Un spectacle de danse avec des godemichets. Un article. Des interrogations. “Jusqu’où est-on prêt à aller pour avoir des sensations fortes ? Quelle confusion se joue entre le spectateur et le voyeur ? Comment résister au flux pornographique qui irrigue la société ? Le passage à l’acte est-il le signe d’une bascule artistique déréglée ?” Des fois quand je lis Le Monde, j’ai l’impression de vivre au XIXe siècle. D’ailleurs je n’ai pas encore réussi à définir laquelle de ces questions me donne le plus envie d’arracher le visage de la journaliste à coups de dents (sans doute à cause de ma bascule éthique déréglée).
Brèves
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Vrac #78
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Des préservatifs pour les 12-14 ans. Un Kamasutra olympique. Des mots qui font mal. De la masturbation féminine. Des pubis en diamant. Une vidéo amoureuse. Un résumé sur l’orgasme féminin qui dit que 25% des… hommes simulent. De l’amour pour les geeks. De l’amour véritable et linguistiquement pur. Des hardeurs NSFW-18. De bien beaux fétiches. Oubliez l’élargissement de pénis, pensez rétrécissement du vagin. Ah tiens du pornespionnage. Enfin, je veux ça pour décorer mon appartement.
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La gravité n’existe pas
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American Apparel cherchait les plus belles fesses du monde : voici les gagnantes. Le boyfriend est en train de me convaincre que les miennes ressemblent exactement à ça, j’hésite entre sortir en slip ou arrêter immédiatement le beurre de cacahuète. (Pourquoi je poste un truc aussi anecdotique ? Parce que je trouve ça joli. Voyeuriste, certes, mais ma dark side pense quand même, waou, que voilà de jolies fesses qui mettent de bonne humeur.)
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L’aventure intérieure
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“Pourquoi croyez-vous qu’on vous tape sur les fesses, qu’on vous tire les cheveux, qu’on donne un coup de reins plus fort ? C’est pour obtenir une contraction.” Ah boooon ok je pensais que c’était pour stimuler mon cuir chevelu gras. Bref : allez lire sept pages de témoignages instructifs (entrecoupées de pub qui te sautent au visage) sur le site de Marie-Claire pour découvrir “ce qu’ils ressentent quand ils sont en nous“. Une question tellement évidente que je me demande pourquoi je ne l’ai jamais posée ici. Comme quoi, hein, se faire tirer les cheveux, ça attaque le cerveau.
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Balle dans la tête
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Un peu d’imagination, des poupées gonflables, et hop. Via Sex&Blo.gs.
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MTV sous acide
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A quoi ressemble la beauté quand la chirurgie plastique nous permet de faire n’importe quoi ? Des cheveux lisses, des yeux de Marie-Madeleine, des seins et pectoraux gonflés, des lèvres-pneus : une sursexualisation. Si la beauté sert à se reproduire, ce choix uniforme devient logique même si paradoxal – renoncer au naturel pour accomplir un (prétendu) “destin naturel”.
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26 Nov 2008 à 19:01
Je ne pense pas que remettre en question l’apport du godemichet à cette danse soit signe d’un esprit réac. Ce n’est pas parce qu’on dit que cette représentation est pornographique plutôt qu’artistique et qu’elle ne se justifie pas qu’on est contre la liberté sexuelle de chacun etc.
Enfin bon personnellement je n’ai pas vu cette danse alors je ne peux rien dire, je suppose que tu l’as vue et que tu as tes arguments pour penser que ce choix se justifie. Je revendrai râler si je vois ce spectacle ;)
26 Nov 2008 à 19:07
Maïa, je ne sais plus dans quel article tu renvoyais avec raison les “juges à leur propre obscénité”… une de plus !
26 Nov 2008 à 19:15
J’ai rien vu du tout. Mais parler du spectateur-voyeur, ou de bascule artistique déréglée, ça m’éneeeeeeeerve. De toute façon aujourd’hui je suis énervée (faut que ça se sache).
