Je viens de refermer « Enculée » de Pierre Bisiou, premier roman publié aux éditions Stock.

Autant le dire tout de suite, ce livre est magnifique. A la fois doux et vulgaire. Il est aussi ambiguë que peut l’être le plaisir anal. Car oui, évidemment, ce livre parle de sexe anal, de sodomie et autres. D’aucun pourrait regretter que ce livre n’évoque qu’un seul point de vue : celui d’un homme aimant le cul de ces dames. Mais ce serait passer à côté du livre. Les tabous, les craintes, les méconnaissances qui entourent cette forme de sexualité sont forts, et quel que soit le goût que l’on a (ou pas) pour ça, il est toujours question d’attirance et de répulsion… autant de sentiments ambiguës qu’il convient de regarder en face. Ce livre y parvient, avec tendresse et bienveillance, avec vulgarité et voyeurisme… tout en nuance… l’expression d’une sexualité duale qui fascine autant qu’elle peut faire peur, sans jamais laisser indifférent.

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Sous la violence du titre, ce livre est un hymne à l’amour, à la sexualité partagée et complice. Il est question d’envies, il est question de doutes, de désir, de tendresse, et oui, d’amour. Car c’est de ses propres sentiments, inquiétudes et envies dont nous parle le narrateur, bien plus que de sexe anal cru et froid. On est bien loin d’une représentation déshumanisante de la sexualité anale, loin des idées préconçues d’une sexualité avilissante et bestiale. Au contraire, on découvre une sexualité intimiste qui pose la question du désir et de la perversion ; une sexualité qui nécessite confiance et écoute… bref, une vrai connivence des amants. Violence et tendresse ! Ils sont beaux ces deux amants, complices et jouisseurs de cette nuit d’amour absolu, catharsis des corps et des sentiments.

En tant qu’homme, le récit anonyme (autobiographique ?) à la première personne invite à l’identification. C’est avec aisance que l’on se projette dans le personnage, qu’on endosse son point de vue. J’ai retrouvé beaucoup de mes propres interrogations et désirs dans ce texte. J’ai beaucoup apprécié ce mélange de sexe débridé et de sentiments gluants.

Pierre Bisiou signe un premier roman qui permet de réaliser que parfois « salope » est un mot plus tendre que « chérie ». « Enculée » fait partie de ces livres que j’ai dévorés, emporté par une écriture précise et un ton juste. Que vous soyez homme ou femme, adepte ou réfractaire au sexe anal, ou tout simplement amoureux des belles écritures, je ne saurais trop vous encourager à lire ce livre.



  1. Wadyn

    Ça donne envie de lire tout ça… sauf qu’avec un titre pareil, t’as pas intérêt a le faire dans le métro ^^

  2. horny bunny

    l’interview de l’auteur: http://www.dailymotion.com/video/x6ka9m_michel-field-pierre-bisiou-enculee_news
    A méditer: la conclusion de Michel Field: “les femmes aiment la pornographie et en jouent (et jouent avec) alors que les mecs sont un peu terrifiés finalement”…..

  3. PankkypH

    parfois « salope » est un mot plus tendre que « chérie »

    Est-il permis de loler un brin ?

  4. zeugme

    Masculin singulier : ambigu; pluriel : ambigus; féminin singulier : ambiguë; pluriel : ambiguës.
    Sinon “parfois « salope » est un mot plus tendre que « chérie »” j’adhère à 100% et ma partenaire peut en témoigner, activement et passivement.

  5. éric

    parfois « salope » est un mot plus tendre que « chérie »

    Oui, bien sûr comme tous les mots… ce qui fait qu’un mot est adéquat c’est le ton, la circonstance et l’oreille qui le reçoit… le mot lui-même importe finalement peu.
    Mais ce n’est jamais inutile de le rappeler… :)

    Par contre je ne lirais pas ce livre (ce n’est pas une décision qualitative, je ne lis jamais de roman, j’aime pas ça).
    Mai je suis assez perplexe sur l’aspect buzz-raccoleur du titre connaissant la maison Stock !
    Si le “Baise-moi” de V. Despentes (chez un micro-éditeur : Florent Massot) n’avait pas cartonné, ces grandes maisons parisiennes en seraient encore à des titres ronflants et prétentieux… genre “Derrière la porte étroite” ou “La fleur de l’aube” ou pire encore…

    Les enculés ne sont pas toujours ceux qu’on croient…

  6. Last Equinoxx

    autant de sentiments ambigus qu’il convient de regarder en face

    Pour un livre parlant de sodomie, cette phrase convient-elle vraiment ? :-DD
    Désolé.

