Le sexe est polytique

“D’une façon générale, les polyamoureux sont moins obsédés sexuels que les monogames, parce qu’ils ne sont pas dans la frustration. Ils savent qu’ils peuvent s’ils veulent et le sexe cesse alors d’être un enjeu crucial et angoissant pour redevenir un jeu délicieux.La suite chez Camille de rue69. Je voudrais bien compléter les témoignages, notamment en tant qu’ex-polyamoureuse (mon tout premier blog racontait ça). Mais plus tard.

À lire aussi :



  1. Monsieur Coin-Coin

    Des lapins roses…? Des lapins roses! DES LAPINS ROSES! DES LAPINS ROOOOOOOOOOOOOOOOOOSES!

    Bon OK, je vais me coucher.

  2. Tania

    Maïa, quand tu dis “ex-polyamoureuse”, c’est que tu as changé ? Parce que les femmes interviewées ont l’air de voir ça sur du long terme, voire sur toute une vie… Mais comment on annonce aux enfants (que tu ne veux pas, je sais ^^’) “non, Maman/Papa ne dors pas ici ce soir, il/elle…” a du travail ? voit des ami(e)s ? vous aime quand même ?

    Enfin, force est de constater que mon témoignage se limiterait à : “quand j’ai voulu, c’était pas possible, maintenant que ça pourrait l’être, je suis vraiment casée…”
    Et tant que j’arrive à m’épanouir dans ce modèle monogame gentiment libertin (et mon cher et tendre de même, pour au moins un mois encore), ça doit être ce qui compte le plus.

  3. éric

    En même temps si le polyamour est vraiment partagé la question de l’éducation des enfants ne se pose pas : c’est (ça devrait être) compris dans le comportement global…
    Plus “problématique” par contre pour les enfants dans la cour de récré y compris avec les enseignants :
    (“euh… t’as combien de maman, dis donc fils de p……….. ?”)
    Encore que nous sommes dans l’ère de la “famille recomposée” et donc déjà un peu pluri-parentale…

    Non, la vraie question c’est : qui garde le chien ?

  4. Talen

    Je suis purement monogame, et je suis pas obsedé ni frustré, parce que quand je veux/ma chérie veux, on le fait =O

    C’est grave docteur ?

  5. Sir IZBAK 1st

    “Ils savent qu’ils peuvent s’ils veulent”
    => Super… *Imagine le mec en train de parcourir son carnet d’adresses à la recherche d’une fille à se taper ce soir.*

    (Attention, quand on n’assume pas on est infidèle/macho/phallocrate/etc., et c’est très mal. Quand on assume on est “polyamoureux” et tout le monde est content. -_-’)

  6. Tania

    Sir IZBAK 1st : C’est déjà ce que font beaucoup de mecs, mais avec leur liste de contacts mSN… La différence n’est pas flagrante.

    Mais si les deux partenaires sont d’accord, pourquoi s’emporter autant ?
    La monogamie et la fidélité ont été de grands débats sur ce blog, il y a toujours des extrémistes pour un parti ou un autre, mais au final l’important c’est l’avis des gens avec qui on agit, pas ceux avec qui on parle…

    Et puis, au risque de faire ma fille (chiante, chieuse, etc), oui, ça change tout suivant que ce soit assumé ou pas. Je préfère un pervers polymorphe curieux qu’une sainte nitouche qui médit avec ses amis sur le pigeon à qui elle fait croire qu’elle est fidèle.

  7. Nathan

    à lire ‘Anne’ , la jalousie est quelque chose qu’elle ressent, qui lui fait mal mais garde ça en elle et l’accepte.. si c’est pas de la frustration ça :)

  8. Clem

    S’ils se sentent bien comme ça, pourquoi pas… Mais de même que Tania, je me pose la question de l’éducation des enfants. C’est pas toujours évident de ne pas avoir un foyer stable.

    A part ça, quel est le sens exact de “libertin” dans l’interview ? Echangiste, infidèle,… ? Si je comprends bien, les personnes désignées comme libertines sont des polyamoureux sans l’être ?

  9. ooh Maïa laisse nous l’adresse de ton premier blog!

  10. Nathan

    c’est celui sur yahoo ? hmhm qui veut l adresse :P

  11. Mara-Mona

    Je veux bien l’adresse!

  12. Queen

    Mouais, c’est surtout faire du tendance à partir de concepts vieux comme ma grand-mère, non ? C’est juste un libertinage plus Ally Mc Beal qu’autre chose, très Rue89 en somme :)

  13. Flo

    ‘Tain, je prends conscience que certains ne connaissent Maïa Mazaurette que par Sexactu… je dois être vieux ! “La coureuse de caleçons”, c’est déjà de l’archéologie/paléontologie/ethnologie.