26 Nov 2008 à 19:36
“Pâquerette, de Cecilia Bengolea et François Chaignaud. Les Inaccoutumés, Ménagerie de verre, 12-14, rue Léchevin, Paris-11e. Mo Voltaire. Jusqu’au 27 novembre. 21 h 30. Tél. : 01-43-38-33-44. De 10 € à 13 €.”
10 à 13 euros pour une séance de porno en direct c’est pas cher, pourquoi ils se plaignent chez le monde ? On parie combien que la moitié des journalistes masculins et quelques femmes vont aller voir cette représentation par simple “CURIOSITÉ” (ahaha ^^)…
J’pense qu’il doit etre interdit de sortir le zozio du pantalon par contre … esperons que la salle soit assez sombre pour permettre à certains monsieurs de se faire plaisir ^^…
Quant à l’art en lui même, je doute qu’il soit présent dans ce spectacle.
Autant un nu c’est de l’art, autant un film porno, ou une “danse” avec “objets” je ne considère pas ça comme de l’art. Pourtant je regarde des films pornos, je me suis touché devant des films pornos, mais jamais ô grand jamais je ne mettrais j’estimerais que c’est de l’art (au même titre que plus belle la vie ^^).
Je pense que ce reporter a été choqué dans tout son éducation judéo-chrétienne prude et anti-pornoviolence, au points qu’il a écrit …
-A force d’en entendre parler, on savait déjà tout (ou presque) de cette pièce à sensation censée faire danser tous les orifices du corps. Tous, sans exception !
-Le mystère entretenu au début du spectacle – rien dans l’image du charmant petit couple enveloppé dans des caftans dorés ne laisse supposer ce qu’ils ont dans le cul – est donc d’emblée élucidé.
-Cecilia Bengolea et François Chaignaud ont décidé de “rompre le consensus qui a, jusque-là, malgré tout préservé les anus de la chorégraphie”.
Trois fois allusions à l’anus dans un seul et même article … choqué le pauvre type !…
T’facon la danse c’est pour les neuneus ^^`surtout la danse contemporaine, c’est une cascade d’exerices de yoga … autant acheter une cassette de yoga au moins tu l’arrete au milieu… (j’suis allé y’a un ou deux ans avec ma classe de terminale voir une représentation à lyon de yoga … heu de danse contemporaine … c’etait long, ennuyeux, pénible) … j’ai juste admiré la capacité des danseurs à résister à la self-torture qu’ils étaient capables de s’infliger en réalisant la chorégraphie (tenir dans une position trop bizare sur un pied en bougeant le bras pendant parfois pres de 5 minutes, c’est tout ce qu’il y a de plus impressionant)… et je me rapelle avoir comparé la chorégraphe au diable, capable d’infliger des souffrances énormes à tous ces petits mortels …
Si vous voulez voir autre chose que du yoga allez au cirque, j’y ai été avec mes deux petits soeurs ça c’est autre chose ^^d’une part les danseurs se torturent pas (enfin si, mais au moins ils ont de l’adrénaline pendant les pirouettes ^^) et l’argent leur revient un peu plus ^^enfin je crois :/ …
26 Nov 2008 à 19:39
Puisque maia est énervée, alors j’en profite pour glisser mon cou de gueule…
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/25/appel-pour-les-dons-de-sperme_1122778_3224.html
Moi les dons de sperme je suis pour ! Mais si ils veulent vraiment atirer du monde, pourquoi ne pas faire comme au stats (pour une fois qu’ils ont un truc bien…) et proposer une rémuneration pour chaques dons…
Parce que moi, je le répete, je suis pour ! Mais si c’est pour avoir les poche aussi vide que les bourses… Dans ce cas, qu’elle vienne la chercher elle-même ca p’tite graine ! :-P
Au moins tout le monde en profitera…
26 Nov 2008 à 19:43
Peut être aussi que cette dévergondée de journaliste exhibitionniste voulait dire que le spectacle ne justifie pas l’insertion de godemichets, uhuh, et que les spectateurs qui viennent ne sont pas des voyeurs mais que le spectacle les met en position de voyeurisme en montrant de la pornographie et non de l’art. Et du coup elle est pas contente parce que elle aussi elle était déjà énervée parce que ce matin ses 6 partenaires ont pas voulu lui tricoter un soutien gorge en cuir et mohair.
