La rédaction de Newlook est en deuil : selon la rumeur, Mégasexus serait le dernier film de Katsumi avant son expatriation aux Etats-Unis et sa pose d’implants mammaires. Nul doute qu’elle laissera un grand trou derrière elle.
Brillante démonstration de cinéma que ce nouvel opus de David Lynch ! Après l’étonnant Lost Highway, après l’éblouissant Mulholland Drive, voici notre génie de retour avec Mégasexus – parabole sodomite de la Belle au Bois Dormant. On y retrouve l’univers familier du maître : ellipses multiples, scénario volontiers délirant, utilisation de nains ou de magiciens pour justifier chaque absurdité, ambiance eighties à base de coiffures Desireless.
Deux inconnues, un homme, une route, une panne. La forêt, la nuit, symboles évidents du sexe féminin. Et surtout, des tas et des tas de fumigènes. La réparation de la voiture suscite le trouble d’une des passagères, qui s’imagine un château, là-bas derrière les fumigènes et les arbres. Son imagination s’emballe. Accueillie dans le manoir par un magicien (entouré de fumigènes), elle tombe sur sa meilleure amie en pleine action (au milieu de fumigènes). Quelques rasades (de fumigènes et) de voyeurisme plus tard, la blonde tire les cartes à la brune. Subtil symbolisme : un roi de coeur apparaît (dans les fumigènes). La prophétie est alors annoncée : “Si tu veux prendre du plaisir, tu dois le trouver toute seule “.
Mais comment faire ? Lynch a su comprendre la classique interrogation féminine, et c’est armé de son insolente virtuosité qu’il va décrire un voyage initiatique vers le plaisir. Saphisme, sodomie systématique, mais aussi domination : critique de la société patriarcale oblige, le courageux réalisateur montre tout. Et ça va loin : fessée, léchage de bottes, étranglement, bondage, viol d’homme, griffure, course-poursuite avec des cartes à jouer (?) et même séance de catch (??). La jeune révélation du film (Katsumi) poussera la recherche intérieure jusqu’à faire l’amour avec deux hommes et un torrent de lave – inutile de vous dire qu’à la fin, ils meurent. C’est donc en mante religieuse qu’elle renaîtra de la double-pénétration, victorieuse telle le Phoenix. Vous l’aurez compris : Mégasexus propose une relecture véritablement féministe de la Belle au Bois Dormant. Plutôt qu’attendre le bon vouloir des hommes, les femmes doivent se réapproprier leur corps et leur désir.
Attendez, on me dit hors-antenne que… Hein, le film n’est pas de David Lynch mais d’Alain Payet, alias John Love, alias l’homme aux 70 films pornos ? Je… je… un film porno ? Mais ça change tout ! Que dire de ce désastreux enchaînement de chutes d’autres films X, sans aucun rapport entre elles ? Et que penser de cette image dégueulasse sous prétexte d’un tournage en haute-définition ? Et puis c’est quoi, ce titre qui n’a aucun rapport avec le film ? Katsumi elle-même semble avoir oublié son Biactol et son rasoir. Quant au malheureux Yves Bertrand, en charge des effets spéciaux, il a manifestement été cryogénisé depuis 1987 puisqu’il vient de découvrir l’écran bleu.
Ah, on me fait signe que les films porno obéissent à leur propre écriture cinématographique, et qu’avoir vingt ans de retard en technique fait partie du charme du genre. Bon, alors, quel bilan ? Mégasexus, pour un film porno, se révèle assez efficace : 3 minutes d’attente à peine pour la première scène hard, 6 minutes pour la première sodomie, 38 minutes pour la première double-pénétration – un timing irréprochable. Est-ce suffisant ? Pour une branlette, absolument. Pour une bonne soirée, pas tant que ça. Le David Lynch du porno, on risque de l’attendre encore longtemps.
(Publié en décembre 2005.)
À lire aussi :
Brèves
-
Vrac #78
•
Des préservatifs pour les 12-14 ans. Un Kamasutra olympique. Des mots qui font mal. De la masturbation féminine. Des pubis en diamant. Une vidéo amoureuse. Un résumé sur l’orgasme féminin qui dit que 25% des… hommes simulent. De l’amour pour les geeks. De l’amour véritable et linguistiquement pur. Des hardeurs NSFW-18. De bien beaux fétiches. Oubliez l’élargissement de pénis, pensez rétrécissement du vagin. Ah tiens du pornespionnage. Enfin, je veux ça pour décorer mon appartement.