  14. egide

    Le polyamour (le mot est très moche) bien trop évocateur de polygamie ou polyandrie), c’est l’électronique plus l’émancipation des femmes. Quand elle a son propre agenda.
    C’est parfaitement compatible avec la conjugalité, sauf que la femme a aussi sa propre vie à l’extérieur du ménage dont elle n’a pas de compte à rendre à quiconque et cette liberté ne recouvre pas strictement la sexualité.

    Cette disponibilité au monde extérieur de la femme adulte lui permet, célibataire ou en couple, d’avoir son propre réseau de sociabilité.
    Elle n’est plus obligé de s’exiler définitivement dans le milieu social de son compagnon.
    Elle n’a pas besoin de se plier à cette nouvelle coutume étrange et tellement triste de l’enterrement de la vie de jeune fille.

    Si elle a envie de sexe avec quelqu’un d’autre que son compagnon, elle n’a pas besoin de négocier sa liberté de sujet indépendant dans le cadre d’un échangisme qui compense sa disponibilité au corps de l’autre en trouvant pour son compagnon une amante provisoire qui la vaudrait et la remplacerait le temps qu’elle consacre à son propre plaisir.

    la monogamie, c’est l’exclusivité du ménage et de la famille, ce n’est pas forcément l’enfermement dans la sphère privée dont on sait bien que c’est le sort commun de presque toute les femmes au détriment de leur présence dans la sphère publique.

    Les réactionnaires ne s’y sont pas trompés, dès que cette liberté est apparu visiblement au début du XXème siècle, ils ont dénoncé avec violence la liberté de l’amour, la promiscuité sexuelle, le bisexualisme et même l’homosexualité.
    Ils réduisent la sexualité autonome et libre à une forme d’animalité dégradante. Bien sûr, la figure de l’animalité est forcément une figure féminine.

    Ils dénient toute moralité ou spiritualité à la femme émancipée. Ils oppose l’harmonie qui ne peut s’épanouir que dans le cadre d’une relation d’amour au sein d’un couple marié.
    Il est étrange de constater qu’à cet égard, les pervers les rejoignent, ceux là-même qui font commerce de la sexualité tarifée, ceux qui souhaitent à la fois un ordre social et moral et veulent à leur merci des marges isolées, coupées de toute protection afin qu’ils puissent imposer leur domination au services de leur lubricité. La face de Janus de l’ordre moral, c’est la tolérance du bordel où peut s’exercer la violence sexuelle impunie à l’encontre des personnes réduites à la condition infâme d’objet sexuel, de jouet vivant, d’animalité domestiquée dressée à la lascivité et à l’impudeur, au désamour.

  15. Pitoum

    Pis pour ceux qui cherchent le premier blog, ils peuvent bien aller commander “Nos amis les hommes”. Non ?

  16. Camille

    Merci Maïa… J’écouterai/lirai avec plaisir ton premier blog! Considères-tu comme Françoise Simpère que tu es polyamoureuse que tu aies ou non plusieurs amoureux (de la même façon que certains disent qu’ils sont hétéro ou homo indépendamment d’une personne spécifique) ou tu considères que tu as traversé une phase polyamoureuse comme qqun peut avoir eu envie d’essayer l’homo ou l’hétérosexualité?

  17. éric

    Pour les antécédants blogoïdes de Maïa, venez danser le Maïa ! ;)
    En prime vous aurez tous les liens…

    Pour revenier à l’article :

    Le “polyamour” n’est-il pas finalement un état naturel chez l’être humain voire un état premier ?

  18. Guillaume

    Bonjour Egide, j’ai été interpellé par votre commentaire qui m’apparaît comme réfléchi. A cette réflexion apparente ( le terme apparent ici n’est pas utilisé à des fins de dévalorisation par cohérence avec la première phrase), j’aimerais réagir à mon tour pour si c’est possible engager un échange d’idées dénué un maximum de tout esprit de confrontation verbale (je le précise car ma façon d’écrire laisse souvent cette impression). J’écris donc ma réflexion dans le but que si vous le souhaitez, répondiez à ma réaction afin que j’approfondisse ma compréhension de vos idées et l’enrichissement des miennes. Je commence donc :

    Pourquoi passer par la polygamie ( la polyandrie étant son penchant féminin rien de plus) pour pouvoir avoir « sa propre vie à l’extérieur du ménage » dont on n’a pas « de compte à rendre à quiconque »? En quoi la monogamie empêcherait à la femme « d’avoir son propre réseau de sociabilité »? Il me semble qu’il n’est nul question ici d’un manquement généré par l’absence de multiplicité de relations amoureuses ou de multiplicité de partenaires amoureux mais plutôt par une construction sociale phallocratique malveillante. Qu’en pensez-vous? J’ajouterais que l’obligation « de s’exiler définitivement dans le milieu social de son compagnon » ne me semble en être qu’un des corollaires probants. En effet, comment accéder au polyamour (le terme me fait aussi gentiment sourire, comme si il fallait utiliser le terme amour, chargé sentimentalement et perçu comme essence de la pureté de la transcendance humaine pour légitimer ce comportement, cette pratique) si le compagnon reste lui-même attaché aux rapports de forces induits par cette phallocratie malveillante et reste ancré dans ces comportements « épanouicides » pour sa compagne.