Enfin moi j’avais compris ça comme ça d’après l’extrait… Sauf pour le mohair, ça c’est venu après.
26 Nov 2008 à 19:51
Cependant les films érotiques pourraient être de l’art à mes yeux…
Hélas ce ne sont bien souvent que des films pornos où on cache le zizi … enfin ceux que j’ai vu sur M6 quand j’etais jeune (et en dessous de l’age écrit en bas à droite de l’écran mais …. j’assume ^^`) …
Ma pensée c’est qu’il est dommage de gacher une bonne intrigue si la personne qui regarde a envie de “sortir sa bite pour la secouer” (j’ai le droit de dire ça ^^maya a bien donné un lien pour un site de cul avec comme seul truc à faire clicker sur play haaaan) et que rajouter de l’intrigue, un scénario bien cloué sur un film porno n’est que pour détourner le moment fatidique du pougnage.
Chaque chose à sa place; le porno c’est là pour se toucher. l’art à là pour se divertir.
26 Nov 2008 à 19:51
Salut !
Je viens de découvrir ton blog et il a filé directement dans mes flux rss ! Première réaction du coup :
Je suis tout à fait d’accord avec toi d’un point de vue général : il est où le problème ? Bon ok, les critiques négatives comme positives sont très attendues dans le milieu artistique, mais apparemment cet article a l’air assez conservateur… Un gode, c’est pas une croix gammée exhibée, et je suppose que ce spectacle n’est pas non plus une ode à la pornographie pédophile sadomazochiste nécrophile… Pas de quoi être si radical à mon avis…
Bonne continuation, j’adore ce que tu fais !
26 Nov 2008 à 22:09
Fleur post-moderne
Citations :
un spectacle, dont chaque seconde, chaque gonflement, chaque percée, dont chaque silence pervers, couleur amoureuse, saut dévoué, gelée exécutive, voix portée étranglée [ ...] chaque geste sera écrit et dédié.
ipâquerette
ballet rudimentaire en trois actes pour lampes, trous et vaselines
de françois chaignaud
Une scène de répétition de Pâquerette :
http://tinyurl.com/5qqbk3
Pourtant Marcel Duchamp l’avait écrit :
le regardeur fait le tableau
le spectateur vivant le spectacle vivant
Mais la journaliste stupéfaite n’a vu que les dildos plantés dans les culs. C’est tout.
Dildo = porno ≠ art
La seule métaphore de la chorégraphie lui échappe tellement elle est scotchée au signifiant.
A ce point d’aveuglement, ne pas voir la continuité de l’appendice et du corps qu’il pénètre. Chaque corps, celui de la danseuse, celui du danseur, dotés d’une queue. Et ce prolongement caudale en masquant le trou paradoxalement rend “palpable” son existence.
L’évidence de la muqueuse appareillée devient une étrangeté obscène en ce qu’elle cache sa signification élémentaire, triviale, par son exposition provocante au préjugé de la regardeuse.
Elle en oublie la référence http://tinyurl.com/55g2p6
Et ces jeunes danseurs plus cultivés que leurs spectateurs réécrivent leur prélude faunesque.
Leur vision est minimale et post-moderne.
La chimère, être mi-humin-mi-prothèse décrit bien une forme très sophistiquée d’animalité.
La prothèse décuple nos désirs, les intensifie, elle avertit de la volonté de souffrance et de plaisir mêlés.