  7. Le Mâle

    A quand un livre sur une femme aimant le cul de ces messieurs ?

    ca changerait un peu ….

  8. Déesse

    Et dedans on a la réponse du pourquoi les hommes aiment le cul des femmes?

  9. Mary Ann

    Je cours l’acheter …

  10. WonderWoman

    “parfois « salope » est un mot plus tendre que « chérie ».”

    Et sinon, est-ce qu’on peut aimer le sexe (dont la sodomie) sans se faire traiter de salope ? Juste avoir une sexualité libérée sans pour autant être une pute…

    Ah, on me dit que la France n’est pas encore prête. Bon, j’attends.

  11. éric

    Si j’étais confiseur je créerais une tendre friandise et je la baptiserais “Ma Salope”… ^^

  12. Sélène

    @WonderWoman : complètement d’accord avec toi… Il y a des choses qu’on peut dire à l’homme en lequel on a confiance, des choses comme “j’ai envie d’essayer la sodomie”, sans qu’il nous prenne pour une vicieuse. Mais je ne pourrais pas en discuter avec mes amies… Car à mon âge (autour de 18 ans) faire preuve de curiosité sexuelle, c’est “sale”. Mais bon, espérons que les états d’esprits vont changer.
    @Maïa : le “salope” plus tendre que “chérie”, franchement, je n’arrive même pas à le concevoir. Je dois manquer d’expérience :D

  13. Thomas

    Un livre qui devrait rester dans les annales, donc ?

  14. damien

    @Sélène: ma petite “salope” en susurrant c’est déjà mieux que ma petite “pute”.

    Et la France n’est pas prête à changer, faudra patienter…

  15. Talen

    “Salope” n’est pas forcément une insulte, ou le fait qu’on vous prends pour des vicieuses, hin. Faut déjà comprendre ça pour pouvoir comprendre que ça peut être plus tendre que “chérie” =p

  16. Sélène

    @damien et talen : Oui, sans doute, ça peut être “coquin” ou provocateur, enfin ça peut entrer dans le jeu du sexe, mais je n’y vois pas de tendresse particulière. Enfin après c’est sans doute une question d’avis. Et puis on ne m’a encore jamais appelée comme ça alors je ne sais pas ce que ça fait :D

  17. Déesse

    le “salope” n’a de sens que dans le contexte sexuel, et encore si les participants sont d’accords sur le vocabulaire employé.

    M’enfin un “salope” ça serait jamais une “chérie” faut pas se leurrer.

    Sinon faut arrêter la France c’est pas le puritanisme américain non plus.
    Bon ok, niveau sexe y a des sujets encore un peu tabou…mais ça fait des années qu’on parle de masturbation féminine et la sodomie j’en entends parler depuis pas mal de temps.

    Bon faut dire que j’ai toujours eu de bonnes copines avec lesquelles je pouvais parler cul ouvertement.

  18. PankkypH

    Je n’ai rien contre les couples qui se traitent de divers noms d’oiseaux pendant l’acte, mais personnellement il ne me viendrait pas à l’idée de dire “salope” à ma copine autrement que pour plaisanter…
    Cela dit je suis encore jeune et novice, ça peut venir :)

    Mais surtout, que ce soit pendant une pénétration anale ou vaginale ne me semble pas avoir de rapport !

  19. Loni

    Personnellement je ne suis pas novice en la matière, les mots peuvent exciter à un moment donné,ils prennent une autre dimension mais pour moi le mot “salope” n’a rien à voir avec la tendresse.Il faudrait éviter d’essayer de changer le sens réel des mots.

    Je vais le lire.

  20. éric

    « …le sens réel des mots. »

    Les mots ne poussent pas sur les arbres
    Les mots n’ont que le sens qu’on leur donne. Et ce sens évolue jusqu’à parfois définir l’inverse de son point de départ.

    À cet égard, enculer est en pleine évolution.