    Ensuite, lorsque vous avancer les avantages du polyamour dont celui où le femme ne devra plus négocier sa liberté de sujet dépendant ce qui constituerai une victoire sur les réactionnaires du XXéme, deux réflexions éclosent dans mon esprit :

    Alors que vous présentiez le polyamour comme une pratique non exclusivement sexuelle, le seule exemple concret présenté est celui du sexe. Mais vous ne l’opposez pas à la monogamie pour autant (« la monogamie, c’est l’exclusivité du ménage et de la famille, ce n’est pas forcément l’enfermement dans la sphère privée dont on sait bien que c’est le sort commun de presque toute les femmes au détriment de leur présence dans la sphère publique »). Mais en quoi assouvir ses besoins sexuels en dehors du couple réalimenterait la présence des femmes dans la sphère publique? Le polyamour selon moi ne fera que consolider cette absence car la femme ne passerait pas de la sphère privé à la sphère publique mais dispersera plutôt son potentiel de présence dans un espace intra-sphères privées en-dehors de la sphère publique. De plus, le faible présence des femmes dans la sphère publique ne serait-il pas un simple non-choix de facilité faussement inconscient de beaucoup de femmes?

    En juxtaposition à cela, il est clair que certains réactionnaires ont réduit ce que vous appelez « la sexualité autonome et libre » à « une forme d’animalité dégradante » . Mais ceux qui occupent leur place aujourd’hui c-à-d ceux qui détiennent le pouvoir (les réactionnaires ont réagi contre l’émergence de ce changement car il est évident que ce dernier pouvait mettre à mal leur pouvoir) qu’en pensent-ils? Cela me fait penser à une réflexion émise par un individu dont je ne citerai pas le nom pour éviter l’effet « On accepte certaines hypothèses proches de l’assertion en fonction de celui qui les profère » : Nous sommes passés d’une une conception de la liberté conçue comme maîtrise de ses déterminations inconscientes et domination de ses pulsions, à celle d’une liberté comme laisser-aller à la toute-puissance de son inconscient et de ses pulsions, soit son exact contraire selon l’auteur, avis auquel j’adhère. En effet, ce qui peut être appelé l’idéologie du désir, outre sa finalité consumériste, ne pourvoit aucune liberté à ses partisans car même si l’insoumission à ses déterminations inconscientes et la domination de ses pulsions étaient l’adage de l’institution du siècle passé afin de maintenir les rapports de forces de cette époque dont elle jouissait ce qui en faisait une conduite « épanouicides », actuellement l’insoumission à ses déterminations inconscientes et la domination de ses pulsions constituerait plus la liberté par une vraie transcendance permettant de dépasser son animalité pour jouir de son humanité. Mais d’où, par qui est générée cette idéologie? Il serait intéressant de prendre du recul afin qu’avance sons sens critique pour voir apparaître cette question : Quelle victoire il y a-t-il sur les réactionnaires pré-soixante-huitards à pouvoir jouir d’une «  la sexualité autonome et libre » si celle-ci n’est qu’une habile imposition du système qui subrepticement nous mange en nous trempant dans la sauce des technique de la soumission librement consentie? En simpliste, où est la liberté à pouvoir baiser à tout va en camouflant parfois cela par de la peinture sentimentale ou du papier-peint philosophique pseudo-subversif, si c’est ce que désirent ceux qui détiennent le pouvoir? Ce n’est par parce que nous en tirons du plaisir individuel dans des illusions de liberté que nous nous sortons d’une certaine forme d’animalité, correspondant à mon sens à l’onomatopée « Bêêêêê ».

    De plus le fait « qu’à cet égard, les pervers les rejoignent » ne constitue pas un argument en soi car un groupe aux convergences d’intérêts à ceux de nos ennemis, car n’en font pas leurs amis de nos ennemis. Et même si c’étaient le cas, les mais de nos ennemis ne sont pas inéluctablement nos ennemis ou du moins pas pour les même raisons. Je terminerai en ajoutant que s’indigner de la réduction d’individus à la condition de jouets sexuels devrait être mise en confrontation avec la complaisance dans l’acceptation d’être réduit à des objets consommateurs qui sont co-responsable de cette réduction sexuelle par le jeu de l’occultation de l’intérêt collectif ou de l’évitement de la souffrance de l’Autre pour le plaisir individualiste.

