Visualisons la sodomie sous son angle le plus familier. Une paire de fesses à genoux attend une pénétration étroite. On voit grossièrement des cheveux (ou pas), un dos, des cuisses et des pieds. La première chose qui frappe, c’est l’anonymat. Pas de regards échangés ni de lèvres éclaireuses, pas d’expression de visage : le face-à-face, en l’occurrence, est entre le membre et l’orifice – deux autistes sensoriels aux traits indistincts, des aveugles avides. L’un comme l’autre pourrait appartenir à n’importe qui sans que cela fasse une vraie différence dans l’acte, du moins au plan purement physique. Nous y voilà. (…) Dès lors, à condition de s’en tenir à la levrette et ses variantes, le vieil adage des vestiaires de rugby prend une validité sans précédent : un cul est un cul.

(…) Il s’agit de prévoir l’étape qui succédera au glissement de notre érotique occidentale vers l’analité. On misera volontiers sur la possibilité de voir l’androgynie du postérieur, intronisé lieu du fantasme, faire tomber les barrières artificielles héritées des morales chrétienne et bourgeoise en ouvrant, à terme, le champ du désir aux deux sexes autour de leur point de convergence commun : le cul.

La sodomie se constitue donc en fantasme bisexuel par excellence.

Karl Mengel, Pour et contre la bisexualité
Toujours chez la Musardine, l’Attrape-Corps

(Suite de l’extrait : que l’intérêt pour la sodomie soit la cause ou la conséquence de la résurrection de la bisexualité dans le champ social, il confirme le caractère illusoire de notre prétendue exclusivité. En somme, on est tous bi, et il suffit de regarder n’importe quel porno hétéro pour s’en convaincre.)

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  1. Jeremie

    Intéressant ! Autant je suis d’accord avec la conclusion, autant je ne suis pas d’accord avec l’analyse.

    Certes l’anonymat du cul en levrette est séduisant comme approche, autant il dénote un manque certain de sens de l’observation. La forme du cul de ces dames est bien différent de la forme du cul de ces messieurs.

    Ensuite, la sodomie en face à face étant tout sauf un mythe, j’ai vraiment du mal à adhéré à l’explication commode de l’anonymat sexuel pour justifier des désirs bisexuel… et puis de toute façon, pourquoi se justifier ? Les bisexuels n’ont rien à prouver après tout.

  2. dj

    Je plussoie Jérémie par rapport à la sodomie en face à face (jamais pratiqué en levrette), c’est plus facile à pratiquer (ou alors je m’y prends comme un… pied).

    Pour la conclusion, il faut nuancer le degré de bissexualité. J’avoue que pour avoir essayé les pornos bi (i.e. où on voit deux mecs qui se baisent l’un l’autre autant que la (les) filles qui sont avec), ça ne m’excite pas tellement plus, même si je trouve ça plus humain (Il y a moins de « violence » que dans les pornos « hétéro »)

  3. Creek

    Je suis du même avis que Jérémie.

    Comment cet auteur peut-il trouver cela anonyme aux connotations bisexuelles ? Je le soupçonne de n’avoir jamais aventuré son organe dans l’orifice si “étroit”.

    La stupidité de cet article me frappe, d’une part parce qu’il fait une fixette sur la levrette, oh combien moins intéressantes des positions lorsqu’on se livre exclusivement au plaisir anal (et croyez moi, j’ai pas mal d’années d’expérience en ce domaine), d’autre part parce qu’il parle d’androgeneité des fesses, hors comme l’a si bien fait remarqué Jérémie, il y a une différence on ne peut plus évidente entre les fesses de femmes et d’homme. Personne ne peut s’y tromper, et si, quand bien même, grâce à l’alcool et à des substances illicites, vous parviendrez à vous tromper, les testicules brinquebalantes de votre partenaire va vite vous ramener à la raison.

  4. Pinkilla

    Je suis évidement d’accord avec la différence entre un cul et une «cule».

    En somme, on est tous bi, et il suffit de regarder n’importe quel porno hétéro pour s’en convaincre.