(17 réactions) -
La gravité n’existe pas
•
American Apparel cherchait les plus belles fesses du monde : voici les gagnantes. Le boyfriend est en train de me convaincre que les miennes ressemblent exactement à ça, j’hésite entre sortir en slip ou arrêter immédiatement le beurre de cacahuète. (Pourquoi je poste un truc aussi anecdotique ? Parce que je trouve ça joli. Voyeuriste, certes, mais ma dark side pense quand même, waou, que voilà de jolies fesses qui mettent de bonne humeur.)
(29 réactions) -
L’aventure intérieure
•
“Pourquoi croyez-vous qu’on vous tape sur les fesses, qu’on vous tire les cheveux, qu’on donne un coup de reins plus fort ? C’est pour obtenir une contraction.” Ah boooon ok je pensais que c’était pour stimuler mon cuir chevelu gras. Bref : allez lire sept pages de témoignages instructifs (entrecoupées de pub qui te sautent au visage) sur le site de Marie-Claire pour découvrir “ce qu’ils ressentent quand ils sont en nous“. Une question tellement évidente que je me demande pourquoi je ne l’ai jamais posée ici. Comme quoi, hein, se faire tirer les cheveux, ça attaque le cerveau.
(19 réactions) -
Balle dans la tête
•
Un peu d’imagination, des poupées gonflables, et hop. Via Sex&Blo.gs.
(3 réactions) -
MTV sous acide
•
A quoi ressemble la beauté quand la chirurgie plastique nous permet de faire n’importe quoi ? Des cheveux lisses, des yeux de Marie-Madeleine, des seins et pectoraux gonflés, des lèvres-pneus : une sursexualisation. Si la beauté sert à se reproduire, ce choix uniforme devient logique même si paradoxal – renoncer au naturel pour accomplir un (prétendu) “destin naturel”.
(14 réactions)
Site officiel
Achetez !
Wishlist
Achetez !
Vos réactions
- Lunares on Le nom de la rose
- Kira on Le nom de la rose
- MaxiSatan on Le nom de la rose
- Kallice on Le nom de la rose
- Luigi on Le nom de la rose
- cunnicerise on Le nom de la rose
- Al on Le nom de la rose
- carole on L’insoutenable légèreté de la vulve
- Millounette on Le nom de la rose
- daqwpm on Citation du soir, sans espoir
C’est tout chaud
S’abonner à Sexactu
Les archives
- March 2010
- February 2010
- January 2010
- December 2009
- November 2009
- October 2009
- September 2009
- August 2009
- July 2009
- June 2009
- May 2009
- April 2009
- March 2009
- February 2009
- January 2009
- December 2008
- November 2008
- October 2008
- September 2008
- August 2008
- July 2008
- June 2008
- May 2008
- April 2008
- March 2008
- February 2008
- January 2008
- December 2007
- November 2007
- October 2007
- September 2007
- August 2007
- July 2007
Tweeter










28 Jul 2008 à 10:26
Oh punaise, j’y ai cru ! Tu m’as bien eu !
28 Jul 2008 à 10:29
“Superproduction X française” en haut de jaquette, c’était pas compatible avec Lynch.
28 Jul 2008 à 10:41
Nan mais attend tu réagis même pas au fait que ce soit tourné en HD ?
La haute def’, la mort du porno. Au moins en DVD t’as ce léger grain qui gomme l’ensemble mais en 1080p sur ta TV HD de bourgeois bah la cellulite et les poils tu ne vois que ça et tes yeux saignent encore et encore.
Je sais ce que je dis j’ai un frangin qui matte du pron en 720p…
28 Jul 2008 à 11:01
“j’ai un frangin qui matte du pron en 720p…”
JVachez? :-P
28 Jul 2008 à 11:39
Je pense que cette histoire manquait de fumigènes, voilà tout.
28 Jul 2008 à 12:06
Bien utilisés, ça peut marquer la cellulite en haute résolution.
28 Jul 2008 à 12:06
(maSquer, pas “marquer”…)
28 Jul 2008 à 15:15
Les fumigènes ne sont jamais bien utilisés.
28 Jul 2008 à 20:04
les fumigènes, ça fait lagger.
mais euh dis moi, ça m’a l’air bien pourri ce film quand meme :/
29 Jul 2008 à 7:33
Sans vouloir faire la spammeuse, je vous recommande de venir être mon amie sur ma PAGE MYSPACE :
La Page myspace de Clara de Péchés Mignons
29 Jul 2008 à 7:36
-Pour les ignorants, je précise que Maïa est ma maman, que mon album sort en octobre et que je dois avoir plus d’amis que sur ma page Facebook…-
29 Jul 2008 à 9:09
C’est pas gagné Clara ! un dixième du score de facebook, c’est pas beaucoup :)