    J’espère que ne pas même montré trop imbu de ma personne par un style ampoulé ou alambiqué et que mes propos ne vous apparaîtront pas comme des élucubrations d’un individu animé uniquement par la frustration ou avide de sentiment de supériorité mais susciteront
    bien chez vous l’envie de me répondre en vue d’une enrichissement si possible mutuel. Si vous le désirez je peux vous donner mon adresse mail pour continuer, dévier notre possible discussion dans d’autres cadres si tel est votre souhait.

  19. Clément

    Bonjour,

    Je ne suis pas d’accord avec les personnes déclarant que le “polyamour” est un état logique, non socialement entravé, et finalement naturel de l’être humain.

    C’est peut être une réalité pour certains, une possibilité vécue / subie (on a tous été victime ou bourreau dans une relation multiple cachée), mais je refuse de croire que ce soit un état totalement naturel.

    En ce qui me concerne, je suis quelqu’un d’exclusif, une fois amoureux, je ne veux que cette personne là, et si j’en viens à sombrer dans l’adultère, l’histoire initiale meurt instantannément.

    Je suis un monoamoureux, c’est comme ça que je me sens le mieux. Et c’est mon état naturel.

    Ensuite, Anne sur Rue89 dit “Les questions sur la réalité de l’amour sont les plus blessantes”. Je comprend qu’elle se sente blessée, mais, comme dit plus haut, ce “polyamour assumé” pose une vraie question d’organisation.

    Je suis curieux : avec 3 mecs, comment fait la demoiselle pour s’organiser? N’a-t-elle pas envie, finalement, de passer plus de temps avec l’un qu’avec l’autre? Les plus délaissés ne deviennent pas simplement que des amants charnels? Elle dit qu’il n’y a pas de hiérarchie, mais de fait, il y en a toujours, ou alors elle organise un ménage à 4 avec un roulement scientifique des messieurs.

    Bref, curiosité d’organisation qui ne me regarde pas.

    Egide, malgré ta loquacité et des arguments recevables, ce n’est pas un modéle naturel pour chacun.

  20. éric

    Tout ça pour ça :
    « De plus, le faible présence des femmes dans la sphère publique ne serait-il pas un simple non-choix de facilité faussement inconscient de beaucoup de femmes? »

  21. Guillaume

    Tu as raison éric j’aurais dû rajouté un “aussi la conséquence de” pour donner « De plus, le faible présence des femmes dans la sphère publique ne serait-il pas aussi la conséquence d’un simple non-choix de facilité faussement inconscient de beaucoup de femmes? »

    Merci de le remarquer, même si je ne parviens pas à percevoir l’aspect constructif dans la forme et dans le fond de ta remarque mais cela n’en était peut-être pas l’objectif et c’est là ta plus stricte liberté.

  22. Sir IZBAK 1st

    Je vais encore passer pour le méchant (ou l’abruti) de service, mais quand on a écrit un pavé d’une centaine de lignes (je n’ai même pas eu le courage de lire ce truc énorme, ça parle de quoi, SVP?), puis qu’on ajoute 7 lignes pour une réponse qui a priori ne clarifie rien à la tournure de phrase citée précédemment, ni n’en atténue la portée, je doute qu’il soit pertinent de critiquer un quelconque manque d’ “aspect constructif” dans la forme du message d’un autre.
    Mais je peux tout à fait me tromper.

  23. Guillaume

    Je comprends ce que vous exprimez mais je n’ajoute pas 7 lignes mais j’en modifie une seule. Cette modification n’en atténue pas la portée pour vous. De plus, je ne cherchais pas à la clarifier.

    Pour terminer, faut-il être mince pour pouvoir dire à quelqu’un qu’il est gros? Je ne le pense heureusement pas.

    Enfin, cela relève du détail selon moi.

  24. Lapin Salinge

    @Flo : +1.
    Et à part ça les rhumatiss’ ça va ? ;)

  25. egide

    @Guillaume

    Il me semble que le terme polyamour laisse accroire qu’il n’est qu’une variante pluri-game, une modernisation comme concept ou tendance sociétale qui réactualise le fait d’avoir plusieurs amant ou amantes. La vraie nouveauté résiderait alors que des femmes revendiquent d’avoir ce comportement plutôt connoté comme une expérience de la masculinité presque son apanage.

    J’infirme cette interprétation en préférant l’expression sentimentalité complexe à polyamour. La sentimentalité n’exlut pas la sexualité mais la dépasse aussi. L’attrait subjectif entre des personnes peut être sentimental, amical intellectuel, sexuel, etc … Cela évoque plus un réseau de relations intimes ou l’eros n’est jamais très loin. Cela n’exclut pas la vie commune avec une autre personne en couple monogame.
    La sentimentalité complexe n’est pas une forme nouvelle de conjugalité.

