Si la place des gays et lesbiennes au sein de la société a souvent fait l’objet d’articles voire de dossiers complets dans les médias, celle des bisexuel(le)s semble être tombée aux oubliettes. A l’heure où l’homophobie et les préjugés à l’encontre des homosexuel(le)s semblent en baisse, les bi sont toujours victimes de fausses idées les concernant.
Du point de vue des hétéros tout d’abord, révéler sa bisexualité peut, outre les réactions homophobes “classiques”, provoquer des réflexions du type “c’est parce que tu te cherches, que tu ne sais pas encore vraiment ce que tu veux”. Etre bi semble être, pour beaucoup, le signe d’une sexualité hésitante voire de crise d’adolescence tardive qui-finira-bien-par-passer.
Dans le cas particulier de la bisexualité féminine, il faut ajouter à cela les rires gras et les clins d’oeils appuyés des beaufs standards chez qui l’évocation d’une relation saphique réactive quasi-instantanément le fantasme du plan à trois (avec eux au milieu bien entendu).
Comme si cela ne suffisait pas, les bi sont également la cible de critiques de certains homos radicaux qui les considèrent comme des “traîtres” refusant de choisir leur camp et fricotant avec “l’ennemi”.
Plus généralement, la bisexualité est souvent, et à tort, assimilée à instabilité amoureuse et sexualité débridée. Alors qu’avoir des partenaires des deux sexes ne signifie ni en changer tous les deux jours ou les tromper à tour de bras, ni accumuler les conquêtes.
Les attaques les plus violentes vont même jusqu’à taxer les bisexuel(le)s de pervers prenant leur plaisir partout en refusant de choisir entre la voile et la vapeur. Comme si c’était une question de volonté !
Pas toujours évident de trouver sa place quand on a le cul entre deux chaises. Pour se consoler, on peut se dire qu’être bi, c’est deux fois plus de critiques, mais c’est aussi deux fois plus de choix. Pourquoi se priver de 50% d’humanité ?
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17 Aug 2008 à 13:54
… il faut ajouter à cela les rires gras et les clins d’oeils appuyés des beaufs standards …
Surtout pas de clin d’oeil, surtout pas de clin d’oeil.
Plus sérieusement, si une jolie fille me dit qu’elle est bi –déjà je n’imagine pas avoir dans mes connaissances une fille jolie et bi et qui me le dirait– je penserai immédiatement au “plan à trois avec moi au milieu, on ne se refait pas. Mais je retiendrai sans soucis et le rire gras et le clin d’oeil.
17 Aug 2008 à 13:55
Peut-être que la bi-sexualité est mal comprise car justement juchée sur deux univers ?
Comme pour tout ce qui est n’est pas tranché, l’esprit humain à besoin d’un (long) temps d’adaptation, fait de compréhension, de pédagogie, de tolérance…
Sous cet angle, on peut remplacer bi-sexuel par métis, androgyne, centriste(^ ^), ornithorynque…
La pénombre est toujours plus inquiétante que la nuit…
(et pour faire mon jeu de mot pourri du jour, je dirais que perso je suis bissextile… vivement 2012 !! ^ ^)
17 Aug 2008 à 13:55
Salut,
J’avais vu lors de mon cursus scolaire, en psycho, que la bisexualité était en fait une homosexualité refoulée. Pour prouver leurs propos, les chercheurs avaient utilisé un phallomètre (un appareil mesurant l’érection). Ils ont montrés aux sujets masculins des photos érotiques d’hommes et de femmes et avaient trouvé une différences significative entre le pouvoir d’excitabilité des photos d’hommes et celles des femmes. Les bi-sexuels masculins montraient plus d’attrait pour les hommes que pour les femmes.
Bon maintenant prenez mon commentaire pour ce qu’il vaut [mais pas pro ou anti bi, ce n'était pas le propos], je ne me souviens plus des auteurs ni du nom de l’étude d’ailleurs.
17 Aug 2008 à 14:03
@Fead : En même temps les bi n’ont pas une bissexualité “parfaite”, il y aura toujours (ou presque) une attirance légère pour l’un des deux “camps”.
C’est vrai que selon l’âge, la différence entre une vrai bissexualité et une “période de recherche” n’est pas évidente. Mais une fois l’adolescence passée, il n’y a plus aucun doute !
Totalement d’accord avec la dernière phrase sinon, c’est toujours ce que je dis quand j’apprends que quelqu’un est bissexuel ! ;)
17 Aug 2008 à 14:05
A un priori, le bi a de la chance, pour peu qu’il ne croise pas un genre éxtremiste violent, genre psycho-rigide violent. C’est de la chance de pouvoir être ému 2 fois plus sur un même trajet.
17 Aug 2008 à 14:18
Me rappelle d’un ami gay qui à une époque se posait la question de sa bisexualité.
Je cite : “Nan mais faut que je choisisse, je peux pas être bi, Bi c’est pas classe, c’est la lose !”
Il a fini uber gay.
Faites-en ce que vous voulez. :D
17 Aug 2008 à 14:24
Ah ben ça me fait bien plaisir ce petit post !
En tant que bisexuelle attirée (sexuellement) par les deux sexes mais émotionnellement davantage par les hommes, je me tape souvent des explications à rallonge, et les regards limite méprisants des lesbiennes qui me considèrent limite comme une traître à la patrie !
Et comme tu le dis si bien, être bi c’est d’abord être attiré par des gens, des attitudes, des charmes… Pourquoi se limiter à 50% de l’humanité ? :)
17 Aug 2008 à 14:29
Comme d’hab, lorsqu’on parle de bi, homo ou même hétéro, on essaie de sortir des sentiers battus, et de remettre les pendules à l’heure pour éviter les clichés. Mais force est de constater (selon mon expérience évidemment) que tous les cas cités existent et sont légions. Donc on trouve des beaufs hétéros insensibles, mais aussi des bons coups adorables et fidèles, des bis profiteurs et opportunistes autant que des vrais versatiles épicuriens, des homos folles tordues que des pédés homophobes ou bien totalement straight-acting… et j’en passe et des meilleurs.