    Dans les films que j’ai régardé … les filles ont souvent tendance à être bi, ce qui n’est pas le cas des garçons. Autant des filles entre elles (avec ou sans hommes à côté c’est sympa … même si c’est plus sympa avec un homme à côté) autant les mecs entre eux, ça ne m’exite pas du tout.

  5. _Olivier_

    @Creek: tout à fait ! :-)

  6. remrem

    héhé … je suis en accord total les commentaires de mes amis commentateurs qui sont eux même en accord avec le commentaire de Jeremie …
    Sérieux ! le mec qui a écrit ça dois pas beaucoup pratiquer ou alors le traditionnel touche pipi, missionnaire, douche et dodo 2 fois par semaine (dans les bonnes semaines) … j’aime toujours aimé la sodomie, mais en face à face … plus sympa, plus intense … et j’adore la petite larme qui coule au coin de l’oeil quand elle n’est pas volontaire (je déconne là)

  7. éric

    Visiblement, la route vers l’anus fondamental peine à sortir des sentiers battus… ^^

    Qu’on soit tous fondamentalement bi, why not, mais pas sous l’angle de l’indifférence… pas possible ça…

  8. bobilafrite

    Pour que l’on soit bien précis sur les différences entre XX et XY en matière de vue en levrette :D
    -question de forme
    -question de pilosité aussi
    -question de matos qui pend en dessous, cela a été joliment évoqué

    Même bourré je ne me tromperais pas! Pas que ça m’embête d’être “un peu” bi, je m’en fous, mais là je trouve ça tiré par les cheveux (en levrette donc).
    Surtout que de face ou en cuiller (bisous possibles) ça me paraît un peu casser la théorie de Karl.

  9. Tania

    Bon, je n’irai pas contredire tout le monde et prétendre qu’une paire de fesses appartenant à un corps féminin ou masculin revient au même, mais c’est pourtant la position la plus neutre ! Lors de transgenderisme par exemple, disons que ça parasite moins le fantasme !

    Donc je rejoins l’analyse, et en tant que fille un tantinet lesbienne, j’ai au contraire un très grand intérêt pour les pornos bi ! Là où, justement, les rôles de pénétrant et pénétré se mélange, grâce à ce formidable orifice anal ^^

  10. Tania

    (se mélangent, d’ailleurs, mea culpa)

  11. thomasfromparis

    N’importe quoi. Il faut vraiment être aveugle (et manchot) pour confondre un cul de mec avec un cul de fille.

  12. Maïa Mazaurette

    Je pense que l’auteur pousse volontairement un peu le bouchon, ce qui en terme de sodomie peut se comprendre :)

  13. thomasfromparis

    Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour essayer désespérément de prouver qu’on est tous bi ; )

  14. éric

    deux sexes autour de leur point de convergence

    Ça… quand deux sexes convergent ! ^^

  15. Égide

    L’indifférenciation érotique (et non pas sexuelle) existe, je l’ai rencontré.
    Presque tous, d’ailleurs même si la plupart n’ont pas réalisé ce qu’il en
    était vraiment.
    Il n’y a qu’un seul espace au monde où un cul est un cul.
    Cul de fille ou cul de garçon, c’est dans l’espace économique, qu’on ne les différencie
    guère.
    Ainsi peut-on dire que, presque tous, nous passons le plus clair de notre temps
    dans une sorte de vestiaire où un cul est vraiment un cul.

    Dans cet espace l’ordre, c’est la hiérarchie, et celui qui est supérieur a ce que
    le subordonné n’a pas, le sceptre phallique.
    Il s’agit bien d’un ordre, à la fois bien réel mais aussi symbolique et notre imagination
    a peu de place pour s’exprimer ou alors, c’est s’exclure soi-même du vestiaire.

    Dans cet espace, on encule ou on se fait enculer, mais le plus souvent et pour chacun
    on encule et on se fait enculer.