    Le temps n’est pas loin où “enculer des salopes” sera digne d’un comportement de “bon père de famille” tel que défini par le Code Civil… ^^

  21. claude14042

    réponse à Sélène.
    —————-
    Sélène,saches que tout ce qui concerne le sexe,n’est jamais sale!les personnes qui pensent cela n’éprouverons jamais le plaisir suprème.
    aimer le sexe,c’est tout prendre,les liquides,les odeurs intimes,les sensations!
    claude.

  22. damien M

    rien n’est sale, rien n’est sale…d’accord, mais faut quand même rappeler, par exemple, que la flore anale n’a rien a faire dans un vagin…par exemple…

  23. isie

    me tate à offrir ça à Chéri… encore vierge de la sodomie, j’attends le bon moment pour l’initier… un tel livre le décoincerait-il à ce sujet ?

    (peur de faire mal, de mal faire, de forcer, de ne pas donner de plaisir… Et mes mots ne le réconfortent pas forcément puisqu’il ne connait pas…)

  24. Sélène

    @claude : Que le sexe n’est pas sale, que rien n’y est sale, je l’ai appris progressivement et dans un contexte particulier, celui de la confiance et de l’amour. Rien ne me dégoûte plus chez lui et je n’ai plus peur de devoir avoir “honte” de choses comme euh, je sais pas, un pet vaginal par exemple? :D
    Mais je voulais plus dire dans un contexte “public”, certains pourraient considérer que j’ai des désirs et une façon de voir la sexualité qui n’est “pas de mon âge”. Pour une bande de trentenaires, parler sodomie entre elles peut être drôle, mais personnellement je ne peux pas confier ce genre de choses aux filles de mon âge… Qui trouveraient ça “sale”, pour ce que j’en sais.

  25. egide

    Que nous dit une société encore très rurale où l’animal côtoie de très près les gens ?
    Si proche, personnes et animaux, qu’une part de l’imaginaire humain s’empreint des figures de l’animalité entre autre pour figurer la sexualité.

    En chinois enculée, enculé ou bien enculer ne semble pas s’écrire autrement qu’en une périphrase imagée :
    搞 鸡 奸 S’engager dans la sodomie

    Cela se traduit littéralement, si je puis dire ça, par :
    Pratiquer des rapports sexuels illicites avec une poule ou un coq.
    Illicite peut s’entendre aussi par immoral, amoral, hors la norme, anormal, bizarre voire bestial.

    Nous, urbains post-modernes, nous sommes loin de l’animalité et nos bêtes domestiquées dont on s’affuble représentent à la fois l’affection pure, sentimentale et simple du vivant et incidemment illustre la soi-disant maitrise que nous avons sur les bêtes.

    Majoritairement, les femmes, surtout les très jeunes filles, plus aux limites du physique, enfourchent des chevaux et s’enivrent de guider cette masse surpuissante, de s’enfoncer sans peur dans des bois où le loup n’est plus.

    Avec l’inquiétant plaisir que l’animal, échappant au contrôle ne s’emballe, emportant l’écuyère dans un galop de folie où elle risque une chute dangereuse.

    Après, elle aurait peur de monter à nouveau entre la terre et les ciels lourds des peurs rentrées mais des joies puissantes de la cavalière depuis qu’elle ne chevauchent plus jamais en amazone, jambes serrées sous la robe.

    Et malgré l’épaisseur du jodhpur, sa vulve est pressée contre le cuir de la selle ou bien mieux encore sur le pelage lors de la monte à cru dont elle adore le rude exercice.

    Sans doute, la cavalière (non pas la cavaleuse même si elle galope) ressent-elle comme une joie suprême, ceint dans son intimité, l’engagement total de son corps, tout le temps de la monte. A la fin, elle est grisée, épuisée, si contente, de sentir la déperdition physique, et elle goute, silencieuse et ravie les sensations charnelles sourdre de tout son être.

    Si plaisantes douleurs de l’épuisement du désir, la femme et l’animal débridés, une chimère qui se forme tant que dure la chevauchée de la femme-cheval.
    Figure ambigüe et sensuelle à la forte odeur du mélange du suint et de la sueur comme une promesse des délices du jardin terrestre.

    Marie-salope, Marie-Beth, Marie-Elisabeth.
    Marie élit sa bête.

    La vase est en elle comme un humus. Elle dépote ses matières. Il en reste souvent des traces qui se mélange à l’huile, aux humeurs corporelles, à la sueur d’elle et de l’amant, au sperme. Macule, signe de vie dont on peut discerner quelle histoire il y a eu et c’était il a si peu, juste quelques instants avant que n’apparaissent les traces luisantes et brunâtres.