Du coup la vraie étude serait plutôt de quantifier toutes ces typologies au sein de leur orientation. Et là la galère commence, car dès qu’on se penche un peu plus près on remarque qu’il existe autant d’orientations sexuelles que d’êtres sexués. Et la quantification varie selon le milieu social, la géographie, l’âge, la mode et les coefficients de marée. :-)
17 Aug 2008 à 15:10
Fead>> et pourquoi pas une hétérosexualité refoulée? Ya pas de raison
17 Aug 2008 à 15:23
On se fie aux préjugés, qu’ils soient fondés ou non, quand on n’a pas d’expérience propre ou de témoignage suffisamment proche pour se faire son propre avis sur la question (ce qui est mon cas).
Après, il y a juste un problème de respect et d’intelligence, entre interroger l’autre gentiment pour mieux comprendre, observer un silence un peu gêné (mon attitude habituelle), ou lancer ses attaques/vannes de gros lourd.
17 Aug 2008 à 15:27
Je ne crois pas que la bisexualité soit à proprement dire une des formes de la sexualité. C’est plutôt une attitude pour une personne qui, outrepassant sa préférence sexuelle, est disposée à vivre sans neutralité charnelle le désir de l’autre vraiment attiré par l’aspect sexuel de la relation.
C’est sans doute la seule façon de libertinage qui subsiste aujourd’hui. La liberté du désordre assumée jusqu’à enfreindre sa propre norme.
17 Aug 2008 à 15:30
Egide: Si tu pouvais me la refaire avec un niveau de vocabulaire plus proche du collégien de base (je te dispense du kikoo-lol), ça m’aiderait peut-être. :(
17 Aug 2008 à 15:32
J’ai eu droit d’assister à un superbe débat dans ma famille. Ils parlaient du fait qu’au travail de mon oncle il y avait beaucoup de gays outés (sortis du placard ;-) ), et ma tante a dit “Moi ça me dérange pas tant qu’ils touchent pas à mon mari”, ce à quoi la réponse a été “Et encore, c’est pas les pires, y en a qui sont mi-figue mi-raisin aussi”. Ça m’a d’ailleurs surpris car mon père est tellement ouvert que je considérais presque la bisexualité comme étant la plus naturelle des sexualités que certains quittaient pour choisir un sexe ou un autre (grosse désillusion à la fin du tunnel).
Certains homosexuels sont sortis avec des filles avant de se rendre compte de leur homosexualités, et il n’est pas rare que leurs sentiments étaient réels, ce qui donne des discours du type “A part pour unetelle je suis à 100% homosexuel”, donc ajouté à ceux qui se cherchent, ceux qui veulent une porte de secours ça fait beaucoup de personnes qui se disent bi en étant pourtant plus fortement attirées par un seul des deux sexes. Ajoutez à ça le fait que les bis sont cachés (soit dans l’une ou l’autre des catégories) et ça donne une population très compliquée à étudier, donc je crois pas trop en ces résultats “scientifiquement prouvés”. Je vois pas du tout pourquoi on ne pourrait pas être à la fois attiré par les filles et les gars de la même façon que je n’arrive pas à comprendre pourquoi si on aime le chocolat on ne pourrait pas aimer la vanille aussi, désigner les deux sexes comme des opposés c’est quand même se fourrer le coude dans l’œil jusqu’aux pieds (si si), la partie commune est plus qu’évidente.
Après j’aime bien l’argument “Pourquoi se priver de 50% de la population”, je le trouve mignon, mais les doubles chances d’avoir un rendez vous le samedi soir j’y crois pas, bisexuel ça peut aussi vouloir dire avoir une vision différente de la sexualité, où l’axe principal n’est plus le sexe, ce qui fait que non il n’y a pas de “manque de l’autre sexe quand même”. Au final on peut être bi et beaucoup plus difficile qu’un hétéro (en même temps ça saute partout ces machins là :P), c’est d’ailleurs pour ça que le cliché selon lequel les bis sont des assoiffés pervers et instable est ridicule, un bi qui se sait bi, c’est quand même avant tout quelqu’un qui sait ce qu’il veut.
Egide> même si je suis pas d’accord avec le coté libertinage j’aime bien ce que tu as dis et je reste globalement d’accord :D
17 Aug 2008 à 15:55
@ sir Izback, je vous conseille de relire plus lentement. En résumé, c’est dire que la bisexualité n’existe pas vraiment. C’est juste une infraction à la norme qu’elle soit majoritaire (hétéro) ou minoritaire (homo).
@ Eilraet, je n’emploie pas le mot libertinage dans l’acception commune de débauche ou de dépravation. Mais ce que du libertinage, on peut retenir de dérèglement : L’élargissement du sens jusqu’à se prêter à autrui à corps y compris malgré qu’on en ait de son propre désir. Sans attendre un plaisir nouveau pour soi de ce don à l’autre bien qu’on puisse ressentir une étrange plénitude d’être l’objet d’une convoitise sensuelle d’un semblable.
17 Aug 2008 à 16:11
@Fead : et dans l’étude en question, ils faisaient comment pour mesurer l’excitabilité chez les femmes bi ? ^^
@Diripouf : bienvenue au club ! C’est exactement le fait de devoir régulièrement expliquer voire justifier mes préférences qui m’a donné envie d’écrire ce billet.
@Matoo : qui sait, peut-être qu’un jour un Kinsey des temps modernes acceptera de s’atteler à la tâche. Mais comme tu le dis, il y a autant de pratiques que d’individus donc pas évident de s’y retrouver.
@egide : je ne suis pas d’accord avec toi ! Etre bisexuel(le) est plus qu’une simple attitude ! A t’entendre, on croirait que les bi sont “juste” des homos ou des hétéros à l’esprit plus ouvert que la moyenne. La bisexualité n’est d’ailleurs pas qu’une question d’attirance sexuelle ! S’il existe des personnes qui se limitent à une bisexualité purement charnelle, il y a aussi des personnes pour qui la bisexualité apparaît à tous les niveaux de la vie sentimentale, aussi bien dans l’attirance physique que dans les sentiments amoureux.
17 Aug 2008 à 16:27
@ Klaims
Il semble qu’il n’y ait pas de norme de sexualité qui ne soit associée à une représentation sexuée de l’autre.