    Entre pairs et/ou pairesses, la lutte est féroce pour établir une gradation. Car on est plus
    ou moins que l’autre, une classification officieuse s’établit parfois sur des critères objectifs
    comme l’ancienneté. Le plus souvent sur des impressions d’être plus que l’autre en fonction de
    ce que les supérieurs laissent entendre.
    Et l’aspect tacite de cette hiérarchie non-officielle provoque des turpitudes d’un vice rare en
    ce qu’elle mêle si inextricablement les oppositions et les actes ordinaires du travail que la
    hiérarchie s’implique si étroitement à cette fébrile compétition, elle qui distribue alors des
    parcelles de Phallus sous forme d’espoirs toujours déçus avec l’impression idiote d’entretenir
    la “flamme” par le stress de la productivité.
    L’analité est le principe basique du rapport économique, on se fait, on est fait, on fait.
    Sodomites, tous. Actifs et passifs, tour à tour ou bien à la fois l’un et l’autre.
    Toutes les figures sont possibles.

    Et le sexe, alors ? Mais dans ces rapports de dominance, le sexe n’a pas à voir.
    Des femmes portent le Phallus. Et des hommes même affublé d’un pénis énorme, n’ont pas le
    phallus.

    D’ailleurs quelle plaisir de voir cet Hercule priapique castré du symbole d’un pouvoir qu’il
    n’a pas. Sa rage est, parfois, sans borne, qu’il passe sur le ou la nouvelle collègue juste
    émoulu(e), à peine venu(e) et qu’on va émousser sévèrement.

    L’indifférenciation érotique, c’est l’érotisation des rapports de domination-soumission, cette
    polymorphie du désir hiérarchique.
    Les vrais travailleurs et ceux qui créent subliment ça assez bien dans une vrai plus-value qui
    les démarquent.
    Mais alors, ils passent pour des ascètes sévères ou des espèces d’anges inoffensifs.

    La bisexualité c’est à dire l’indifférenciation du sexe du porteur de ce que l’on a pas est dans la
    nature même de la société du spectacle, c’est à dire, la société où tout est érotisé, mimétisé.
    L’imitation est alors poussée jusqu’au tout-même.
    Acculé(e) à ne pas se déterminer autrement que par le signifiant.

    En ce sens, on peut dire que les sociétés post-modernes ont pour norme la bisexualité.
    Notons qu’à ce stade la préférence sexuelle des uns ou des autres n’a aucune espèce d’importance.

    Ce que nous appelons morale religieuse ou idéologie bourgeoise ne nous concerne plus. Ces constructions
    intellectuelles et psychiques appartiennent à des époques révolues où l’homme était synonyme du
    porteur du Phallus et la femme, rien, privée de sceptre, ce qu’elle n’a eu de cesse de compenser, ne
    serait-ce qu’en tenant les cordons de la bourse familiale, ou bien en ayant des secrets magiques ou des
    pouvoirs occultes.

    Maintenant, c’est bien différent. On se fout bien du sexe de qui détient effectivement le Pouvoir.
    la politique est devenue éminemment symbolique.

    Or la sexualité des hommes et des femmes, heureusement tient de l’imaginaire. Comme disait Lacan, l’amour
    consiste à offrir ce que l’on a pas à quelqu’un qui le désire. Seulement l’érotisation des rapports de
    domination nous ne l’abandonnons dans les vestiaires. Elle nous imprègne et bouscule notre sexualité.
    Nous imaginons des chimères. Nous fantasmons notre partenaire en lui demandant l’impossible et notre in-satiété
    n’est jamais comblée. Nous sommes prêts à tous les carnavals, c’est à dire à toutes les inversions de ce que nous
    vivons quotidiennement. Dominés, nous offrons la domination que nous n’avons pas. Dominants, nous nous offrons avec obscénité à ceux qui symboliquement sont des serviteurs. Nous jouissons des punitions feintes que nous administrons ou que nous recevons.

    Et pour éprouver ces plaisirs là dans une société d’une permissivité inédite, à la plus haute intensité qu’il est possible, et l’accoutumance obligeant sans cesse à nous dépasser sinon nous devenons moroses, la seule transgression qui nous reste c’est de contredire notre préférence sexuelle.

