«Quand les garçons se retrouvaient dans la cour de récré, ou pendant l’interclasse, il y en avait toujours un pour mimer une sodomie en agitant les reins dans le dos d’un copain. C’était leur façon de se saluer. Ça m’a toujours fascinée.»

Melrose, à Valenciennes et Cambrai en 1986

Libé proposait hier quelques souvenirs de jeunesse en l’honneur du film de Riad Sattouf que je n’ai pas vu (mais je compte bien me rattraper dès que je pose un orteil en France).

Ressortons donc les dossiers. Pour mon premier baiser, j’avais 13 ans. J’ai totalement fait croire à l’heureux élu que j’avais déjà embrassé avant, donc, grosse surprise avec cette histoire de langue (dont j’avais entendu parler sans trop comprendre). Mais c’est quand même passé – après tout, il suffisait de faire comme l’autre. Je ne m’en souviens pas comme d’une grosse émotion, plutôt le soulagement du devoir accompli.

Quelques semaines plus tard, je partais pour deux ans d’appareil dentaire, ce que j’interprétais comme un voeu de chasteté imposé par mes parents. Plus de bisous, donc. Mais voilà que pendant les vacances autour de mes 14 ans, un garçon populaire me touche les seins par erreur. (Comment peut-on toucher des seins par erreur ? Bah, en se jetant sur une autre meuf à coups de trampoline alors que je me vautrais la gueule en plein milieu, donc vraiment, rien de prémédité.)

Dans mon petit coeur d’adolescente, cette seconde de contact était La Preuve qu’un garçon populaire pouvait vouloir de moi (je précise qu’évidemment il sortait avec l’autre nana). Je me foutais de lui en tant que personne, mais le moment me semblait super important – l’achèvement de toute une vie. Je crois avoir passé les deux semaines suivantes à me refaire la scène dans ma tête et à me dire que voilà, le sommet de l’érotisme était atteint, je pouvais désormais passer sereinement sous le prochain bus. Je crois que réellement, si j’avais attrapé une maladie fulgurante juste à ce moment-là, je serais morte heureuse.

Comme quoi l’adolescence, c’est bien (surtout au niveau de la fermeté mammaire) mais c’est quand même mieux quand ça s’arrête.

Comme quoi les gars, si vous faites du trampoline, faites attention aux adolescentes maladroites. Vous ne savez jamais quel impact émotionnel vous pourriez générer.

(Je file en Suède pour la semaine, par pur attrait pour le vice. Le blog sera updaté en mon absence, soyez sages et profitez du soleil !)



  1. _Olivier_

    bon voyage alors :))

  2. Nicolas C

    On veut la suite de l’histoire :( :(

  3. Maïa

    Y’a pas de suite de l’histoire :) Après deux semaines je suis retournée à l’école et je suis passée à autre chose – de toute façon avec mon gros appareil dentaire, je n’espérais rien.

  4. LeReilly

    “Acmés”, c’es une faute où bien c’est fait exprès pour revendiquer ton côté toon ?

  5. Maïa Mazaurette

    LeReilly doit maintenant ouvrir son dico :)

  6. Suedoman

    Ah ben tiens, tu viens dans mon pays d’accueil, expatrié comme toi !

    Bienvenue par avance, donc ! :-D

    (et oui, tu as des lecteurs dans le monde entier)

  7. LeReilly

    Nan mais attends pour moi ACME, c’est la boite qui fabrique les boites de TNT de Vil Coyotte…

  8. RandomPeon

    Tout pareil que Reilly.
    Maia, elle préférait penser a ses seins que se marrer devant bugs bunny : (((.

  9. Régis

    le film de Sattouf te rappelle certains souvenirs, que tu aurais aimé oublier, mais non.

  10. Last Equinoxx

    Matthou > JFGI :-)

    C’est bizarre quand même. Quand des gens racontent leur adolescence, je m’y retrouve rarement. J’ai pas eu de grande histoire d’amour à l’époque mais je savais comment marchait un baiser ou une partie de jambes en l’air…

  11. Nicolas C

    J’ai particulièrement aimé le film de Sattouf… ça rend super nostalgique et tu te dis: j’étais quand même bien con à l époque et puis ça te permet de prendre du recul et de relativiser certaines situations :)

  12. JB

    J’aime bien Sattouf aussi…

    Je sors :D

  13. thomasfromparis

    J’aurais bien aimé toucher des seins à 14 ans, moi… : (

    Mais appareil dentaire + lunettes d’Harry Potter + bon élève = ceinture pendant les années collège !

  14. Snorkette

    Rah ça c’est du tag qui joue la référence subtile !

    “C’est une questiooon de pression artérieeeelleuh !”

    Ca doit bien faire des semaines que tu as posté cette espèce de daube de clip, mais l’air m’est revenu instantanément. Pourtant il me semblait avoir lu dans un magazine scientifique que notre cerveau mettait en oeuvre un processus cognitif de sélection de l’information non pertinente, mais il doit être désactivé chez moi…

    Et là je suis bien partie pour trois jour avec cette scie… Je ne sais pas si je dois te dire merci :)

  15. Loman

    en même temps baiser a 13 ans c’est un peu glauque.

  16. DrMorisset

    bon voyage.
    le film est marrant.
    si seulement on savait ce qui s’est passé dans la tête de chacun quand on avait 13 ans…

  17. Chloé

    J’vois pas en quoi c’est glauque de baiser à 13 ans.

  18. Last Equinoxx

    Chloé > À 13 ans, t’es encore un enfant, le sexe c’est qd mm un truc costaud moralement, alors pour peu que tu sois pas solide, ça peut te bousiller. Ou au moins finir ton enfance, celle qu’on regrette pendant tout le reste de sa vie pask qd mm, être un enfant c’était bien. (Je suis pas sûr que j’avais démarré ma puberté à 13 ans, alors perso, ça aurait été glauque.)

  19. Calie

    D’accord avec LastEquinoxx, j’ai détesté cette période de ma vie mais y’a un temps pour tout je pense. Faire à tout prix comme si on était adulte alors qu’on est encore dans l’enfance, c’est pas très sain dans l’absolu.
    Sinon pour revenir à la citation du post de Maïa, le fait de mimer la sodomie entre gars, j’ai des potes de près de 30 balais qui font toujours ça… C’est grave docteur ? :-)

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