La bisexualité paraît être l’expression de la liberté de se donner à l’autre dans tous les aspects de la relation qu’il souhaite, chair de surcroît si telle est l’intention, mais pas seulement. Toutes les gammes de sensations et de sentiments humains sont alors possibles (mais jamais totalement éprouvés pour autant).
Ce qui importe, c’est l’infraction à la règle tacite de ne pas se donner. Le don de soi à l’autre serait alors le marqueur principal de la bisexualité quand on se s’abandonne à un “semblable” en désir.
17 Aug 2008 à 16:47
Tout le monde est bisexuel, on est juste plus attirés par les personnes du même sexe (homo) ou plus par ceux du sexe opposé (hétéro), c’est pour ça que les “véritables” bisexuels, selon moi, n’existent pas (ou doivent être très rare), ce sont juste des gens plus libérés que les autres à propos des genres.
Les fantasmes purement hétéros ou homos ça n’existe pas (ou seulement chez les gens très très frustrés à mon avis !). C’est pour ça que je vois pas pourquoi parler de bisexualité. Après si quelqu’un qui se réclame totalement bisexuel peut m’expliquer je veux bien !
17 Aug 2008 à 16:53
Rien de tel qu’une bonne discussion psycho-sociologique sur “pourquoi on est ce qu’on est” pour faire passer le temps, hein…
17 Aug 2008 à 16:57
Pas d’accord avec toi Roxanne, je me sens libéré, absolument ouvert sexuellement, très à l’aise avec l’homosexualité en général mais pas du tout attiré par les hommes.
Mes fantasmes sont purement hétéros. Désolé :-/
Qui plus est, nier l’existence de la bisexualité reviendrait à nier le fait qu’il puisse y avoir un centre en toute chose.
Et cela n’est pas démenti par le fait qu’un bisexuel puisse avoir une préférence homo ou hétéro.
Pour faire un parallèle qui m’amuse, qu’on soit de centre gauche ou de centre droit, il n’en reste pas moins que le centrisme politique existe ^^
17 Aug 2008 à 17:06
@egide, @Roxane : je crois que notre opposition se situe dans le fait que vous avez une vision de la sexualité plutôt manichéenne. Pour vous être hétéro ou homo correspond à une norme, qu’elle soit majoritaire ou minoritaire.
Selon moi, la sexualité n’est pas simplement bipolaire. Comme le disait Matoo, il y a autant de préférences que d’individus et c’est pour ça que je l’envisage plus comme un continuum sur lequel chacun place son curseur différemment, les bi étant concentrés dans la zone du centre. Et si je parle de “zone”, c’est parce qu’effectivement, même en se définissant comme bi on peut pencher plus d’un côté ou d’un autre.
17 Aug 2008 à 17:23
Parfois j’ai l’impression que les êtres humains (hommes ou femmes) forment une sorte de “masse” et qu’à l’intérieur de cette masse il y a des personnes qui m’attirent. Une sorte de “hasard” fait que (à une exception près) je ne suis attirée que par des hommes. Ensuite, être avec un homme qui ne m’attire pas ou une femme m’est assez indifférent…
17 Aug 2008 à 17:23
Si je résume, on devrait créer un échelle de la sexualité.
On pourrait s’inspirer du pH, avec les hétéros dans le rôle des basiques (et Baptiste sera la Soude Molaire, je suis sûr que ça lui plaîra), les homosexuels dans le rôle des acides, et les bis parfaits pour le neutre.
Ensuite, les hétéros trouveront cette échelle imparfaite ou inadaptée, tout ce qui est bon étant plutôt acide — genre le thé, le café, le jus d’orange, et l’acide gastrique, pour ne citer qu’eux.
Mais qu’ils ne se fassent pas de bile, comme on dit. Il leur reste le savon, le sang et la pisse. Ca devrait couvrir un petit paquet de fantasmes, malgré tout.
17 Aug 2008 à 17:33
Moi je dis qu’on est tous des bis qui s’ignorent, et je suis désolé si je ne suis pas la premier, parce que j’ai pas le courage de lire cette avalanche de commentaires. :s
17 Aug 2008 à 18:01
Ha, ha ! Est-ce qu’un bi qui s’ignore est un bi qui nie ? ^ ^
17 Aug 2008 à 18:02
@Klaims : “et dans l’étude en question, ils faisaient comment pour mesurer l’excitabilité chez les femmes bi ?”
L’erection chez l’homme est produite par un afflux sanguin, je suppose que tout le mond ele sais.
Il se trouve par contre, que ce phenomene existe aussi chez la femme, meme si de l’exterieur ca se voit moins… Ca peut meme etre pour des raison hormonale ca peut meme etre beaucoup plus important chez la femme. Ca fait gonfler la muqueuse vaginale, c’est pour ca que les femmes peuvent prendre du plaisir en etant au pieu, mais pas forcement quand elle vont chez le gyneco…
Il y a donc des moyens de mesurer tout cela, gonflement des levres (quelles levres : les deux paires !), pression sanguine, rythme cardiaque, temperature vaginale (oui oui, etre chaude n’est pas qu’une metaphore), ou meme les joue rouges…
Phenomene amusant dailleur, la premiere fois que j’ai vu ma petite amie rougir, ca m’a tout de suite exite, alors que je ne savait pas que
c’etait ce phenomene. Comme quoi, mon corps, lui savais….
17 Aug 2008 à 18:03
éric: oui, et une fois rentré chez lui ça devient un bi au logis.
17 Aug 2008 à 18:10
Comment appelle t-on les gens qui aiment les hommes, les femmes et les transsexuels? faut partir du sexe d’origine du transsexuel ou alors on compte le dernier? ou bien alors on prend les deux?
C’est mon interrogation du soir, je dois savoir!
Je pense que quelque soit la raison d’une homo-hetero-bi sexualité, ce qui semble visiblement le sujet du post est la “morale” collective.
Au fond, il y a sans doute des bi qui sont hésitants, mais est ce qu’il faut a tout prix faire un choix?
On s’en moque non?
Ca me fait penser a certains psy qui veulent absolument que tu fasse ta transition complète a l’age adulte… les rêves naifs, les plaisirs de gamin faut tous les oublier pour s’ancrer dans la réalité et l’acceptation de la mort..
Brr.
