Baptiste, dans le billet ci-dessous, nous a fait réfléchir à ces approches directes et/ou brutales. Il y a alors eu une ampoule qui s’est allumée dans un carton, dans les recoins tarabiscotés de mon crâne, une phrase que j’ai déjà eu, 3 ou 4 fois dans ma vie.
“J’ai envie de te faire l’amour”
Banal me direz vous, tout le monde le prononce et plus que ça. Moi aussi, rassurez vous, mais c’est le contexte de ces quelques fois qui donne à cette phrase et à ces moments un aspect tout autre, un contexte curieux qui s’exprime ainsi : Aucune excitation physique n’était présente. Rien. Pas un seul soubresaut dans le boxer, aucune idée lubrique, même pas un scénario imagé en action dans des mouvements suaves et répétitifs, aucun susurrement jouissif. Alors d’où vient cette envie ?
Elle a toujours été justifiée par une envie d’exprimer physiquement les sentiments amoureux. La colère entraine les cris, les actions violentes, et on les y définit facilement. Pourquoi l’envie de faire l’amour ne traduirait pas tout simplement… et bien l’amour ? Mais la gêne vient du calme plat alors qu’il devrait y avoir au moins un porte manteau supplémentaire dans la pièce. Lorsqu’on a envie d’une pâtisserie, l’estomac est toujours opérationnel, au taquet. Mais le pénis, là, ne suit pas du tout le protocole. Est-ce que la tendresse et les sentiments ne méritent pas une petite érection ? Elle finit par venir, aucune inquiétude là dessus, mais comment se fait-ce qu’une phrase aux relents typiquement sexuels déboule sans que le service biroute ne s’active ?

J’ai toujours cru que pour les Mâles, le sexe dépasse de loin les considérations amoureuses, qu’il s’active pour un éclair au chocolat un peu trop appétissant, pour une idée fugace, voir un mot qui ressemble de prêt ou de loin à “nichon”, à “fesse” (combien ont gloussé sur “fesse-book” ?). Plus de 10 secondes avec rien que du sentimental, sans AUCUNE bride d’envie hormonale, c’est plus qu’il ne m’en faut pour gober un Valium, deux Xanax, et me coucher. On sait jamais, j’ai ptet chopé une maladie en provenance de Vénus…
Brèves
-
Le sexe est polytique
•
“D’une façon générale, les polyamoureux sont moins obsédés sexuels que les monogames, parce qu’ils ne sont pas dans la frustration. Ils savent qu’ils peuvent s’ils veulent et le sexe cesse alors d’être un enjeu crucial et angoissant pour redevenir un jeu délicieux.” La suite chez Camille de rue69. Je voudrais bien compléter les témoignages, notamment en tant qu’ex-polyamoureuse (mon tout premier blog racontait ça). Mais plus tard.
-
La vulgarité c’est comme les poutres : toujours dans l’oeil du voisin
•
On parlait de mon prochain livre chez Ruquier aujourd’hui (à 31 minutes), et WOW. Quelle émission instructive. On y découvre notamment que le mot levrette est vulgaire (étymologie = fail), et que “c’est honteux de publier un livre avec levrette dans le titre“. Mes amis, on n’est pas sortis de l’auberge. Des fois je me réveille le matin en me disant que mes bouquins et mon blog ne servent à rien, que les gens s’y connaissent déjà assez en sexologie, et que l’humanité s’est plutôt bien débrouillée pour se reproduire jusqu’à présent. Heureusement, quand j’entends ce genre d’émissions, et bien ça me rappelle pourquoi je dois continuer à bosser. A part ça, je vous annonce que je m’appelle désormais “Maïa Mazurette, le pseudo de Bruno Masure“.
-
Vrac #28
•
Hey des filles ninjas ! Regardez plusieurs films porno en même temps (si votre connexion est rapide, moi je rame) ! La culotte qui tatoue les fesses ! Photos sexy et filles trop maigres ! Du Lego SM ! Parce qu’il faut s’énerver et parce que le Figaro Madame est objectivement un concentré de lie de l’humanité, l’article de sexo le plus ridicule de l’année (”Une femme a besoin de sentir le désir de son partenaire pour désirer à son tour” -> vous savez comment sont les gonzesses, hein, toutes pareilles, MERCI LES GARS MOI AUSSI JE VOUS AIME). Enfin, un lien pas sexe mais sympathique (pour se remonter le moral).
-
Nous sommes tous Robocop (en plus mignon)
•
“Le pénis ne suffit plus tant dans sa performance naturelle, dans son activité et dans son intensité que dans son rythme, dans son volume et dans son «érectibilit黓. Une analyse du phénomène sextoy qui me semble un chouïa paranoïaque et tirée par les cheveux. (Non, les mecs ne sont pas nuls, sauf les Japonais qui n’ont pas le temps de faire l’amour à leur épouse parce qu’ils travaillent trop - ohé, zyva, l’excuuuse.)