Mais les amateurs de danse en France ont toujours eu une peur panique de la sexualité exacerbée des étoiles, du meilleur de la danse. Le corps dansant déploie un langage.
La queue, anus caudale, en nous derrière, n’est-elle pas le signe actuel de notre animalité ?
26 Nov 2008 à 23:54
Jusqu’où on est capable d’aller pour des sensations fortes ?
Ressuciter ? Vivre avec les morts célèbres comme Jim Morrison ?
http://laurent.horus.free.fr/nanoart/index.html
27 Nov 2008 à 8:33
Pour ceux qui se demandent comment c’est techniquement possible (comme moi) voici:
http://www.fotoecken.de/com/paquerette/imagepages/image3.htm
2fré
27 Nov 2008 à 10:32
Rendre grâce au photographe qui a su comprendre les corps parlant des danseurs nus.
http://www.fotoecken.de/n/info.html
L’art est en avance quand il démontre une utopie in-violente mais mortelle qu’on peut ressentir nous-même.
Le face à face parfaitement symétrique et inverse, en miroir, l’une reflétant l’autre, chacun pénétré pareillement, insoumis.
Il se porte l’une l’autre. Dominé, dominant, dominée, dominante sans que l’une soit défaite sans que l’autre soit perdu.
La pornographie est dans le regard méprisant.
Longtemps, on a glosé pour savoir si Goya avait baisé la duchesse d’Albe dont on disait qu’elle avait posé nu pour le tableau la Maja Desnuda.
(Il faut aller la voir, elle est au grand Palais à l’expo. Picasso et les Maîtres jusqu’en 2 février 2009)
Une rumeur a couru que le modèle était une putain qui ressemblait beaucoup à la mécène amoureuse de son image d’amante.
Et la pornographie était et perdure toujours dans l’esprit de ceux et celles aussi qui contemplant la nudité ne peuvent à la fois percevoir et la pudeur qui les gêne et l’obscène qui les dérange.
L’art vivant n’a jamais rassuré, il nous laisse in-tranquille.
Ce qui a changé dans les 200 ans qui sépare la modèle et les danseurs. Ce que la première annonçait, l’altérité, les derniers nous découvre la possibilité d’une rencontre qui défait les genres.
L’art moderne a déconstruit l’œuvre d’art. Les artistes d’avant garde savaient que tous les genres de la représentation avaient perdu leurs vertus créatives.
Beaucoup des regardeurs sont encore orphelins des canons désuets de l’Académie.
L’art aujourd’hui déconstruit ce qu’il représente. Les genres mêmes des sujets ne sont plus un moyen de constituer les psychés.
La rencontre de l’altérité dans le complet dévoilement des corps du ballet ne nous épargne ni la douleur du renoncement ni la promesse joyeuse d’autre chose.
27 Nov 2008 à 11:04
ça n’a aucun intérêt… je n’ai vu que les photos postées… et je trouve que ce débat est sans fin. Chacun a le droit d’aimer ou pas. Personnellement je trouve ça inutile, sans intérêt, stupide et ça me donne envie de giffler non pas le journaliste (qui est un peu… “vieux jeu”) mais le chorégraphe qui impose ça aux danseurs et au monde. C’est d’une stupidité et d’une laideur sans non…
La sodomie est un sujet taboo pour beaucoup de gens… La sexualité également, mais pour une moindre portion de la réalité. En critiquant le malaise que peuvent ressentir certaines personnes face à ce genre de spectacle qui se veut plus happening/porno/exhib/provoc’ qu’artistique, ça ne fait pas avancer la situation. Personnellement je déteste ça. La sexualité est à chacun… la mettre en scène dans un spectacle de danse, c’est vulgaire. La danse se doit d’être un art érotique et sensuel et non pas une démonstration pronographique.
27 Nov 2008 à 11:52
vivons les sensations
arrêtons la masturbation intellectuelle
27 Nov 2008 à 12:55
@MaryLesline
En 1912 à propos du Ballet l’Après midi d’un faune.