Par contre moi une fille me dit qu’elle est bi, il se peut que je pense au plan a trois…mais je vois pas ou est le probleme??? C’est possible non? La fille n’est pas forcement prête a faire l’amour avec les deux sexes differents en meme temps mais y’a quand meme plus de chances qu’avec un hetero non?
A part le sourire gras et le clin d’oeil que n’importe quel relou pourrait avoir avec n’importe qui (hetero, homo ou pas), j’ai pas compris ou etait le probleme?
17 Aug 2008 à 18:14
Je suis bi avec néanmoins une plus grande attirance pour les femmes que pour les hommes.
Effectivement , c’est très dur à porter quand on est considéré comme un traitre autant chez les hétéros que chez les homos.
Mais si je suis bi , c’est justement parce que le choix entre hétéro et homo ne s’est jamais posé à moi comme un impératif. C’est un choix que je n’ai simplement jamais e l’intention de faire. D’ailleurs à quoi bon choisir? Ma copine est bien contente que l’on puisse accueillir autant un homme qu’une femme comme “sextoy vivant” de temps en temps pour pimenter notre vie.
17 Aug 2008 à 18:38
Si la question du choix d’objet sexuel, qu’il soit homo ou hétéro, tient à la particularité subjective de chacun, c’est indéniable. Et nous sommes en accord sur ce point.
Néanmoins, si on constate que que la plupart des individus a une génitalité et une identité sexuelle qui le porte vers l’un ou l’autre sexe, Groddek, un psychanaliste contemporrain de Freud disait déjà “l’être humain est femme-homme et homme-femme”, ce qui est une assez bonne définition de la bisexualité !
C’est vrai que le mode binaire avec lequel on traite l’identité sexuelle est assez glaçant. L’évidence tue la pensée. N’y a-t-il que deux sexes ?
Existerait-il un état intersexuel ? Une manière de ne pas avoir d’orientation sexuelle serait-elle possible ?
Sans doute, mais alors c’est la question de l’identité sexuelle qui est posée.
Si le sentiment bisexuel, dont on ne peut pas nier qu’il ne soit exprimé par quelques uns, hommes ou femmes, ne serait que la conséquence d’une identité sexuelle peu établie, ni homme ni femme ?
L’ordre symbolique qui réfère le genre sexuel n’est-il pas en pleine déconstruction ? Ainsi, l’opposition masculin/féminin ne fonctionnerait plus vraiment. Alors, le bisexualisme signerait la disparition progressive des genres.
On y voit là, la disparition, annoncée d’ailleurs, du genre femme.
Le genre deviendrait de l’ordre du discours. Des paroles façonneraient notre personnalité et nos désirs.
Osera-t-on une pareille liberté ailleurs qu’en littérature ?
17 Aug 2008 à 18:44
Bravo pour l’article!
Je dirai que je suis bi sexuellement parlant, même si c’est un peu tôt pour le dire, ou que je ne suis peut-être qu’une hétéro curieuse.
Dans tous les cas, c’est vrai que cette situation n’est pas facile. Je vois les réactions dès que je manifeste un intérêt pour les deux sexes, beaucoup de blagues de la part des potes hétéro, les filles du coup jsuis mal à l’aise face à elle. En général je n’aime pas donner d’explications, qu’ils aillent imaginer ce qu’ils veulent.
C’est pas facile non plus par rapport aux lesbiennes, qui du coup ne te prennent pas vraiment au sérieux. Ça m’est arrivé face à une fille qui me plaisait de tout simplement lui laisser croire que j’étais lesbienne, sans me donner la peine d’expliquer.
Et c’est vrai que je trouve ça bien de pouvoir trouver du plaisir et de l’attrait chez quelqu’un quelque soit le sexe. Les plaisirs de la vie sont multiples, pourquoi se limiter à un sexe ^^
17 Aug 2008 à 18:45
“[...]la question du choix d’objet sexuel, qu’il soit homo ou hétéro, tient à la particularité subjective de chacun, c’est indéniable.[...]“
=> C’en est même à se demander pourquoi on se raccroche à des paroles de psychanalystes et autres moyens “scientifiques” de généraliser ce choix, si c’est si subjectif.
17 Aug 2008 à 19:02
Pour être aussi dogmatique, egide est peut-être la bi qui fait le moine…
17 Aug 2008 à 19:25
Pour les pidis que j’ai cotoyés, les bi sont considérés comme des homos en “transition” …
Chose que je suis à même de démentir !
17 Aug 2008 à 20:33
Merci pour ce petit post très fin qui résume très bien la situation vécue par les bi.
17 Aug 2008 à 21:08
@Eric
J’avoue. Malgré des airs sûrs, la bi dénie aisément tout le temps !
17 Aug 2008 à 21:15
Ah dès qu’on sort de la norme l’être humain est con. Si on rentre pas dans la case ça ne va pas et ça fait peur.
Pourtant la diversité c’est ce qui fait la diversité du monde.
L’important finalement c’est d’être heureux et épanoui dans sa sexualité peu importe que l’on soit hétéro, bi ou homo.
17 Aug 2008 à 22:05
@Déesse,
Où sommes nous et dans quel endroit ?
Là, seriez vous Pallas ou Vénus elle-même ?
Des variétés, le plaisir est immense. Mais
“Comment faire ? Trop de magie, trop de nuances
… font souffrir dans les êtres, trop de liens ignorés et
qui font le charme de leur visage, la couleur de leurs yeux …
dont l’effet nous ravissent … Tout au monde nous est étrange … Je désire les êtres, et cependant qui expliquera comment tous leurs détails, toutes leurs nuances choquent si facilement, si nerveusement, gâtant l’ensemble sans retour.”
de Mireille Havet, le 28.01.1919 Heureuse dites-vous, épanouie, quelle folie !
Abouchée au Rien a écrit une autre poétesse.
17 Aug 2008 à 22:22
après tout on tombe pas amoureux d’une cavité ou d’une appendice, on tombe amoureux d’une personne…
17 Aug 2008 à 23:11
Pourquoi parler de tomber amoureux quand il ne peut s’agir parfois que de sexe ? Je n’aime que des femmes, je couche avec les deux… Mon chère et tendre étant bi aussi, et tout aussi ouverte, je vous laisse imaginer les potentiels (parce que par contre, en réalité, on manque tous les deux cruellement de temps pour faire beaucoup de choses “avec d’autres personnes”, et puis ce n’est pas évident à trouver ! [enfin trouver des hommes seuls, si...])
