est la rentrée, je travaille : sur MadmoiZelle à remonter le moral des filles sur le destin féminin et leur capacité à bouger leurs seins (cliquez sur le lien dans l’article et pleurez, bon, par contre évitez en open-space), sur Arte je vous recommande l’excellent Théma sur l’âme-soeur qui sera diffusé ce soir (et que j’aimerais bien voir, sérieux, jetez un oeil). A part ça, ce mec me fait hurler de rire, ouaich les zouzes !
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Retour vers le futur #0 : l’origine du monde
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Amis lecteurs, je file en vacances. Pour tenir compagnie aux trois personnes qui traînent ici en août, vous aurez droit à quinze jours de best-of de mon premier blog – une sélection bordélique garantie sans fil rouge, constituée de textes de 2003 et 2004, ce qui ne nous rajeunit pas franchement. Soyez sages dans les commentaires pendant que je bronze et que je teste le fétichisme du fromage de chèvre !
(20 réactions) -
Fantasme de vieux
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Michel Sardou vient de me faire rire jaune fluo. En 2010 être une femme serait un drame parce que tu aurais choisi le conseil d’administration plutôt que l’amour. Ce qui est amusant, c’est que tout le monde dit que les femmes sont multitâches (comme un bon lave-linge, quoi), mais… pas pour le combo sentiments + boulot. Là, seuls les mecs (pourtant prétendument monotâches) sauraient faire. Paradoxal, quand même, non ? Et révélateur d’attentes bien différentes selon que tu sois né dans un chou ou une rose. Fromage OU dessert, mec OU salaire : ce mec chante sur les femmes depuis dix mille ans et il n’a toujours pas pigé qu’on veut TOUT (y compris qu’il attrape une extinction de voix). Je milite personnellement pour que Michel Sardou choisisse l’amour plutôt que sa carrière, afin de nous épargner ce douloureux come-back.
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23 Jun 2008 à 7:53
Cherche pas où sont passés les poils, c’est moi qui les ai.
BWAH AH AH !!!
Plus sérieusement je comprends qu’on puisse être mal à l’aise tendance voyeurisme devant ce genre de trucs. Avec ma culture téléfilm M6 j’ai jamais été confronté à une pellicule pareille et sauf sursaut de curiosité cela ne risque pas d’être le cas avant un bon moment.
Ceci dit je valide les critiques de films X.
Exhume les archives !!!
23 Jun 2008 à 9:06
C’est dommage, la mule ne connait pas le film, sous son nom français ou anglais : /
23 Jun 2008 à 9:12
Moi qui suis de cette époque dite de “la gaule chevelue” (^ ^), je déplore évidemment l’inverse à propos des pornos d’aujourd’hui : le manque de poils, le trop-plein de muscles, le manque de début d’embryon d’ersatz de scénariounet, le top-plein de vidanges (^ ^) faciales, etc, etc…
C’est toujours mieux avant : c’est une constante dans le théorème du temps qui passe… la preuve dans tes archives ? ;)
23 Jun 2008 à 9:14
comme quoi ce qui ont 60 ans ont des choses à transmettre( clin d’oeil à un de tes posts sur une exhibitioniste)
23 Jun 2008 à 10:09
Cette mutation , aussi bien du porno, au niveau des poils, je l’avait remarqué avec une amie en se baladant un été.
Les minettes de 15 – 16 ans ne sortiraient jamais en jupe sans s’être épilées, alors que Mamie, elle en a rien à foutre, et elle en avait rien a foutre à leur âge (et j’ai pausé la question à mes grands mères.)
La question que je me pause, c’est; est-ce qu’il y a un schéma qui se répètera, les minettes de 15 – 16 ans que j’ai croisé, s’épileront-elles à 70 berges ? Trouverons t’elles leurs poils toujours disgracieux ?
23 Jun 2008 à 10:09
Fondamentalement, c’est (le porno) un truc de gonzesses.
Ça il faudra que je la ressorte car tout le monde n’en n’a pas la même perception ;-)
23 Jun 2008 à 10:50
Attention Pinkilla, faut pas déformer. Là elle parlait surtout des actrices. C’est comme la citation de St Ex qu’on ressort souvent “s’aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, mais regarder ensemble dans la même direction”. Je fais mon savant comme ça mais je suis conscient de la sortir de ma mémoire, donc qu’elle n’est peut-être pas exacte. Bon, le truc à savoir c’est que c’est tiré du bouquin Terre des Hommes, et que replacé dans le contexte de l’histoire ça parle pas vraiment d’amour amoureux, mais plutôt plus largement d’amour fraternel aussi (ça n’exclut pas l’amoureux). Tout ça pour dire de faire gaffe avec les citations.
Et sinon, need les critiques de porno façon Télérama !
Et need de voir le vieux porno des seventies dont John B. Root nous rebattait les oreilles au bon vieux temps de la partouze de neurones !