    Animale, elle devient, pour quelques instants, et l’amant lui-même a perdu son humanité.

    Les mots n’ont-ils plus de pouvoir ?
    Les sens prennent le dessus et les signes du corps à foutre qu’il faut déchiffrer comme un récit qui nait de chaque mouvement qu’on ne doit surtout pas rater, aucun, pour que la magie ne disparaisse dans des douleurs mauvaises et le désenchantement.

    Elle est une autre.
    Lors de la sodomie souvent, mais aussi avec d’autres manières de la sexualité quand les limites de la perdition surviennent et que son corps est entièrement engagé dans l’acte avec celui de l’autre qui doit suivre sinon ça ne passe pas, la chevauchée avorterait.

    Entièrement pris, les deux, dans l’animalité joyeuse. Comme pendant les danses, il arrive qu’on se dépasse, qu’on soit autre. Habité(e) de l’intérieur par une présence de nous-même inhabituelle, une étrangeté qui nous est propre pourtant.

    A la fois, on est soi et rien. Ce rien par essence physique dont un langage obscur mais déchiffrable par une âme sensible, ce sens incorporé à toute la gestuelle, à toutes les postures instinctives qui transforment nos peaux nues, à tous les sons informes qui sortent du fond du cœur, toute cette gamme sonore comme un chant païen a capella.

    Ce dérèglement de notre intelligence abstraite au profit de nos émotions corporelles et qui font de nous des avatars chimériques, des fantasmagories, (Au sens de chimère comme un être à la double essence humaine et animale),
    ce dérèglement n’est pas un abandon ni une chute, ni un avilissement. C’est tout simplement le résultat d’un engagement total de tous le corps de l’une et de l’autre (quelque soit son genre sexuel).

    Comme le yoga, l’amour physique, amour, puisqu’il faut bien un attrait mutuel, est une discipline qui devrait développer notre conscience physique, une intelligence corporelle.

    Il vaut mieux l’amour, même pour une rencontre furtive, quand il s’agit de la confrontation de deux êtres d’égal à égal, pour jouer. Je dis bien jouer et non pas lutter.

    Enfin il faut bien finir. Je ne traite jamais de salop(e), l’amant(e).
    Ce mot, même gentiment dit avec les meilleures intentions n’est pas débarrassé de sa gangue dépréciative. Il fleure encore trop la domination et la soumission.
    Je lui préfère ma bête, ma bestiale, mon animal ou bien j’implore autant pour moi que pour l’autre,
    soit bestial(e) !

  26. clEmEntInE

    J’ai lu le livre dès sa sortie en septembre. Bizarrement je l’ai trouvé plus “féminin” que “mâle”. En fait, très doux, très amoureux. Pas sûr que mon mec comprenne mais j’aimerai qu’il le découvre discrètement dans ma bibliothèque et le lise pour en apprendre un peu sur la tendresse et le sexe …
    Je suis prête à beaucoup de choses, mais il faudrait qu’elles soient faites aussi “bien”, aussi amoureusement que dans ce très beau roman … :)

  27. Hadda

    le titre ressemble à une insulte
    mais la façon dont tu en parles donne envie de le lire
    maintenant à savoir si je cours à la fnac pas sur

  28. Eliza D

    Merci pour votre avis sur ce livre, car effectivement, ça donne envie d’ouvrir et le livre, et mon esprit en même temps !

    @ wonderwoman : je trouve que les femmes peuvent profiter de leur sexualité ici en France beaucoup plus librement qu’au Royaume – Uni, et je sais de quoi je parle !

  29. Sélène

    @Eliza : pas tellement d’accord sur ton avis concernant le Royaume-Uni. Ils ne se prennent pas beaucoup la tête ici (j’étudie en Angleterre), les filles sont plus indécentes qu’en France, le déballage de chair est permanent chez les Anglaises, et les sex affairs sont autant monnaie courante qu’en France. Les anglaises manquent peut être de style, mais sûrement pas de sexe.

  30. aeros

    http://le-traducteur.blogspot.com/

    a quand un guide de la franchise?

  31. éric

    La franchise sur le flood ? ^^

  32. egide

    @ aeros

    Virginia Woolf a écrit :
    ” Une biographie est considérée comme complète lorsqu’elle rend compte simplement de cinq ou six Moi alors qu’un être humain peut en avoir cinq ou six mille “.