    Et je suis d’accord avec le noir compagnon de M. Merlin, la figure fantasmatique qui nous fait jouir presque toutes et tous, n’est-pas, à défaut de le réaliser vraiment, de s’imaginer que nous sodomisons, ou bien nous nous faisons enculer, en levrette à genoux, la tête entre les bras, les fesses bien écartées pour laisser apparaître la violette virginale de l’anus afin qu’elle soit forcée au mieux.

  16. Antoine

    mmmh… attends….

    non.

  17. Rant

    En parlant de sodomie je viens de voir cette vidéo qui m’a beaucoup fait rire :

    http://www.youtube.com/watch?v=DV6h9N9-aGo

  18. Nonoche

    Bon, que ça cherche à expliquer que tous les hommes sont bisexuels parce qu’un cul est un cul, mettons, pour la beauté de l’art. Mais ça ne résout pas la question de ces dames.

  19. Bal Schrö

    Moi, j’avais bien aimé cette remarque du Marquis de Sade dans La Philosophie du Boudoir : « Quel être assez ennemi du bon sens peut imaginer qu’un trou ovale puisse avoir été créé par la nature pour des membres ronds !»
    (Les autres phrases qui entourent valent aussi la peine d’être lues, mais j’ai choisi de ne pas citer au complet.)

  20. Comme une image

    Effectivement, d’un point de vue strictement anatomique, il n’y a pas vraiment de différence entre un anus d’homme et un anus de femme (je passe sur les différentes anatomiques des fesses proprement dites) et les sensations procurées sont donc kif-kif. Mais réduire une relation sexuelle à la seule dimension physiologique, comme cela a été dit par moult commentateurs, c’est assez pathétique.

    Par ailleurs, un petit bémol aux propos de Creek : ce n’est pas parce que selon toi, la levrette n’est pas la position la plus inintéressante en sodomie que cet avis est partagé par tous (je concède toutefois que la sodomie en position « missionnaire » a un fort potentiel érotique aussi).

  21. Toan

    Je plussoie le fait que la levrette est loin d’être la seule position pour le sexe anal et que même ainsi, c’est loin, mais alors très loin d’être anonyme.

    Donc je ne suis pas d’accord sur la raisonnement. Quant à la bisexualité, d’accord, mais cette argumentation ne tient pas. Il y en a d’autres plus probantes et plus intéressantes, que ça soit de manière psychologie ou psychanalytique (Freud, tout simplement, même si ça vieillit mal) ou simple descriptive (E. Badinter).

  22. Carlouta

    Egide, dans l’espace économique, on ne distingue pas les fesses d’un homme et d’une femme ? On parle bien du monde où on refuse de faire monter en grade une femme car elle n’est pas féminine et où de toute façon on la paiera moins que ses collègues ? (sauf, peut être, justement, si elle prête son cul ? )
    Bref, je tenais juste à rappeler qu’à l’heure actuelle y a aucun domaine où l’égalité entre les sexes est totalement consacrée.

    Et je ne saisi pas bien en quoi l’indifférence est reliée à la bisexualité ? Peut être que certains bi sont comme ça, mais personnellement, j’ai des “envies de nanas” et des “envies de mecs”, et je mate toujours un seul genre dans la rue, alternativement, je n’arrive pas à mater les deux en même temps ^^

  23. Elise

    Ouais bein je n’ai jamais retrouvé chez un homme la forme de mes fesses bombées, mais je suis pas vieille, c’est le temps qui me le dira.

    Hé sinon, les filles !!!!!!!! une vidéo enfin pour nous :
    http://www.mustvideos.com/81601/branlette-d-un-bel-homme-devant-la-camera.html

  24. Givre

    *pose sa tasse de café et croque dans sa gaufre*

    Et les enculeuses, dans tout ça ? Si c’est pas de l’égalité ^^.