    La norme admise en matière de couple, c’est le couple hétérosexuel androcenté. Sans être forcément phallocratiquement malveillant , ce modèle social de la conjugalité consacre la primauté du masculin plutôt actif à l’extérieur du ménage tandis que la femme se consacre à la sphère privé et familiale même s’il elle travaille. Mais son emploi est souvent considéré comme secondaire. Les couples qui ne sont pas androcentré sont encore une faible minorité mais ils existent

    L’amour, les sentiments affectueux, la tendresse n’ont pas à voir avec leur version kitch popularisée par la romance et les revues féminines sont à prendre comme l’expérience concrète et difficile de l’altérité dans un rapport d’égal à égal. Cela n’a rien à voir avec la pureté ni avec une quelconque transcendance. la sentimentalité ne se légitime que par la sublimation dans le rapport à soi de l’étrangeté non inquiètante de l’autre.

    Il n’y a pas d’avantages à la sentimentalité complexe sinon celui de l’exercice d’une certaine liberté et de l’acceptation d’une forme d’instabilité assumée qui nous ouvre la possibilité d’être transformé par l’altérité vraiment acceptée.

    la sexualité n’est qu’un des possibles de la sentimentalité complexe. Si la sexualité des femmes devient un comportement socialement acceptable en dehors du schéma conjugal et de la vénalité, alors cela impacte leur perception dans la sphère publique.

    La discrète présence des femmes dans la sphère publique, c’est le choix conscient de la gestion du risque d’agressions et de violence à leur encontre qui explique les stratégies d’évitements et de dédramatisation de la plupart des femmes.

    C’est aussi la censure de leur parole, le refoulement de l’expression de leurs désirs, l’hostilité à leurs ambitions, la réification de leur sensualité.

    En aucun cas, la sentimentalité complexe ne peut s’exercer dans le dérèglement des pulsions.

    En général, l’improvisation dans les situations à connotations sexuelles établies conduit à reproduire des scénarios stéréotypés où chacun “connait” son rôle et peut anticiper le comportement d’autrui. Cela rassure et facilite la rencontre, dédramatise l’acte sexuel, parfois au prix d’une moindre appréhension de l’autre.

    Les scénarios les plus communs de la rencontre sexuelle sont pris en charge par le partenaire le plus dynamique. Les femmes émancipées et désirantes prennent souvent la maitrise de déroulement de la rencontre et c’est loin d’être déplaisant. Cette libéralisation et cette démocratisation qu’on appelle parfois libertinage ( je ris), c’est le nouvel ordre amoureux. C’est quand même un vrai progrès.

    Animalité versus humanité, c’est très corps versus esprit, principe de plaisir versus principe de réalité etc …

    Plaisir de la chair et plaisir de la sublimation dans une sentimentalité exclusive le plus souvent, nomade quelquefois, complexe plus rarement.

    La liberté de baiser à tout va, c’est ni bien ni mal, ni subversif ni aliénant, ni fou ni sage.
    C’est risquée si on ne prend pas de précaution pour se protéger, surtout pour les femmes hétérosexuelles et les homosexuels.
    C’est souvent se chercher, c’est souvent connaitre les ambiguïtés de la dominance, c’est souvent décevant.
    C’est quelquefois triste, ennuyeux, désolant, humiliant.
    C’est quelquefois radieux, charmant, aventureux, joyeux.
    C’est amer. C’est doux. Les deux à la fois.

    Pour clore ce très long commentaire, la sentimentalité complexe est une attitude post-moderne portée par des femmes. C’est une forme d’indépendance dont l’objectif est la réalisation de soi dans la proximité de l’autre.

  26. thomasfromparis

    > Guillaume : tes pavés dans un style pour le moins ampoulé sont non seulement indigestes, mais sentent en outre la pédanterie à plein nez ; exactement l’effet que tu craignais.
    Ce n’est pas pour être désagréable, mais un minimum de concision rendrait ton propos plus lisible.