17 Aug 2008 à 23:21
L’important dans la bisexualité, c’est d’en assumer au moins la moitié en double.
18 Aug 2008 à 1:28
God_Schizo> Hu je l’avais oublié cet argument, c’est un des mes préférés, sauf que moi je dis “on tombe pas amoureux d’un sexe mais d’une personne”, mais je me suis déjà taper sur les doigts parce que soit disant qu’ « en fait la personnalité est de toute façon fortement liée au sexe de la personne, question d’hormones tout ça etc etc » … Il se trouve qu’il existe des personnes qui se disent être du sexe opposé de leur sexe physique, et désirent en changer, des personnes dont les caractéristiques semblent appartenir à l’autre sexe … donc je suis d’accord avec toi au final \o/
18 Aug 2008 à 9:01
Arf, je me sens plutôt concernée par ce sujet, je baigne en plein dedans héhé.
Personnelement, je me définie ni comme lesbienne, ni comme bi, mais seulement comme préférant les femmes (mais on ne sait jamais ce qui peut se passer dans une vie, têtre qu’un jour je rencontrerai un homme qui me plaira et là je ne me poserai pas de question!).
Ma copine actuelle est, quant à elle, bi (50/50 voir 60/40 mais je ne sais pas dans quel sens x3).
Aucune discrimination pour moi donc.
Mais voilà le problème, la bisexualité, ce n’est pas seulement être capable de tomber amoureux(se) d’une personne sans faire cas de son sexe. C’est aussi aimer les hommes pour ce qu’ils sont et les femmes pour ce qu’elles sont, et je ne pense pas qu’il faille faire un dessin pour expliquer qu’il y a beaucoup de différences (pas seulement sexuelle/physique mais en grande partie).
Donc quand un bi est en couple, il n’a qu’une partie de ce qu’il aime, et moi quelque part c’est ça qui m’embête.
Je m’explique, je sais que même si je fais tout mon possible pour combler ma copine, ce que lui apporte un homme je ne pourrai jamais le lui apporter (et qu’on aille pas me parler de gode ceinture, c’est pas du tout pareil et ce n’est pas que sexuel! :p). Et quelque part ça me rend malheureuse de pas pouvoir lui donner tout ce dont elle a besoin dans notre relation. J’en ai beaucoup discuter avec elle et elle aussi elle en souffre parce qu’il y aura toujours plus ou moins un manque, même si j’arrive à lui donner tout ce qu’elle veut en tant que fille.
Elle même à l’impression de me “trahir” en aillant envie de gars alors qu’on partage une relation vraiment forte..
Voilà ma propre expérience sur la question =)
18 Aug 2008 à 10:17
Bon, je vais donner mon avis en tant que gay, ayant eu pas mal de “conseils gay-du-milieu-parisien” et ayant vécu une histoire d’amour de deux ans et presque demi avec un bisexuel.
Première chose que l’on m’a dit à propos des bi : Un bi, ça se baise, ça ne construit pas. J’étais pas de cet avis, loin de là, je pensais aussi que ça “démultipliait” les possibilités et les fantasme, que ça rapprochait plus du “commun des mortels”. C’est une erreur que je ne suis malheureusement pas prêt de réitérer.
On m’a trompé, on m’a mentit, trahit, violenté, j’en passe des vertes et des pas mûres mais à chaque fois, le mal-dans-la peau est partit au bout de quelques semaines. Pleurer un bon coup soulage et on sait qu’on est victime, ça aide un peu de savoir où est le mal, où est le bien.
Pourtant il n’y a pas eu plus grande souffrance que l’amour que j’ai entretenu pendant deux longues années avec ce bisexuel. Comment faire pour n’être vexé lorsqu’on est passionné et qu’il vous repousse un soir pour finalement le surprendre 15 minutes plus tard en train de se masturber devant une vidéo hétéro ? Comment survivre à une libido en a-pics absolument chaotiques parce que tantôt c’est filles tantôt c’est mec ? Comment se sentir désirable et désiré ?
Le plus dur est de se dire qu’on ne peut rien y faire. Je ne voulais pas le changer, je voulais juste que le temps qu’il passe avec moi, il soit avec moi, pas ailleurs, pas le “cul entre deux chaises”. Je ne demandais pas à ce qu’il choisisse entre mec et fille. Tout ce qui comptait, c’est qu’il m’avait choisi, moi.
Nous avons rompu en cri et en larme suite à des tromperies. Avec des filles, bien entendu. Doublement vexant. J’étais impuissant face à ses désirs, c’est comme se battre contre un fantôme, tu as beau te déchainer, tout effort est vain. Il faut accepter l’inéluctable : Je ne pouvais le combler seul.
J’ai rencontré d’autres bi depuis, des entre-deux. On peut très bien vivre avec, et je comprends l’espoir de ceux qui essayent avec peine. J’espère juste que les pulsions envers l’autre versant saurons être bridés par respect envers le/la conjoint/e plutôt que de jouer sur l’ambiguïté histoire de bouffer à tout les râteliers.
Toi, que j’aime, ou les autres, que je désire ?
On appelle ça la fidélité et la confiance, la base de la base chez les couples qui marchent, et ça manque beaucoup chez les hétéros, et encore plus chez les homos.
En tout cas, les bis et moi, c’est fini. J’ai pas encore digéré le dernier…
18 Aug 2008 à 10:30
soyons tolérant
18 Aug 2008 à 10:40
Une ex-petite amie était comme ça… La soirée où on s’est rencontré, elle l’a passé à pester, avec sa meilleure amie, comme les bis. Pas du genre à fermer ma gueule, j’ai fait remarqué sans agressivité que je l’étais. J’ai eu droit à un “non, mais toi, c’est pas pareil, ma chérie”.
N’empêche que je l’ai quitté. Et puis j’ai rencontré un mec. Ca aurait pu être une fille… Ou presque.