23 Jun 2008 à 12:18
Marrant cette vision des choses. Le premier film porno que j’ai vu c’était “Adorable Lola” avec Mariline Jess. Ce film date des année 70/80 (je connais pas la date exacte, mais plutot fin des années 70). Franchement, c’est ce que j’appelle du “Vrai” porno… justement parce que ça a ce coté voyeurs qui matte des gens du communs (les filles ne sont pas refaite de partout et au mieux se taille les poiles pubiens… mais ne se les rase certainement pas).
C’est sur que ce genre de pornographie est loin du gonzo d’aujourd’hui qui du point de vu efficacité te promet une éjaculation en 5 min chrono. Par contre, ces vieux films signés Alpha France (70′s) ou Blue One (80′s) s’ils montrent une sexualité clairement mise en scène, montre également des femmes est des hommes “comme tout le monde”. Il est possible de s’identifier et de se projeter dans les acteurs. Choses totalement impossibles dans les film récents (non, je n’ai pas une bite de plus de 20 centimètres avec des pectoraux sous amphétamine).
La pornographie actuelle est tellement codifié que la sexualité trouve finalement grâce au yeux du publique au travers de film a l’air plus conventionnel. Par exemple, je me souvient de Romance X de Catherine Breillat qui avait fait son petit effet en étant diffusé dans les circuits traditionnel (je ne crois pas qu’il ait eu la mention interdit moins de 18 ans d’ailleurs, juste interdit moins de 16 ans me semble-t-il). On avait jamais vu un tel mélange de genre entre pornographie et cinéma traditionnel !
Plus récemment, j’ai été véritablement charmé par Short Bus de James Cameron Mitchelle qui même s’il est bien crue (une autofellation + ejac faciale en scène d’ouverture, ça pause l’ambiance) est en fait extrêmement riche sur la nature des relations humaine.
Comme on le voie, la sur codification de la pornographie moderne permet à la sexualité de s’épanouir plus librement hors du contexte pornographique. Mais quid de l’érotisme dans tout ça ?
P.S : Euh… je viens de me relire ! C’est un peu décousu alors bonne chance pour comprendre mon propos ;)
23 Jun 2008 à 12:42
Je plussoie, Shortbus est extraordinaire, c’est pas du porno, pas de l’érotisme mais du cinéma sincère et passionant comme on en a rarement fait. L’investissement des comédiens est génial, leur jeu est juste transcendé, le sexe n’y est pas pour rien là dedans mais une grande partie vient aussi du fait que les personnages ont été créés par les comédiens au cours de sessions d’improvisation.
23 Jun 2008 à 12:56
Oula, j’ai eu peur en voyant cette news, j’ai cru qu c’était Maïa sur la première photo, je me suis dit “ca y est, elle se lâche”… Bon, je vais prendre ma douche froide et je reviens.
23 Jun 2008 à 14:59
La mule ne le connait peut-etre pas, mais il existe d’autre moyen de le trouver :)
Une petite recherche google me retourne ceci : http://isohunt.com/torrent_details/22461907/female+vampire?tab=summary
Avis aux amateurs…
Maia, je pensais t’envoyer ca par mail, mais vu qu’il faut passer par les commentaires… je compte sur toi pour enlever le lien si
23 Jun 2008 à 15:47
A quand les critiques de films érotiques en alexandrins ?
Autrefois les actrices ne rasaient pas leurs poils
Et les vits turgescents semblaient tout riquiquis.
Ces scénettes lubriques allumaient des étoiles
Dans mes yeux ébahis et flattaient mon kiki.
23 Jun 2008 à 16:16
Enfin faut faire attention à ne pas généraliser le porno de Jess Franco aux pornos d’avant. Il faisait quand même des films très particuliers à côté de la masse produite.
(Et je voudrais préciser que dans les films de Jack Tyler, par exemple, films modernes donc : Ça s’embrasse beaucoup ! Mais à l’instar de Franco, Tyler reste dans les réalisateurs un peu à part à côté de ses contemporains)
23 Jun 2008 à 16:19
Rho le sexisme !
23 Jun 2008 à 17:05
Tout a fait d’accord sur le porno “old-school” le seul film de cul que j’ai regardé plusieurs fois (car NON moi je ne télécharge pas de porno, je me contente des fakes de la mule) est Ultra Vixen
28 Jun 2008 à 11:46
Le porno d’aujourd’hui est tellement préformaté et codifié qu’il ne surprend pas beaucoup et a tendance à moins susciter d’excitation à mon goût. Les gémissements feints des actrices de la première à la dernière seconde d’une scène par exemple m’énervent au plus haut point. Reste les vidéos d’amateurs, parmi lesquelles on parvient à dénicher de jolies scènes, lorsque bien entendu, les couples parviennent à oublier la caméra, ou mieux, lorsqu’ils ne se savent pas filmés…