  25. Égide

    @carlouta

    Bien d’accord, il n’y a pas d’égalité entre les sexes dans aucun domaine mais dans l’espace économique, des femmes ont des positions de domination hiérarchique même si, généralement elles occupent en majorité des postes subalternes à ceux des hommes à égalité de compétences et de diplômes.

    Dans mon commentaire, je me place sur le plan symbolique, on érotise le pouvoir, c’est à dire le cul de celui qui domine mais aussi le cul de celui qui est dominé.
    C’est un cul symbolique, fantasmatique, et l’anatomie de ce cul n’a pas d’importance.

    Quand M. Merlin/docteur Mengel(e) décrit le cul indifférencié aperçu de haut, en position de levrette, il fait part d’un fantasme érotique, excitatoire et non pas forcément de la pratique ordinaire de la sodomie.

    Rien ne dit d’ailleurs dans ce texte que l’auteur ne se décrit pas lui-même dans la position du sodomite passif.

    On pourrait en induire d’ailleurs que dans la vie ordinaire est-il plus un dominant qu’un dominé, mais cette remarque est purement spéculative.

    L’indifférenciation du genre de l’objet du désir pourrait justifier d’une certaine forme de bisexualité car on possède celui ou celle qui n’a pas le phallus ou on est possédé par celui ou celle qui détient le phallus (à ne pas confondre avec le pénis ou le gode-ceinture).
    Évidemment cette érotisation de l’autre possédant/possédé dans le monde économique est fantasmatique.

    Cela déteint dans les pratiques sexuelles réelles sur le mode de l’inversion :
    Celui qui est dominant dans l’entreprise recherchera souvent à jouer le rôle du soumis-passif dans la relation tandis que le dominé dans l’entreprise sera plus enclin à jouer le rôle le plus actif et dominateur dans la relation sexuelle.

    Mais pour la plupart, la sodomie active ou passive joue un rôle dans la relation sexuelle sur le simple aspect imaginaire par le biais du fantasme conscient :
    On imagine pour atteindre l’orgasme qu’on sodomise en levrette ou qu’on est sodomisé(e) en levrette. Alors qu’on fait tout autre chose pour s’exciter jusqu’à la jouissance (y compris d’ailleurs la sodomie)

    Il y a une véritable difficulté pour définir la bisexualité. Pour Freud, la bisexualité est fondée sur l’indifférenciation du corps de l’autre.
    Il y a érotisation des corps de la mère et de celui du père.

    La bisexualité semble se fonder sur une ambivalence du sujet désirant en partie à cause de son narcissisme qui exige qu’il soit désiré par l’objet de son propre désir.

    Parfois l’envie d’être désiré l’emporte sur son propre désir et contredit la préférence sexuelle.

    L’homme actif avec une femme sera plus probablement passif avec un homme.

    Comme la femme passive avec un homme sera, sans doute, plutôt active avec une autre femme.

    Et l’homosexualité est peu présente chez ces sujets dont l’érotisme passe d’abord par une dialectique de la domination/soumission.

    Et en ce sens, je pense que la bisexualité n’existe pas vraiment, c’est bien entendu une hypothèse de ma part.

    Parce qu’on ne se retrouve systématiquement pas dans une problématique binaire réduite à la seule préférence sexuelle : on aime les garçons ou on aime les filles exclusivement.

    Or la sexualité est plus complexe et les rapports entre les personnes dépendent de trois facteurs qui outrepassent la préférence sexuelle : Soi, l’autre, le Phallus.

    C’est donc, dans la possibilité des combinaisons ternaires soi au Phallus, l’autre au Phallus et les préférences sexuelles qui déterminent la possibilité d’un certain bisexualisme qui exclut généralement des rapports d’égal à égal.

    J’espère que cette explication n’est pas trop compliquée. Elle n’a de valeur quhypothèse.

  26. Calie

    Ce qu’il y a de perturbant avec les commentaires d’Egide, c’est qu’une fois que j’ai fini de les lire, je ne sais plus de quoi on parlait…

  27. Az`

    Y’en a qui on vraiment rien à faire au boulot pour poster des coms deux fois plus grand que le topic lui même…

    Sinon la sodomie ? Non pas testé et ne testerai jamais… Les choses sont faites pour en sortir et pas pour y entrer :-/

  28. Poosniffer

    Merci Egide pour cette diarrhée verbale incompréhensible et en fait…

    Ben non ! :) mais bel essai !