De mon coté, j’ai toujours eu des amitiés amoureuses pour les filles que j’appréciais un minimum. Un mélange de désir et de timidité, une incapacité à envisager un avenir à cette relation. Et puis, quand j’ai sauté le pas, ça n’a en effet pas collé, mais je pense que c’était surtout du à des incompatibilités de caractère, vu que sensuellement c’était très bien. Mais je me demande toujours si ce n’est pas qu’à cause d’une question d’éducation que je peux baiser avec des filles mais pas envisager de relation sérieuse avec autre chose qu’un mec…
18 Aug 2008 à 11:04
Merci pour cet article.
Je me rend compte que j’etais typiquement le beauf en question dont tu parles.
Tout les préjugés dont tu parles, je les avais inconsciemment parceque personne n’avait jamais mis le doigt dessus pour me dire “mais c’est con de penser comme ca”.
En effet, c’est con de penser comme ca, et il a suffit que tu mette le doigt dessus pour que je m’en rende compte.
Merci donc ;)
18 Aug 2008 à 11:16
Ouhla, on etait bien partis au niveau des commentaires mais la c’est le festival des generalisations :-/
Y’a des cons et des infideles partout hein, franchement si l’inconstance, l’indecision et la lachete etaient caracteristiques des heteros ca se saurait !
Etre bi ne veut pas dire qu’on a BESOIN des deux, mais qu’on PEUT aimer les deux. Nuance, et pas des moindres.
18 Aug 2008 à 11:25
Baptiste > tes fantasmes sont ils composés exclusivement de femmes entre elles? Tu ne penses pas à un homme (même pas à toi même) en scène avec elles? L’auto-erotisme ça peut déjà être considéré comme “bisexualité” quand on s’y interesse de près. De même, des tas de personnes pourraient avoir des experiences avec des personnes du même-sexe tout en restant profondément hétéro. Pour moi être hétéro c’est déjà être bisexuel vu qu’on considère la sexualité avec homme et femme.
Enfin bref comme je pense qu’on ne peut construire un couple qu’avec une seule personne à la fois, on ne peut être que soit hétéro ou homo (statut pouvant changer au court d’une vie), la bisexualité ça appartient à tout le monde.
18 Aug 2008 à 14:45
@Roxane : Un fantasme n’est rien d’autre qu’un scénario imaginaire figurant la réalisation d’un désir. Donc à partir du moment où tu as, toi, certains désirs, ça me semble évident que tu apparaisses dedans. Et je ne crois même pas qu’il faille assimiler ça à de l’auto-érotisme.
D’autre part, je ne crois pas que la bisexualité (et l’orientation sexuelle en général d’ailleurs) ne puisse se définir qu’à travers une seule relation. Bien sur, on ne peut construire un couple qu’avec une seule personne à la fois, mais ça n’efface pas pour autant les relations qu’on a pu avoir avant et celles qu’on pourra avoir après ce couple précis. J’irais même plus loin, un passage à l’acte n’est même pas nécessaire : on peut se savoir attiré par tel ou tel sexe sans jamais avoir eu l’occasion de passer à l’acte. Donc l’orientation sexuelle ne peut pas être définie à un instant T dans une relation particulière, elle doit prendre un compte toute la vie sexuelle ET les désirs d’un individu.
C’est pour toutes ces raisons que je ne pense pas que tout le monde puisse être bi : à partir du moment où tu n’as jamais eu d’attirance et de désir pour des personnes des deux sexes, tu n’es pas bi. (après, cette attirance et ce désir peuvent tout à fait aller de simples pensées fugaces à des envies clairement assumées, tout comme le “degré” de bisexualité peut varier)
18 Aug 2008 à 15:51
AMHA, quand les bi eux-mêmes sauront ce que veut dire être bi, ça fermera la porte à de nombreux préjugés, et donc à de nombreuses plaintes. D’ici là, continuons à brasser du vent, c’est rigolo. C’est d’ailleurs ainsi que les bi jouent.
18 Aug 2008 à 16:32
Malgré tout, une certaine sociologie du “bi” commence à poindre…
Grâce aux travaux du Professeur Sir IZBAK 1st et de son assistant (votre humble serviteur) nous savons que :
Un profil de dissimulateur ludique, non ? Toujours est-il que le cas “bi” nait de curiosités…
On est pas loin du Nobel, là… ^ ^
18 Aug 2008 à 16:34
Certains arrivent à construire des couples à trois ou deux histoires en parallèle ou une histoire + des plans Q aussi Roxanne.
Je suis en couple avec un homme et me masturbe devant des vidéos montrant des femmes. Que suis-je ?
Ah et moi je veux bien la liste des différences fondamentales hommes/femmes, celles qui sont pas anatomiques, que je rigole un bon coup avant de pleurer.
18 Aug 2008 à 17:01
Pour rebondir sur le commentaire de Léna , le couple le plus “peuplé” que j’ai rencontré était riche de cinq personnes. Deux hommes , trois femmes , tous bi.
Il s’agit à vrai dire de personnes que j’ai côtoyé pendant mes études (sauf une qui est arrivée plus tard). Aujourd’hui , presque douze ans plus tard donc , ils sont toujours ensemble , étonnant isn’t it?
L’un des hommes était hétéro , mais est devenu bisexuel avec le temps , et probablement la curiosité. La fille qui est arrivée en dernier dans leur cercle était lesbienne à l’origine et n’avait jamais touché un homme (ça la dégoutait).
De leurs propres aveux , ce n’est pas tant l’amour qui les lie (quoique pour certains ce ne soit pas clair) qu’une profonde amitié et une grande ouverture d’esprit qui s’est construite au fil du temps.
Ils sont tous en bonne santé, travaillent dans une entreprise qu’ils ont monté ensemble et leur chat “Archimède” se porte bien , merci pour lui.
Evidemment , ce genre de relation fusionnelle est une curiosité très rare.
18 Aug 2008 à 17:15
Ceci dit éric, le bi penche très souvent vers l’homme, le masculin. C’est un phénomène que l’on appelle le retour du bi au man.
18 Aug 2008 à 19:30
Etant bi, je suis totalement d’accord avec ce que tu dis !!