-
La masturbation est une bonne action
•
Seulement 248 donneurs de sperme en 2006 : mais, que font les hommes ? Où est le fantasme du bocal à branlette ? Un peu de sens civique, que diable. (J’apprends au passage qu’il faut déjà être père pour avoir le droit de donner son sperme : la sacralisation de l’enfantement, même quand il s’agit d’”une action d’autant plus nécessaire que la fertilité masculine est en baisse constante“, me fera toujours un peu flipper. D’autant que ça exclut les gays, qui n’ont déjà pas le droit de donner leur sang.)
Achetez !
Réseau mondial
Achetez !

C'est tout chaud
- Le sexe est polytique
- Reconnaître un geek en fonction de l’inclinaison de son pénis
- La vulgarité c’est comme les poutres : toujours dans l’oeil du voisin
- Le sexe fait vachement mieux vendre
- Vrac #28
- Nous sommes tous Robocop (en plus mignon)
- La masturbation est une bonne action
- Extension du péché capital
- Questions, réponses, science et sexe
- Enculée : la critique de Jérémie
Vos Réactions
- egide dans Le sexe est polytique
- Sir IZBAK 1st dans La vulgarité c’est comme les poutres : toujours dans l’oeil du voisin
- missp dans La vulgarité c’est comme les poutres : toujours dans l’oeil du voisin
- Lapin Salinge dans Le sexe est polytique
- Guillaume dans Le sexe est polytique
- Sir IZBAK 1st dans Le sexe est polytique
- Tortue dans La masturbation est une bonne action


6 oct 2008 à 1:43
Je me reconnais là dedans.
Ca m’est arrivé de le dire comme ça, pas souvent, mais je m’en souviens. Surtout la première fois que j’ai prononcé ces mots dans cet ordre, comme une évidence forgée au milieu de mes cordes vocales.
Non, clairement, c’était bien.
6 oct 2008 à 7:15
Le fait est que le pénis ne répond à aucune logique !
On se prend un érection devant un éclair au chocolat ou juste en regardant un fruit qui nous donne des idées salaces ou encore, pour mille autres raisons.
Et après ça, rien ne se passera au moment où, logiquement, il devrait se passer quelque chose.
C’est toute la magie/la malédiction du pénis !
:D
(je me souviens d’une folle érection alors que je devais ramasser les copies en classe :/)
6 oct 2008 à 7:53
Mmouais…
Pas sûr que le pénis soit vraiment innocent dans cette histoire : la préméditation hormonale est une piste sérieuse.
Même si tu ne constates pas visuellement un début de commencement d’embryon de turgescence quand tu prononces cette phrase, il est possible que l’agitation moléculaire in testiculos etait déjà en cours…
6 oct 2008 à 8:23
Je comprends que ça puisse arriver.Voire même pire (ou mieux,c’est selon),prononcer ce genre de phrase et…rien.Juste un gros câlin,quelques “caresses” bien placées,mais pas de va-et-vient langoureux entre les jambes de la demoiselle.
Dans d’autres circonstances,par contre,aucun problème,la petite phrase a bien été suivie d’effets.^^
Pourquoi?Mystère…libido,sentiments,hormones et inconscient forment un cocktail bien étrange,parfois.
“Plus de 10 secondes avec rien que du sentimental, sans AUCUNE bride d’envie hormonale, c’est plus qu’il ne m’en faut pour gober un Valium, deux Xanax, et me coucher.”
Là,je pige pas du tout…Si t’as juste du sentiment,et pas d’hormones qui travaillent à fond,c’est dodo direct?ou le manque de sommeil me fait comprendre les choses de travers?
6 oct 2008 à 8:47
j’en sais rien. Je ne l’avais que rarement dit autrement que quand la pénétration était imminente, histoire de faire plus vite et plus fort.
Mais avec le nouveau, d’une, nous avons tout le temps envie, de 2 nous faisons l’amour beaucoup, et j’ai pourtant toujours envie de lui. Pas nécessairement de le sentir en moi, parce que je ne peu pas ou plu, ni lui non plus, Juste que globalment, dès que mes capacités physiques me le permettent, j’ai envie de lui. >Donc tout le temps en fait.
6 oct 2008 à 9:52
@éric : l’agitation moléculaire in testiculos… Je me suis bidonné au travail ! Merci la discrétion :D
@guillotin : J’ai lu quelque part, il y a un sacré bout de temps, qu’un homme pense en moyenne (très important le “en moyenne”) au sexe toutes les 7 secondes. Ma maman m’a toujours dit que si un truc tourne pas rond, ça passera avec le sommeil. Colère, irritation (physique ou mentale) et autres symptômes de troubles légers mentaux passent avec une bonne nuit de sommeil.