G Calmette, critique du Figaro, scandalisé, dénonce « nous avons vu un faune inconvenant, avec de vifs mouvements de bestialité érotique »
L’érotisme de l’un est toujours la pornographie de quelqu’un d’autre.
La représentation de l’obscène dans l’art ne fait pas question.
27 Nov 2008 à 14:47
Bon, ben je vais prendre le parti contraire : je n’ai rien trouvé de choquant dans cet article.
En fait, j’ai presque le sentiment que c’est parce qu’il y a des godes dans l’histoire que tout le monde ici est choqué par la critique !
Le même article sur un spectacle plus classique serait passé inaperçu, non ?
Juste quelques exemples :
L’interrogation sur la place du spectateur (spectateur-voyeur et trucs du genre) est une constante dans l’art contemporain. Alors évidemment, lorsqu’on représente des éléments sexuels de façon frontale, ça réactive la question…
Le “passage à l’acte” qui est interrogé n’est évidemment pas le fait de s’introduire quoi que ce soit dans l’anus – dieu soit loué, on fait encore ce qu’on veut de ce côté-là – mais de le faire en public, dans le cadre d’une chorégraphie.
Mais mince, vous ça vous semble naturel, anodin, ça ne vous suscite absolument aucune question ?? C’est pas être réac que de se poser la question des limites de l’art et de ses rapports avec la réalité.
Toujours pour décaler le propos, dans les performances où le corps est mis à mal, saigne par exemple, cette même question est souvent présente…
Et enfin, une petite réponse à MaryLeslyne : je te rassure, ces deux danseurs n’ont pas été contraints par un chorégraphe à faire cela : ils ont chorégraphié eux-même cette pièce, c’est un engagement personnel. A réfléchir, donc…
27 Nov 2008 à 14:53
Ouaip ben pour une fois je ne suis pas d’accord avec Maia.
J’ai vu, lu, entendu, pratiqué des tas de trucs mais ça non. Je comprend la critique du journaliste. Je ne pense pas qu’il critique l’art en général mais il se pose la question de savoir si des danseurs avec un gode dans le cul c’est interessant ou pas.
Clairement pour lui (et pour moi) non.
Que ce soit pornographique ou pas n’est pas le problème.
27 Nov 2008 à 15:00
Orlanth oriente le débat :
Non, la journaliste ne se pose pas la question, elle y répond ! Et c’est le coeur de l’article de Maïa.
Un journaliste n’est pas un directeur de conscience…
C’est au lecteur/spectateur de répondre.
27 Nov 2008 à 17:48
@Gaël
Le passage à l’acte exclut d’emblée toute métaphore et
le spectateur s’y confronte directement sans possibilité d’interprétation, sans trouver une intention de l’artiste.
Je maintiens que dans ce ballet, les godemichés ont valeur d’interprétation et l’intention des chorégraphes est assez limpides puisqu’il représentent une situation de sexe alter, d’égal à égal où le portage, figure clé de la division des genres dans la danse, l’homme porte la femme, est ici alternée, chacun portant et étant porté.
Chacun est pénétré de la même façon par le dildo.
Les limites de l’art, tout le monde en parle, personne ne les a jamais aperçues.
Chaque époque a ses extrêmes. En 1912, on ne pouvait pas concevoir des danseurs entièrement nus.
Aussi les nymphe justes vétues d’une tunique légère avec rien en dessous et Nijinsky dans un vêtement si collant à la peau, on trouvait cela très inconvenant et d’une incroyable violence érotique.
(Cela n’empêchait pas d’aller au spectacle des exécutions publiques des condamnés à mort)
L’obscène dans l’art est un acte d’auteur. En quoi, l’art s’interdirait d’interroger la pornographie ?