Des critiques, des remarques bien grasses (entre les “plans à 3″, les “décris moi comment c’est avec une fille?”, ou encore “tu as des photos de toi et ta copine ensemble”? etc)
Et bien sûr cette idée des conquêtes multiples et des relations courtes et pas stables…
Et concernant mon expérience, (mm si je ne sais pas si ça intéresse quelqu’un…) je suis sortie avec autant de filles que de garçons. Pour réagir à ce que disait quelqu’un d’autre dans un commentaire, je suis sortie avec des filles bi et des mecs bi, et je n’ai jamais eu le sentiment de ne pas les satisfaire complètement. D’ailleurs moi même, je suis aussi bien avec une fille qu’avec un mec, car je considère que ce qui compte c’est l’amour, donc faire ma vie avec un homme ou une femme: c’est du pareil au mm, c’est le destin qui en décidera ^^
Voilà, et en tant que chrétienne, je brûlerais certainement en enfer pour être actuellement follement amoureuse d’une fille \o/
(ps: super blog ^^)
18 Aug 2008 à 19:42
Sysy aime l’ambiguïté : chrétienne et bi ?
Je ferais sûrement un jeu de mot pourri à la fin mais sérieusement comment vis-tu à la fois une morale religieuse profondément anti-sexuelle et une sexualité libre ?
Sinon, une première expérience bi pour une chrétienne, est-ce une bi bleue ?
18 Aug 2008 à 19:58
J’ai un peu de mal avec les gens qui pontifient sur la bisexualité pour arriver à la conclusion que je suis soit une homo refoulée, soit une post-ado hétéro et rebelle.
Mais au final, le plus important c’est que je sois en accord avec moi-même. Après, garçon ou fille, il faudra me prendre bi, on ne pas me prendre. Je m’en remettrais rapidement, pas d’inquiétude!
18 Aug 2008 à 23:29
Diripouf> peut-être que tu as en partie raison et que chacun vit sa bissexualité différement. En tout cas dans le cadre de mon expérience personnelle, c’est un peu comme ça que je le vois, pas comme un besoin mais comme le fait d’aimer les deux et d’avoir comme un manque quand on est en couple. C’est comme ça que le ressent ma copine, mais tout le monde est différent.
Ah Léna, comme j’aime quand parle comme ça!
Donc, même si tu le veux très très fort, l’évolution ça s’efface pas avec la volonté.
Si on revient des années avant la parité et tout le bataclan: la femelle enfante, l’homme chasse. C’est con mais on est génétiquement programmé comme ça, même si ce n’est plus de rigueur (enfin si, la femme enfante toujours il me semble, mais je me comprends) tu ne peux pas effacer des millions d’années d’évolution en quelques siècles (/année?).
Chez la femme, par exemple: s’occuper des petits revient à faire plus attention à ses besoins, à y répondre, à l’écouter (c’est la survie de l’espèce qui en dépend, merci Darwin!). Le corps de la femme est fait comme ça (grossesse, allètement, stockage/répartition de graisse, hormones) donc je vois pas pourquoi il serait choquant d’admettre que psychologiquement il y a aussi eu des impacts.
Pareil pour l’homme. =)
Hop, je viens de dénicher un lien qui explique ça un peu mieux que mon saccage de la science:
http://www.psycho-ressources.com/bibli/femmes-et-hommes.html
Et si on était tellement “identiques” psychologiquement, il faut qu’on m’explique la disparité qu’on observe par exemple dans le choix de l’orientation scolaire. Sur une classe de 20 élèves en littéraire, mon cousin s’est retrouvé avec seulement trois autre garçons (et c’est plus ou moins partout pareil, chez les L il y a beaucoup plus de filles)… En S, il me semble que c’était à peu près égal quand j’y était.
Sur un amphi d’informatique d’un pote, sur plus de 50, moins de 5 filles… comment ça se fait?
Un autre ptit lien http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2002/mag0322/hommes_femmes_niv2.htm
y’a quelques articles intéressants, mais je n’ai pas tout lu (flemme)
Donc voilà, j’espère que tu as bien ri (puis pleuré). Je reste sur ma position que oui, hommes et femmes sont différents du point de vu psychologique.
Et attention, ça veut pas dire que “toute les femmes ont l’instinc maternel, quand aux hommes, ce ne sont que des kékés qui se battent pour savoir qui a la plus grosse… voiture” mais que, globalement, on voit des lignes de conduites différentes selon le sexe, dûes à l’évolution.
19 Aug 2008 à 0:05
Tiens, j’ai l’impression de lire du Léna :D
Ton article est 100% vrai, d’ailleurs dans mon groupe de potes lesbiennes (un peu genre L word sauf qu’on a moins de 25 ans et qu’on boit plus), je suis la seule à ne pas mépriser/rejeter/etc les bisexuels. Sans doute l’influence de Léna ^^ (et aussi parce que, bourrée, j’ai des tendances bisexuelles que je n’arrive pas à refouler, lol)
J’aime l’idée du couple à 5, mais vu mon caractère de merde, ça foirerait trop vite, pis j’ai deja du mal à garder 1 personne, alors 4 laisse tomber !!
19 Aug 2008 à 12:15
Le principe est justement de ne pas devoir “garder” les personnes.
Dans le couple que j’ai décris , chacun est libre d’aller voir ailleurs si une pulsion lui vient. Ce que j’ai trouvé admirable chez eux , c’est surtout le fait que dés qu’un problème survient , personnel ou pas , ils en discutent posément et cherchent des solutions ensemble.
Franchement, je les envie. Réussir à établir une relation aussi fusionnelle entre 5 personnes tout en restant libre, ça tient de l’exploit, mais ça prouve que c’est possible.
Pour revenir au sujet d’origine , j’avoue que quand je suis avec quelqu’un , j’ai souvent un manque (la plupart du temps léger mais présent) de l’autre sexe. Cela pose moins de problème si mon/ma partenaire est aussi libertin(e) que moi, mais les gens décomplexés sexuellement sont tellement rares…
19 Aug 2008 à 14:04
Bah c’est pas tout simplement s’qu’on appelle des “fuck friends”? Tu dis toi même qu’il s’agit pas d’amour.
19 Aug 2008 à 17:27
Des “fuck friends” (plus couramment des “sexfriends”) , ça vit rarement sous le même toit pendant 12ans. Ils ne se contentent pas de coucher ensemble , ils vivent ensemble. Ils vont même jusqu’à travailler ensemble.
Non , je ne pense pas qu’il s’agisse d’amour , ou du moins pas au sens conventionnel qu’on lui porte habituellement.