    Ecrire concis, leçon 1 :
    “Bonjour Egide, j’ai été interpellé par votre commentaire qui m’apparaît comme réfléchi. A cette réflexion apparente ( le terme apparent ici n’est pas utilisé à des fins de dévalorisation par cohérence avec la première phrase), j’aimerais réagir à mon tour pour si c’est possible engager un échange d’idées dénué un maximum de tout esprit de confrontation verbale (je le précise car ma façon d’écrire laisse souvent cette impression). J’écris donc ma réflexion dans le but que si vous le souhaitez, répondiez à ma réaction afin que j’approfondisse ma compréhension de vos idées et l’enrichissement des miennes. Je commence donc : ”
    => Salut Egide,…

    Ecrire concis, leçon 2 :
    “J’espère que ne pas même montré trop imbu de ma personne par un style ampoulé ou alambiqué et que mes propos ne vous apparaîtront pas comme des élucubrations d’un individu animé uniquement par la frustration ou avide de sentiment de supériorité mais susciteront bien chez vous l’envie de me répondre en vue d’une enrichissement si possible mutuel. Si vous le désirez je peux vous donner mon adresse mail pour continuer, dévier notre possible discussion dans d’autres cadres si tel est votre souhait.”
    => si tu veux, on en discute par mail ?

    etc…

    À part ça, tu voulais dire quoi, sur le fond ?

  27. Sir IZBAK 1st

    Waow, t’as eu le courage de lire le pavé pour en tirer des exemples?

  28. Grande

    J’ai le sentiment d’être dans la situation opposée à celle de Maïa. J’ai été très monogame jusqu’à récemment, et je me découvre différente. En même temps, ce mot “polyamoureuse” me casse un peu les bonbons, parce que c’est un mot contemporain qui décrit quelque chose qui selon moi existe depuis bien longtemps, non ?

    En lisant l’article de rue89, ainsi que sexactu tous les jours, je réalise que la sexualité des femmes aujourd’hui est plus simple, plus épanouissante comparée à celle de nos grands-mères, mais aussi plus compliquée, en tout cas plus complexe, parce que cette liberté sexuelle, il faut savoir la gérer.

    Bref, en tout cas, tout ça pour moi est nouveau, vivifiant, assez libératoire. Il était temps.

  29. thomasfromparis

    >Sir IZBAK 1st : non, juste l’attaque et la chute : )

  30. Queen

    Attends attendez : égide a dit :

    “La liberté de baiser à tout va [...] c’est risqué si on ne prend pas de précaution pour se protéger, surtout pour les femmes hétérosexuelles et les homosexuels.”

    Mais WTFFF ????

  31. egide

    @queen

    fuck it
    Les deux mots les plus polysémiques au monde dans quelque langue que ce soit

    fuckity
    La vacuité post-moderne & urbaine.
    Ça me va !

    jackass aussi (jean-foutre)
    Le pseudo d’Hamlet à Eastend, que le fantasme étreint.

  32. Maïa Mazaurette

    Camille -> Je pense que je suis tombée très très amoureuse il y a cinq ans, mais au fond du fond, je ne suis pas monogame. Pour moi la monogamie, c’est tout simplement un mode de relation génial à court terme et compliqué à long terme. Donc je ne rejette pas, mais je ne suis pas non plus convaincue par l’idée d’un unique amour de la vie. Enfin ça mérite un long article (comme le tien) !!

  33. horny bunny

    @thomasfromparis: avec concision: merci! Tu m’ôtes les mots de la bouche (et ce n’est pas mon habitude)….

  34. horny bunny

    A propos du sujet de fond, je conçois aisément que toute amoureuse qu’on soit on peut éprouver du désir/ des sentiments/ de l’attirance à divers degré pour un/une autre…
    Je l’ai déja expérimenté.
    Le Hic c’est que je n’arrive simplement pas à ne pas souffrir que mon partenaire fasse de même (suis je trop possessive/ castratrice/ conformiste????). A l’instar de Catherine Millet qui après s’être enfilé la terre entière narre maintenant les affres de la jalousie qui la hante désormais, cela me rends simplement malheureuse…. et en fait oui ma vie sociale n’est pas synonymes d’orgie sexuelle, et découverte: non cela ne me manque pas finalement…
    après chacun se construit comme il le peut/veut sans idée préconçue ni schéma préformaté…
    je suis juste un peu agacée par le caractère “hype” de cette nouvelle tendance si mode avec ce nouveau nom si grotesque pour nommer quelque chose qui a toujours existé (et ma grand-mère en parlerait mieux que moi)….

  35. Guillaume

    Merci pour cette réponse égide. Je la trouve enrichissante. Je ne prendrai le temps que pour vous poser une autre question :

    En quoi cette attitude post-moderne portée par des femmes constituerait une forme d’indépendance dont l’objectif est la réalisation de soi dans la proximité de l’autre si elle est, je le répète subrepticement imposée par un système qui l’inscrit dans un processus planifié à finalité consumériste?

    Ma question porte donc plus sur la légitimité à avancer cette attitude comme un exercice de la liberté (ou plutôt d’investissement du sentiment de liberté mais là n’est pas la question) alors qu’elle est désirée et mise en œuvre par Eux pour des objectifs qui ne sont en rien ceux à Elles. Qu’en pensez-vous?