L’obscène dans la pornographie n’est pas de montrer crument l’acte sexuel. Il réside dans le fait de montrer surtout des rapports de possession et d’érotiser la dialectique de la domination et de la soumission, toujours avec le même point vue de la division des genres, l’homme soumet, la femme est soumise lors des scènes de coïts.
La danse est un art spécifiquement sexuée et ce ballet est une tentative d’en sortir et en ce sens il trangresse la dernière convention chorégraphique pour rejoindre à l’universalité de la condition humaine.
C’est, peut-être le premier ballet “féministe” de la scène contemporaine ou du moins une approche utopique de la rencontre d’égal à égal des nudités et de la virtuosité des corps.
27 Nov 2008 à 18:23
egide, je suis relativement d’accord, mais il me semble que mes propos ont été mal compris : personnellement je n’ai absolument rien contre l’interrogation de la pornographie par l’art ! Bien au contraire, puisque je le fais moi-même dans ma pratique artistique.
C’est juste que cette critique me semblait… vide, en fait, sans vraiment de motif de s’énerver.
Quant au porté, il n’est tout de même pas rare, heureusement, de voir des femmes porter des hommes. A t’entendre on croirait que cette pièce est la première qui se permette de renverser cette division traditionnelle des rôles.
En revanche, un gode dans le cul de chacun, là je suis d’accord que ça pose de façon très nette la volonté d’égalité sexuelle, et que c’est rare, très rare… notamment dans les films porno hétéro mainstream (je pense même que ça doit être interdit par le cahier des charges de Canal+, ce qui compromet le principal financement d’un film X en France…).
Alors ne serait-ce que pour ça, cette pièce a un intérêt :)
27 Nov 2008 à 21:39
@Gaël Oui, vous avez raison en ce qui concerne la vacuité de la critique.
Mais, j’ai été surpris qu’elle ne se soit pas interrogée sur l’ampleur du travail de préparation de ce ballet, qu’elle a ignoré les références à l’histoire de la danse en particulier du Faune des ballets russes.
Qu’elle n’est pas fait son boulot d’interroger les intentions des auteurs par ailleurs assez facilement disponible
Bien sur des danseuses portent des hommes dans d’autres ballet, j’ai manqué sans doute de souligner l’alternance plus marquée du portage des l’un par l’autre dans u souci de symétrie d’équilibre.
Comme la symétrie des pas et des posture alors que chaque danseur est décoré du dildo.
Je n’ai pas expliqué le parti pris de refus de la transcendance de l’animalité par une discontinuité de la chair et de l’esthétique.
La nature chimérique du corps des danseurs instaure la permanence de la continuité de l’animal et de l’humanité, de l’esthétique de l’apparence virtuose, maintenant le contraste avec le maintien de la permanence de l’animalité représenté par le dildo caudale. Ce qui démarque cette chorégraphie de celle Faune, plus mythique tendant vers le sacré du désir comme in-atteignable. Et cette illustration de l’acte sexuel détourné par l’effet de l’affect des orifices dilaté mais obturé à la vue du spectateur par l’appareil à faire jouir qui retourne la fascination scopique par la dérision de de ce phallus désacralisé qui neutralise l’idée même de comparaison qui hiérarchiserait l’un à l’autre.
Avec votre propre sensibilité, vous nuancez ma proposition en restant dans le champ même de la danse avec un détachement assez visionnaire de la portée de ce ballet.
Quand à ma propre démarche très humble, elle interroge l’interdisciplinarité, le texte est pour moi traversé par les autres expressions artistiques et la danse est celle qui par infra-langage est parole tout de même qui s’accorde avec les mots du spectateur critique. Et mon approche a la faiblesse de pré-supposé la démarche des chorégraphes.
27 Nov 2008 à 22:17
« la démarche des chorégraphes » est en général élégante et chaloupée… ^^
28 Nov 2008 à 12:25
ha ha :)
Enfin, avec un machin dans l’anus, c’est plus difficile, hein…