Alors c’est l’histoire de quinze hardeurs dans un avion, et ils baisent. On aimerait pouvoir vous en dire plus, mais… il n’y a rien de plus. Modèle d’épure ou foutage de gueule ? Après visionnage complet d’Hot Airlines, on n’a plus aucun doute sur le respect que porte Christian Lavil à ses spectateurs : vous voulez voir du cul ? Vous allez en bouffer. N’importe quoi, n’importe comment.
Autour du symbole phallique représenté par l’avion, se trame une non-histoire totale : des hôtesses baisent des passagers qui baisent des pilotes qui descendent pour une escale, et qui baisent des hôtesses dans des calèches qui baisent des passagers dans des side-cars qui baisent des pilotes sur une table de billard. Le scénario ne décollera jamais, quitte à s’enfoncer carrément dans le bitume. Il faudra attendre une heure et demie la double-pénétration, tout ça pour écoper d’une fin bâclée : le personnel de vol s’en va vers le lointain, genre Lucky Luke sur sa jument. Mais là, point de soleil couchant ni de complicité zoophile. Juste une absence de chute. Passons sur le mixage pourri et la musique horripilante : puisqu’il n’y a pas la moindre réplique amusante, autant couper carrément le son.
Que garder dans « Hot Airlines » ? Indéniablement, le début. Tourné en décors réels (merci Bulgarian Airlines), le film s’annonce assez marrant. Le vieux poncif de l’hôtesse de l’air salope reprend du service : on s’attend à un traitement novateur, à l’exploitation jouissive du cliché. De cabines de pilotage en toilettes minuscules, la contrainte d’espace transcende le réalisateur : sans imagination tout le reste du temps, il signe, dans les premières scènes, de rafraîchissantes audaces de mise en scène. Plongées et contre-plongées s’enchaînent… et puis plus rien : au lieu d’exploiter le confinement tel un Chabrol du X, Christian Lavil va opter pour la castration de sa propre créativité. Les scènes entamées dans l’avion se transforment donc, sous prétexte de passage au fantasme, en scènes d’extérieur ! En pleine action, de préférence.
Pourtant, difficile de reprocher à Hot Airlines de manquer d’ardeur : ici, on lime jusqu’à l’absurde. Le montage parallèle de fin, qui fait le lien entre trois scènes, va jusqu’à écoeurer. Sucer, lécher, pénétrer, sodomiser, secouer, éjaculer, sucer, jouir, branler, pénétrer… Le spectateur finit blasé, limite impuissant. Baiser, à quoi bon ? Ce n’est que ça ? Paradoxalement, c’est en atteignant l’idéal du X (le mouvement perpétuel de va-et-vient) que Christian Lavil échoue.
Ambitieux ? Même pas. Contre-productif ? Certainement.
(Publié en juin 2005.)
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“D’une façon générale, les polyamoureux sont moins obsédés sexuels que les monogames, parce qu’ils ne sont pas dans la frustration. Ils savent qu’ils peuvent s’ils veulent et le sexe cesse alors d’être un enjeu crucial et angoissant pour redevenir un jeu délicieux.” La suite chez Camille de rue69. Je voudrais bien compléter les témoignages, notamment en tant qu’ex-polyamoureuse (mon tout premier blog racontait ça). Mais plus tard.
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27 juil 2008 à 9:47
ah mayrde, mais si y’a pas de dialogue marrant, c’est pas un vrai porno !
27 juil 2008 à 10:20
Je suppose qu’on peut pas tout avoir…
27 juil 2008 à 10:33
Un lien pour dl ? Non je déconne, hein. Faudra quand même que tu mettes une critique d’un bon film porno, histoire de voir, parce que là pour l’instant le niveau ne vole pas très haut. Ou alors les réalisateurs sont vraiment nuls, rendez-nous Michel Ricaud !
27 juil 2008 à 10:42
Z’auraient du faire un Y a t’il un pilote dans l’avion porno !
Je m’explique !
A avoir mangé des merguez, les passagers se retrouvent contaminés par une bactérie qui les rend nymphomanes. Du coup viols dans les allées, orgies aux chiottes et tout. Le seul mec forcément un peu timide de pas atteint doit se démerder pour faire atterrir l’avion. Sauf que t’as quatre ou cinq biatches qui s’occupent de lui contre son gré et l’autre doit contenir sa concentration pour pas se crasher.
Putain plus je raconte ça plus je suis persuadé que ce serait complètement la trique ce film !
27 juil 2008 à 11:07
Ben, t’es scénariste pro? c’est bon ce que tu nous sors là :D
sinon Maïa j’en ai plein de critiques de films, dont une de moi que je t’envoie par mail :)
27 juil 2008 à 12:00
Ben, défends-toi. T’es (presque) écrivain, “scénariste de porno” c’est limite insultant^^
27 juil 2008 à 12:49
“…qui les rend nymphomanes.”
[mode="chieur"] Soit y’a que des femmes, soit ça rend les gens “hypersexuels”. (Wikipédia power.) [/mode]
27 juil 2008 à 12:59
val -> toujours pareil, mon prénom + le nom de ce site = hop mon mail perso hop hop ! Ou alors mon nom de famille sur gmail.
27 juil 2008 à 14:19
Cette critique me plonge dans la plus profonde des interrogations (enfin pas vraiment): trop de mauvais porno tue-t-il le porno?
27 juil 2008 à 17:10
Val –> Of course que je suis scénariste pro (principalement la nuit sous l’influence de substances cheloues).
Nan mais sérieux ça manque les pornos avec des purs scénars et des enjeux au cul autre que “omygad mon vagin est tombé malencontreusement sur ton pénis”. Y’a trop moyen de faire des trucs funky et beaucoup plus excitants.
Mon plus gros trauma quand je regardais les téléfilms soft de la 6 c’était de pas savoir la fin vu que je m’endormais avant.
27 juil 2008 à 17:14
sinon Maïa, un excellent film qui m’avait bien fait marrer quand je l’avais vu à 15 ans : le point Q !
Maïa, t’as un mail ;)
27 juil 2008 à 21:36
Bé moi, je trouve que si on veut faire un truc de cul avec un scénario potable, plutôt que se faire chier à convaincre des milliers de producteurs et pornographes bouchés et vénaux, on peut faire une BD. Après il faut juste trouver un éditeur qui soit pas bouché. Si il est vénal c’est bien, le cul c’est cool pour une BD.
Franchement, une bédé avec un scénar signé John B. Root, ça serait pas trop la sseucla bébi ?
28 juil 2008 à 2:15
“BenReilly, défends-toi. Un mec te traite d’écrivain alors que t’es un scénariste de porno du génie, c’est limite insultant^^”
Maïa, j’ai une question : c’est vraiment des avions de Balkan Airlines ? Sérieusement ?! Si oui, ça expliquerait beaucoup de choses sur ma sexualité actuelle…. J’y ai fait quelques voyages, mais je suis jamais tombé sur des hôtesses comme ça !
C’est quand on voit des films comme ça qu’on est triste que le communisme soit tombé !
29 juil 2008 à 12:35
nan, mais comparons ce qui est comparable,
par rapport a Dorcel Airline, Vol n°DP 69, ca vaut quoi ?
30 juil 2008 à 21:52
Maïa, j’adore ton style. Tout en finesse et en maîtrise du langage, agrémenter d’une bonne dose de culture.
Je suis arrivé sur ce site via bashfr, et depuis que j’ai commencé la lecture de tes critiques, je suis mort de rire.
Chapeau bas et merci beaucoup pour le moment de détente.