6 oct 2008 à 10:04
@Creek: c’est clair que c’était bien drôle (je parle de “l’agitation moléculaire in testiculos” pour ceux qui ne suivent pas). Va falloir essayer de la replacer celle là :-))
6 oct 2008 à 10:25
‘Faudrait voir à différencier les envies “naturelles” (ou “pulsions”, ça fait moins WC), qui provoquent des réactions hormonales et leurs manifestations physiques, et les envies “décidées” par leur acteur (en l’occurrence j’ai envie d’appeler ça une envie “sociale”), qui elles sont totalement détachées d’un quelconque contexte “naturel”.
En gros, je pense qu’au niveau de ton cerveau (et peut-être du sien), ton “j’ai envie de te faire l’amour” a eu autant d’impact qu’un “on se fait un ciné?”. Désolé.
6 oct 2008 à 10:45
on dit pas ça à tout le monde
6 oct 2008 à 12:08
Et si c’était simplement ton esprit qui voulait parler de sentiments et qui s’est fourvoyé? Ou qu’il n’a pas trouvé les mots?
“Est-ce que la tendresse et les sentiments ne méritent pas une petite érection ?”
Bah non.
Peut-être que tu voulais avoir la même sensation d’intimité du couple que lors d’un rapport sexuel, sans qu’il y en ait un.
Ce qui prouve peut-être un “besoin de l’autre” très important?
Et il me semble que c’est toutes les 7 minutes qu’un mec pense au cul. Et je dis bien “cul”…
Parce que si c’était toutes les 7 secondes, mon dieu, les femmes auraient pris le pouvoir depuis longtemps! On aurait jamais été foutu de faire quoique ce soit proprement…
Comment ça je suis sexiste?
6 oct 2008 à 12:10
“On aurait jamais été foutu de faire quoique ce soit proprement…”
=> J’aime le choix des mots. :-D
6 oct 2008 à 13:31
Je crois que c’est l’une des plus belles phrases qu’on a pu me dire “j’ai envie de te faire l’amour” xD
6 oct 2008 à 13:35
ah ben moi on me l’a jamais dite ! :’(
6 oct 2008 à 14:34
@Sir IZBAK 1st : Je ne l’ai pas ressentit moi même comme une envie d’aller au ciné. C’était sincère. Seulement, dans ces moments de câlins, le pénis suit normalement la danse. Mon partenaire ne le comprend pas parce qu’il est sans arrêt excité pour un rien. J’étais dans son cas, jusqu’à ce que ça m’arrive. Je suis plus de l’avis de Halavus, sur la recherche d’une intimité qu’on ne retrouve qu’à travers la relation physique. Oh, et ne t’excuse pas de donner ton avis. Même si ça peut être un peu brut, un avis est un pas supplémentaire dans le débat :)
@Hadda : Ha, ça, oui, je ne l’ai dit qu’a deux personnes que j’ai aimé sincèrement. Ce qui renforce l’hypothèse développée par Halavus sur le besoin de l’autre.
@Déesse : Ironique ?
6 oct 2008 à 14:53
On dit que notre monde est devenu très banal. Tout est calculé, géré, prévisible, interchangeable. Bref, c’est un cauchemar technocratique.
Je tiens pour possible, tant qu’on fera de l’art ou de la littérature, de sublimer pour une partie les réactions endocriniennes en paroles douces de séduction voire d’amour.
6 oct 2008 à 15:38
S’il y a quelque chose de bestial dans l’homme et dont on croit qu’il s’agit du sexe, ou cul, ou la chose, et qui n’est, en réalité que le désir du plaisir, de la satisfaction sensuelle archaïque du nourrisson. L’érotisation des relations de domination est le moteur obsessionnel des passions masculines. L’homme y pense tout le temps. Il rêve, rarement de se rebiffer, souvent de satisfaire, en vue d’obtenir une récompense, contre ceux (ou celles) qui le dominent. Ils se réjouit d’avance du plaisir quelquefois d’humilier ou souvent d’être flatté et content de ceux (ou celles) qu’il domine.
C’est vrai, il pense à ça toutes les 7 secondes.
Comme souvent, les hommes n’ont pas beaucoup d’imagination, sauf les poètes et les artistes et tous ceux qui se masturbent systématiquement, ils croient qu’ils pensent au sexe.