  36. Queen

    @egide : wah. Si tu veux, tu peux m’expliquer en trois autres lignes, parce que là j’ai du mal à saisir le sens de ta réponse. Mais j’en saisis la pédanterie, ça oui !

    Ma question est : pourquoi hiérarchiser les risques ? Je sais bien que les muqueuses n’ont pas la même porosité, mais est-ce justifié de dire ce genre de choses ? Ca me rappelle un article de Marianne, qui disait texto : “le viol est qqch de très grave, surtout quand il touche femmes ou enfants”. Mais putain, comment on peut laisser trainer ça ?! Ou bien je suis fou, et seul à penser ça ?

    Sinon, ma réponse sera :

    Ubiquité, baudelaire les temps sont durs, durs roxane et cyrano, ubiquité protozoaire. J’espère que t’as cerné l’idée.

  37. egide

    @Queen

    Désolé, j’ai abusé de l’allusion et du jeu de mot même si c’est de l’auto-dérision.
    je réfute pédanterie mais j’accepte pontifiant (chiant et ennuyeux), j’essaye de me corriger.

    Je ne suis pas geek, pas technicien de rien de technologique, je maitrise, un peu seulement, l’artisanat du langage. Après tout, je suis littéraire et à peu près rien que ça, donc je cite.

    C’est du banditisme, j’en conviens, je tente de dérober des convictions (Walter Benjamin à propos de l’usage immodéré de références)

    jackass (cul de Jacques) est un anglicisme qui correspond à notre jean-foutre synonyme de dilettante vaniteux, d’amateur qui s’y croit, mon auto-portrait en quelque sorte.
    et puis le jeu de mot jacasse jackass jacasser = bavarder pour ne rien dire. ce qui est aussi une forme de dérision de soi.

    Jackass pseudo de Hamlet, un déclassé qui vit dans un quartier de Londres réputé populaire et propice aux rêveries libidinales de ce type pas très clair.

    Eastend à l’époque Victorienne est un quartier londonnien très pauvre qui fait fantasmer sexuellement la bourgeoisie anglaise, c’est le terrain de chasse de Jack l’éventreur, ce trou du cul de l’enfer. (Je m’enfonce)

    Plus sérieux. Oui, il y a une échelle des risques. C’est une réalité désagréable j’en conviens. Autant ne pas se cacher les faits :
    La sociabilité est beaucoup plus risquée pour les femmes que pour les hommes et parmi les hommes pour les homosexuels.

    Les femmes subissent le sexisme et leur objectivation du désir des hommes. (les homosexuelles subissent le sexisme et la lesbophobie qui les ghettoïsent)

    Les homosexuels subissent l’homophobie qui les marginalisent et une objectivation du désir d’autres hommes dominateurs et hypocrites (genre feu Jörg Aider, néo nazi autrichien).

    Dans ces deux “populations” au sens sociologique du terme, des individus souvent plus jeunes et vulnérables, un peu immatures aussi, adoptent des conduites risquées qui les mettent à merci des profiteurs qui les abusent.

    Si on ne les incitent pas à se protéger lors des rapports sexuels qu’ils ont avec des inconnu(e)s, sans pour autant faire de la morale ou vouloir guider leur conduite, lors des échanges très libres qui ont lieu ici, c’est un peu dommage.
    Sans doute des personnes très jeunes lisent ce blog.

    Souvent les déclassés jouent de l’hyper-référence. je fais comme eux.
    ( Georges Orwell, Lovecraft, Despentes, Debord, Chloé Delaume, Rimbaud, Patty Smith, Raymond Carver, John Coltrane, Christine Angot, Françoise Sagan, Violette Leduc, Mireille Havet, Simone Weil …) C’est une bonne compagnie de tricheurs invétérés.

    J’allais oublier le grand ancien, 4 siècles déjà, William Shakespeare. Dont les déboires amoureux avec une jeunette brune qui le faisait enrager et crever de jalousie mais à laquelle il était complètement soumis, incapable de se révolter, méprisable d’indignité et de lâcheté. C’était quand même lui le salaud, il est obsédé de la baiser quand il le pouvait. Ça le rendait fou. Malade, mélancolique, désabusé, dégouté de la chose sexuelle, il se haïssait de sa propre vénalité. Il n’a reculé devant aucune bassesse pour se la faire tant qu’il a pu et qu’elle l’a voulu.

    Voilà, ce sont mes ombres chères, la seule manière en parlant d’eux de me dire un tout petit peu, sans impudeur. C’est ma façon de témoigner du désir d’une chose (Pasolini).