En fait je crois qu’ils sont passés au delà de cette considération qu’est l’amour. Pour comparer à un jeu vidéo , ils sont passés au level suivant.
19 Aug 2008 à 17:40
(Tiens, j’ai encore fait chier personne, aujourd’hui. ‘Faut que je répare ça tout de suite.)
1- “rarement” ne veut pas dire “jamais”. (enfin, je suppose… on m’aurait menti?)
2- pour ce qui est du mot “couple”, le dictionnaire le relie bien à l’idée d’être 2 (et non pas “plusieurs”).
3- S’il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de jalousie (même chez les bi et les échangistes, cette notion doit exister). Donc je ne vois pas le problème.
4- D’ailleurs, je repose vite fait un de mes points précédents: ça signifie quoi, précisément, être “bi”?
19 Aug 2008 à 17:40
éric => et bien j’ai été élevé dans un milieu catholique, donc ma famille n’est bien sûr pas au courant de mes préférences, mais je n’ai pas non plus l’intention de leur en informer (on va leur épargner une crise cardiaque.) Mais moi j’ai une autre vision de la religion et des croyances, je crois en Dieu, mais pas en tout ce que l’église a pu inventer par la suite xD Ce qui est important (comme je l’ai déjà dit) c’est d’aimer la personne avec qui on est, homme ou femme, du moment que se soit honnête ^^” je pense que c’est comme cela qu’il aurait fallu interpréter la religion…
Et sinon, oui ça a été difficile au début (vers mes 12 ou 13 ans), lorsque j’ai pris conscience que j’étais attirée par des filles, de se sentir ‘bien’ étant donné qu’il s’agissait d’un péché grave ^^”
20 Aug 2008 à 6:36
Est-ce que vraiment les bi sont critiqués ??
J’ai plutôt l’impression qu’être bi, ça a un côté bobo fêtard et libéré. La bisexualité, norme “cool” de demain ?
20 Aug 2008 à 8:50
Un côté fêtard et libéré, c’est très pesant quand tu veux juste être en couple tranquillement :)
20 Aug 2008 à 13:25
@Milan : ben voilà exactement le genre de clichés que je voulais dénoncer avec ce billet ^^
20 Aug 2008 à 21:56
Je ne suis pas fan de ce passage. Qui peut juger les fantasmes d’un autre, les trouver “beaufs” ? Je trouve ça très moyen, surtout au milieu d’un article prônant la compréhension et l’acceptation d’une classe de personnes…
Mais à part ça, c’est une réflexion intéressante. :)
20 Aug 2008 à 22:59
A propos du rire gras du boeuf, peut-être faudrait il dire “hétéro de base”? Personnellement le plan à trois avec deux nanas m’excite pas vraiment.. Mais je suis bi (plus femmes que homme vu que j’ai jamais croisé un homme avec qui j’aimerai vivre)
Ca m’est arrivé 2-3 fois dans un plan à trois (2 mecs) que la nana, me sachant bi, insiste pour que l’autre mec (des hétéro “ouverts” ou “bi-curieux”) se fasse prendre par moi..
(En même temps c’est tellement mieux si l’autre mec se laisse toucher.. :-) )
Surement moins courant que le fantasme du plan à 3 avec deux nanas, mais ca existe!
Sinon à part ca, peu de monde sait que je suis bi.. je ne le crie pas sur les toits.. je ne l’affiche pas, à force d’indice, l’autre fini par me poser la question et je répond oui..
Je connais un pôte qui flippe, parce que sa nana sachant qu’il a eut des expériences homo, est plus jalouse des mecs que des nanas.. du coup il ose pas lui dire qu’il se sait bi..
20 Aug 2008 à 23:07
@manu : loin de moi l’idée de me permettre de porter des jugements de valeur sur les fantasmes des uns et des autres. Ce que je trouve “beauf”, c’est l’attitude de ces personnes, qui réagissent en rigolant bêtement ou en faisant des clins d’oeils appuyés genre “toi tu es bi donc tu dois être une chaudasse”.
21 Aug 2008 à 11:14
Je comprends mieux :)
Et oui, j’imagine que c’est souvent le cas.
24 Aug 2008 à 16:28
Il faut bien mettre une étiquette partout alors quand on doit dupliquer les étiquettes, ça pose tout de suite plus de problème. Il me semble que cela a toujours été ainsi et dans tous les domaines. Prenons un cas (le mien, ce sera plus simple) d’une jeune fille qui aime s’habiller. Pendant ma scolarité, j’aimais m’habiller de manière différente chaque jour (un jour “gothique”, un jour “baba”, un jour “pétasse”). Et cela ne passait pas. J’ai compris par la suite qu’il fallait être entièrement quelqu’un, se créer un personnage immuable et ne pas jouer de ses facettes.
J’ai toujours aimé changer de “personnage” selon les personnes rencontrées.
Ma petite démonstration prouve bien qu’il faut automatiquement se classer dans sa petite case, ET NE SURTOUT PAS BOUGER.
Pardonne le ridicule de mon écriture, j’ai 17 ans.
25 Aug 2008 à 7:15
Spleen : Je suis tout a fait d’accord avec toi. Certains de mes profs ont meme ete jusqu’a dire que les gens qui changeaient d’attitude selon les personnes etaient schizophrenes…
Vive la tolerance !
Depuis, j’essaye quand meme de garder une identite par personne, mais je change regulierement de style (mettons, tous les 2 ans), tres radicalement. Je suis passe de militaire a gothique a dandy tres classe. Je ne sais pas encore quel sera le suivant. Mais je l’ai fait quand j’ai change d’entourage, a chaque fois, comme ca, personne pour me poser de question.
Sinon, concernant les bi, j’ai un bon ami qui l’est, et j’ai jamais ete intollerant envers lui. Meme quand il m’a propose des “experiences” sexuelles, je lui ai gentillement explique que oui, mais non. Du moins pas pour l’instant (il ne faut jamais dire “Fontaine, je ne boirai pas de ton eau” Je suis dans un relation (hetero) stable, et me epour le fun ou pour faire plaisir a un copain, je ne veux pas tout gacher. Et puis, je ne suis pas vraiment attire par les mec pour le moment.
P.S. : Desole pour les accents, je suis sur un clavier QWERTY de mes 2 !