6 oct 2008 à 16:32
Moi, ça ne me “surprend” pas du tout. Il y a des fois où l’excitation physique ne nous permet pas de nous retenir, il faut que ça soit ici tout de suite; mais ça m’est arrivé aussi, d’avoir envie de faire l’amour sans être réellement “excitée”, je pense que oui, c’était une histoire de sentiments. Dire “j’ai envie de faire l’amour” comme on dirait “je t’aime plus que tout”, mais sans l’excitation “sexuelle” qui va avec. Enfin, généralement elle arrive ensuite ; mais je me rappelles de l’étonnement de mon copain, surpris que j’en “ai envie mais sans en avoir l’air”.
6 oct 2008 à 16:39
Oh, et “qui ressemble de près ou de loin”. Désolée, je suis pas trop du genre à râler sur les fautes d’orthographe et j’en fais aussi beaucoup, mais là ça a accroché mon œil, va savoir pourquoi…
6 oct 2008 à 17:05
Prononcer une telle phrase dans ces conditions… Il doit falloir une sacrée connexion entre les deux protagonistes pour qu’une telle chose se produise. Le “te” étant évidement indispensable, sinon tout le monde peut dire ces mots aux vents.
6 oct 2008 à 18:02
Lily s’interrroge :
Les subprimes, probablement… :)
6 oct 2008 à 18:05
… le ciné n’empêche pas les sentiments. :D
(bon, d’accord, il faut peut-être être un peu tordu pour, en plein câlin avec celui/celle qu’on aime, avoir l’idée de tout interrompre pour aller au cinéma.)
Et sinon, je maintiens mon avis, je persiste à croire le “niveau de décision” a été le même pour ton envie de faire l’amour que pour une envie de se payer une toile. Tu n’as pas répondu à un appel de tes hormones, mais tu as juste eu une envie de te faire plaisir.
Les sentiments entre vous entrent en jeu pour une raison: rendre l’idée réalisable, te faire penser qu’elle est acceptable par l’autre, et t’aider à la formuler clairement. Pour te désinhiber, en quelque sorte. Mais je ne crois pas qu’ils soient à l’origine de l’envie.
Ensuite, bon, je suppose que le corps une fois sollicité s’est mis à réagir, mais ceci est une autre histoire.
6 oct 2008 à 19:06
C’était peut-être l’appel de la corvée ? Le côté “écoute, je vais faire une BA, je vais te faire l’amour”
Quoi, c’est si con que ça ?
6 oct 2008 à 19:13
Ah, oui mais non, ça marche pas Queen…
Y’a le mot “envie” à la base…
T’as déjà eu envie de faire la vaisselle ?
6 oct 2008 à 19:44
Eric, ne juge pas les déviances de tes contemporains…
6 oct 2008 à 20:48
@éric : eh bien écoute, justement… j’ai une très bonne amie qui AIME faire la vaisselle. Et puis bon, l’envie, c’est quand même une notion très relative hein !
6 oct 2008 à 21:34
C’est Ségolène Royal, là, avec le magicien ?
6 oct 2008 à 21:40
Non: on la verrait chanter la Marseillaise.
6 oct 2008 à 23:24
j’aime bien la parabole du porte manteau supplémentaire.
Hé voui, ça m’est aussi arrivé d’avoir envie de dire cette phrase sans agir immédiatement du calbutt.
Pourquoi le sexe des mâles serait moins complexe que celui des femmes? :)
(et Fesse Bouc est la racine de tous les maux!)
7 oct 2008 à 10:01
Mouais…. Excusez mon peu d’entrain, mais une idée m’a traversé l’esprit cette nuit : quand une femme vous dit “j’ai envie de faire l’amour”, Messieurs, n’en déduisez-vous pas un peu vite qu’elle est toute prête, plus qu’à lui foncer dedans ?…
Parce qu’en tant que jeune fille à qui ça arrive de plus en plus souvent, une prise de conscience masculine m’aiderait quelques peu… J’ai pas parce que j’ai envie d’être très proche de l’homme que j’aime que mon corps est prêt, mais malheureusement, c’est moins visible chez les filles…
15 oct 2008 à 14:35
parfois les réactions de certaines personne ainsi que leur incompréhension me font peur…
Je me projette totalement dans ton exemple nombre fois vécu et a défauts d’explication absolue vais énoncer mon opinion.
Il suffit de réfléchir un peu pour remarquer que le désir de faire l’amour peut être lié a une “pulsion”, un désir ardent et passionnelle ou (et souvent avec) un désir sentimentale et psychique de se sentir proche de la personne, de partager cette fusion des corps dans l’alchimie de l’amour.
Et bien que ses deux envies soit souvent commune elle peuvent être présente l’une sans l’autre.
Il n’y a donc pas de réaction “physique” car la personne est trop plongé dans l’amour de l’autre du bonheur qu’il partage dont il a conscience.
Victor