    Vous pouvez bien choisir la facette que vous voulez, il n’en reste pas moins que chaque personnalité échappe à une définition précise et véritable.
    A moins de s’en tenir à des traits de caractères stéréotypées.

    Du style :
    Lui, c’est un queutard, elle, c’est une salope.

    Décrire une personne nécessiterait un long texte composé de proposition dont on pourrait admettre qu’elle ne sont pas contradictoires, ce qui déjà, en soi, pose un problème de crédibilité du portrait.
    Or un mathématicien, expert en logique formelle a prouvé qu’un exposé logique d’une certaine longueur pouvait faire l’objet d’un nombre infini d’interprétations.

    Traduttore = traditore

    Une seule proposition logique, donc texte court, interprétation univoque et sans appel :
    Le traducteur est un traitre.

    Sans vanité, en ce qui concerne ce genre de traitrise, je sais de quoi je parle.

  33. cheek fille

    Je suis très surprise que tant de gens soient interloqués par la phrase :
    parfois « salope » est un mot plus tendre que « chérie »

    Je suis d’accord à 200% avec cette “conclusion”, chaque mot a ici son importance et il en est un qu’il ne faut pas oublier : PARFOIS

    On est tous d’accord au sens premier, “salope” n’est pas vraiment plus tendre que “chérie” mais il est de ces “salope” et autres petits noms affectifs qui sont là pour exprimer quelque chose qui n’est en rien de l’amour mais pas non plus du sexe froid, il en est de ces mots qui veulent exprimer la complicité

    La complicité homme-femme est finalement quelque chose de rare car malgré notre faculté d’emboitement naturelle, nos cerveaux fonctionnent différemment et nos rapports humains sont souvent décalés, c’est souvent triste mais c’est dans notre nature.

    La complicité intrasèque à l’histoire résulte de plusieurs facteurs comme l’écoute d’un corps, la connaissance de celui-ci et aussi la communication entre les 2. Je n’ai pas lu le livre (mais beaucoup entendu parlé) et je pense que si Bisiou a choisi ici de décrire un rapport notamment anal et pas un simple missionnaire c’est justement pour insister sur cette complicité, sur ce lien invisible (si l’emboitement à lui seul faisait la magie du moment ça se saurait)

    Dans notre société on perçoit souvent la sodomie comme un acte entre 2 hommes ou sinon issus de la pornographie. le rapport au fondement dans les galipettes homme-femme est encore très tabou et souvent vu comme quelque chose d’une grande violence (je pense que cela violente plus les esprits que le corps mais bon) Pour ma part le vécu de la sodomie a toujours été un moment très troublant car empreint d’une très grande sensualité et d’une profonde douceur, cela a toujours été possible parce que j’avais confiance en mon partenaire et que celui-ci était à 200% à l’écoute de mon corps et de ses vibrations. Je perçois donc le sexe anal comme un instant de confiance et d’échange très particulier donc moment très enclein à la complicité. Il n’y a pas qu’un seul sexe anal (et pas qu’un seul missionnaire, une seule fellation etc.) et qu’importe ce qu’on le fait si on ne prend pas soin à comment on le fait.

    Il est courant de voir les hommes s’appeler par des noms parfois rabaissants en apparance uniquement par camaraderie comme “enfoiré” ou encore “enculé” pourquoi ne serait-il pas possible de le dire à une femme avec laquelle on partage un moment humain très intense? L’insulte n’existe que si la personne a qui ce sobriquet est destiné se sent insultée par celui-ci donc pourquoi s’insurger avec un quelconque féminisme?

    Bon ben voila Jeremie, je n’ai plus qu’à le lire et c’est de ta faute ^____^

  34. horny bunny

    fort accessoirement, on peut aussi rire au pieu, et quand mon amoureux me dis d’un air lubrique “t’aimes ça, hein, salope” (le hein est super important ça ponctue la phrase….) au milieu d’une levrette sauvage et ben tout simplement ça nous fait bien rrrigoler (et rigoler c’est a peu près aussi important que jouir), on est pas là pour se faire chier, donc non rien n’est établi, fixé, dictatisé, oui pourquoi pas salope en petit nom tendre, oui pourquoi pas la sodomie si on en a envie, tout est possible, tout est imaginable, c’est le jeu de la vie….

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