  38. Sir IZBAK 1st

    En effet, tu es littéraire… Parce que je crois bien que Queen te demandait une explication “en trois autres lignes”… :|

  39. Queen

    Tous tes arguments sont intelligents mais… est-ce une raison pour le dire !? Ne crois-tu pas qu’il y a un risque à ce que certains y lisent “les hommes n’ont pas de vrais risques, donc il peuvent se lâcher la bite” ?

    Voila, c’est surtout ça ma question… Qu’il y ait une hiérarchie des risques, sociologiquement ou médicalement, oui. Mais le dire de cette façon me parait dangereux… Tout comme il a été dramatique de répéter que le sida était une maladie homosexuelle, pour constater que les femmes hétéro représentent maintenant la moitié des contaminations… A mon avis, les deux sont liés.

  40. egide

    @Queen
    les hommes n’ont pas de vrais risques, donc il peuvent se lâcher la bite
    C’est pas un peu ce que nous faisons, nous lâcher la bite dès qu’on le peut ?
    J’ai plutôt l’impression que les partenaires nous la mettent la capote.
    Spontanément, combien de nous en trimballent des préservatifs adaptés à leur pénis, au cas où ?
    Si on vous lit, on pourrait comprendre que les hommes représentent LE vrai risque pour leurs partenaires. Je n’en suis pas là, quoique !?!
    Je pense qu’il faut le dire, évidemment le moins maladroitement possible et je vais revoir comment je communique sur ces problèmes.
    Plus la parole circule sur les pratiques sexuelles, mieux c’est (s’il est vraie, loyale sincère et bien informée). Je crois.

    @Sir IZBAK 1st
    La brièveté condense la pensée. Risque d’illisibilité.
    Je sais pas faire comme vous “parler” naturellement avec peu de phrases courtes.
    Et puis, je n’ai pas tous vos codes, vos références.
    wtfff ça m’a pris 40 mn de recherche pour comprendre ce que ça voulait dire et dans quels contextes on utilise cet acronyme.

    Mais j’essaye d’apprendre. Je reconnais que vous êtes patients

  41. Nathan
  42. egide

    @ Guillaume. La sentimentalité complexe dénomme des expériences de femmes qui sont émancipées. Comme elles sont plus affectives et intelligentes, elles ajoutent leur propre fun lors de relations plus variées. Elles jouent leurs scénarios à elles et se prètent moins aux stéréotypes masculins du désir.

    Je crois que plus que les hommes, elles acceptent moins la fatalité de l’homogamie (qui se ressemble s’assemble), enfin certaines.

    Ce qui est nouveau, c’est qu’elles en parlent, qu’elles l’écrivent, ce mode relationniste ouvert sur le même monde que celui des hommes.

    @horny bunny
    Hype la sentimentalité complexe ? Je ne crois pas que ce soit un produit commercial même si on en cause, c’est pas une pratique sexuelle ni même un mode de vie.
    Est-ce si vendable les complications de cultiver un réseau sentimental ?
    Je n’ai pas l’impression qu’il y a une injonction sociétale à vivre ainsi l’intimité.
    La tendance, c’est l’expression extime, je dis ce que fais, enfin pas tout, cette “extimité”, c’est une forme de valorisation, c’est aussi une manière de s’évaluer. C’est le contraire du désordre. C’est en quelque sorte une normalisation de la dédramatisation de la sexualité.
    Pour les femmes la virtualisation de la communication, c’est beaucoup moins dangereux pour elles que leur présence dans l’espace public.
    Pourquoi se gèneraient-elles ?

  43. Queen

    La brièveté accompagnée de la précision ne condense pas la pensée ! Elle la rend même plus lisible ! Mais bon. Encore une fois, tes arguments sont justes, beaucoup d’hommes agissent comme ça, mais je ne crois pas que ce soit une bonne chose ;)

    Et pour les “wtf” et autres “lulz” et “can i has”, t’en fais pas, moi non plus j’y comprends rien… Mais bon, de temps en temps, ça fait du bien d’en placer un. Pour faire comme… Bravo d’apprendre en tous cas, un jour tu pourras résumer Kant en photos de chats… La vie internet est une longue marche vers l’éphémère !

  44. Cachou

    @egide:
    Même si c’est long, te lire est très souvent agréable et instructif… Continue ! ! !
    :)

  45. Cachou

    @egide:
    J’ai aimé lire le passage concernant William Shakespeare. Combien de temps a duré cette liaison avec sa brunette? Comment cela s’est il terminé?

  46. Snorkette

    Franchement, sans rentrer dans ce débat, je trouve que ça a un petit côté marrant, être obsédé sexuel (je ne dis pas que je fantasme sur les gros satyres, hein, et je ne parle pas non plus de la maladie psychique).

    Bon, disons que ça donne un truc sympa à penser tout au long de la journée ! C’est idiot, mais la frustration est un moteur.

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