    J’ai jamais essayé la sodomie, mais j’y songe…

  29. Égide

    @Calie

    Je suis désolé de cette confusion. Mais l’auteur du « topic » est très facétieux.

    D’aborb les noms :

    Il tient un blog au titre étrange : les séditions du zoeil, peut-être un jeu de mot avec les éditions du Seuil ?

    L’auteur a un pseudo Aloïs Hiller.

    On peut extrapoler Aloïs Hitler, le nom du père de Adolph Hitler mais Hiller évoque aussi le nom d’un écrivain Joseph Hiller qui écrivit un roman à succès Catch 22.

    Paru en 1961, ce roman sur la guerre est vraiment séditieux dans le sens où il porte une violente critique antimilitariste :
    le héros, Yossarian est un pilote qui considère que l’ennemi, c’est quiconque vous envoie à la mort, quelque soit son bord et il pense surtout à son supérieur qui n’a de cesse de multiplier les missions de plus en plus dangereuses.

    Pour échapper à son sort de chair à canon, Yossarian utilise tous les moyens possibles pour se faire porter pâle et tire au flanc de la plus outrangente manière.
    Il envisage même d’assassiner sa bête noire.

    Le ton du roman est très satyrique et d’un humour noir et désespéré revigorant. Le succès de ce livre est énorme et fera même l’objet d’un film.

    Joseph, le prénom de Hiller, c’est aussi le prénom de l’ignoble docteur SS nazi le sinistre Joseph Mengele qui sévit horriblement à Auschwitz.
    Il parviendra à s’enfuir en Amérique Latine et on ne le retrouvera jamais.
    Le père de Joseph Mengele s’appellait Karl Mengele d’où le pseudo de l’auteur de Pour et contre La bisexualité, Karl Mengel.

    C’est déjà assez passablement compliqué.

    Sur son blog les séditions du zoeil, Karl Mengel évoque qu’on le présente plutôt comme un raven en anglais, une sorte de corbeau.

    Dans les contes du Graal et de la Table ronde du Roi Arthur, l’enchanteur Merlin a un compagnon, un volatile noir, énigmatique messager, un corbeau.

    Et cet à cette oiseau qui vole des uns aux autres et dont on ne sait s’il présage du pire ou simplement écoute et rapporte les secrets des uns et des autres.
    Donc l’auteur est double comme le héros de l’écossais Stevenson auteur du cas étrange du docteur Jekyl et Mr Hyde,
    ce que je traduit par M. Merlin/ Docteur Karl Mengel.

    Nous sommes donc à la fois dans le meurtre, la folie et la sexualité équivoque et vaguement menaçante.

    Et tous cela baigne dans les noirs desseins de la violence mimétique dans un univers paranoaïque aux contours imprécis et menaçants.

    Le glissement progressif de l’érotique occidentale vers l’analité est une forme de prophétie qui annonce la généralisation de la bataille pour le phallus et l’organisation d’un hiérarchie mouvante et toujours remise en question entre ceux qui dominent et ceux qui se soumettent.

    Alors que nous savons bien que dans tous les champs de l’existence l’érotisation mimétique du monde nous entraine dans une dialectique de la domination/soumission ou l’appartenance a un genre et la préférence sexuelle ne déterminent plus systématiquement nos comportements dans la sexualité réelle.
    Notre imaginaire est sans cesse bouleversé.

    Pour le moment Karl Mengel affirme la primauté du fantasme de la sodomie en levrette comme moyen le plus sûr de parvenir à la jouissance.

    Étre sodomisé ou sodomiser est à la porter de deux sexes. Point n’est besoin de se sentir bisexuelle, donc versatile quand à la préférence du genre comme objet du désir pour se livre tantôt comme actif, tantôt comme actif.

    L’anus devient le trou noir obsédant qui aspire tout et qu’importent la rondeur plus ou moins accentuée du fessier !

    J’ai essayé de démêler un peu l’écheveau de Karl Mengel avec l’espoir d’attirer l’attention sur un auteur prometteur et tellement ambigu dont on sait encore s’il fera pire ou mieux.
    En tout cas, il joue vraiment avec le feu, celui des bûchers.

    À suivre.

  30. batch

    Hm… Je suis pas vraiment d’accord avec les autres commentateurs, ou avec karl mengel. Les culs ont une diversité de formes et d’etats assez impressionante qui permet facilement de les individualiser, et la distinction homme/femme dans ce domaine a une frontière encore plus floue que dans la domaine du genre ou du sexe. Il est courant pour un homme d’avoir un visage feminin, ou pour une femme d’avoir un visage masculin… ca marche aussi pour les culs, dans une certaine mesure.

  31. Tania

    Merci Batch !!!

    Je plussoie et admire de l’avoir mieux formulé que moi XD

  32. amiwi

    alors là je m’éclate à lire “n’importe quoi, les fesses de femmes sont carrément différentes de celles des hommes”.

    Ma passion et mes pratiques avec le 3eme sexe me laissent constater que ce n’est pas le cas… :D (à mon grand plaisir).

    Avis aux amateurs :)

  33. amiwi

    (en oubliant de préciser que oui, desfois c’est artificiel, c’est vrai !)

  34. Égide

    @Calie

    J’ai hésité à réagir car j’aime bien la critique.
    Sinon, c’est vrai que je défends l’idée que le sexe, ce n’est jamais simple … d’en parler ou d’écrire à ce propos !

    Et si mes propos ne paraissent pas clair, outre le fait que j’ai pu me planter, en l’occurrence, je ne pouvais pas laisser penser que tout s’expliquait par la simple érotisation de la dominance ni laisser accroire que la préférence sexuelle est un concept simpliste.

    Cependant, j’ai trouvé ce petit texte de 1978 à propos du bisexualisme :

    On remarque que la revendication contemporaine du bisexualisme, ou encore de l’unisexisme, ne peut trouver un soutènement que dans ce qui serait une interchangeabilité des places[...] que favorise vraisemblablement par ailleurs l’anonymat croissant des postes dans le travail.

    À défaut de pouvoir se rencontrer simultanément, que chacun donc occupe successivement dans le conjugo la position maitresse.

    Voilà enfin l’égalité réalisée : à chacun son tour de jouir comme l’autre.

    Auteur : Charles Melman

  35. Claire

    dommage de ne pas poursuivre la démonstration, ce qui me semble est fait dans l’ouvrage (ce qui indique son titre, pour et CONTRE la bisexualité)
    j’avoue avoir mes infos de seconde main, chipées dans un autre article parlant de ce même bouquin mais beaucoup plus détaillé et palpitant à mon goût

    (http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2009/10/le-mythe-de-lhomo-100-gay.html)

    en allant plus loin, on est tous bi que signifie cela ? oui on est tous bi parce que les notions mêmes d’hétéro et d’homo n’ont aucun sens a priori et ont été entièrement construites (ce qui explique le flou que représente le “bisexuel” pour la plupart des gens. on est donc tous juste normaux, vierges de toute partition sexuelle au départ, partition qui n’est que construction sociale religieuse et morale.
    je cite donc ce livre (passage cité dans cet article que j’évoque) :

    “lorsque le sexe est entré dans le discours, les néologistes se sont mis en tête de jeter un pont (bi) entre deux chimères, dont l’une (hétéro) avait au préalable été créée comme un pendant artificiel à l’autre (homo), elle-même illusion langagière visant à cloisonner le champ sexuel au nom de la morale du moment”

    l’intérêt de ce livre semble donc aller bien plus loin que de dire qu’on est tous bi (un peu facile et souvent affirmé), bien plus intelligent, il dit précisément que ces catégorisations n’ont au départ aucun sens et ne sont pas pertinentes pour penser la sexualité humaine

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