Les routes de Floride sont larges comme des lits King Size et on pourrait s’y endormir, à cause de leurs bagnoles automatiques et du ciel pâle, des palmiers clonés, des maisons oranges tassées par le vent, c’est une invitation à tourner en rond dans un semi-coma. J’ai fait 400 bornes hier au hasard en ne trouvant absolument rien. Je ne voudrais pas qu’il en soit autrement.

Alors on somnole sur des deux fois quatre voies avec des Taco Bell sur les bords, et on repense à Crash, le bouquin érotico-automobile de Ballard. Je l’ai lu après sa mort parce que j’avais honte de n’avoir jamais survolé une ligne de lui. Même pas vu le film.

Crash parle des errances de fétichistes du corps encastré dans la voiture. Vu d’Europe, je n’avais pas bien compris, ça m’avait semblé intéressant et répétitif, avec un unique motif obsessionnel. Vagin perforé par un levier de vitesse, nouveaux orifices générés par le tableau de bord, airbag comme une cagoule SM, balafres dans tous les sens. Du métal et de la chair – otakus, levez-vous !

Ici, dans ma petite Volkswagen encadrée par des 4×4 et des camions agressifs, je commence à piger. Il se joue un truc érotique mais mou, casé encore avant les préliminaires. J’aime bien.

À lire aussi :



  1. LeReilly

    J’aime bien cet article, il un a petit je ne sais pas quoi.

  2. remrem

    Idem que LeReilly … Je ne sais pas si c’est le début de l’article, la couleur de la couv, ou le fait que je sorte de ma sieste qui fait que …

  3. e l i s o

    Sinon ce qui me fait rire c’est le related post.

    Mais la sensation de vide, de continu sur les route a un truc hypnotique aux us, ça justifie peut-être pourquoi tant s’équipent de char d’assaut pour aller acheter leur café.

  4. Vincere

    Voir le “tribute” en BD dans Ranxerox.

  5. Ampersand

    Ho, des souvenirs de collège remonte.

    Je me rappelle être tombé un peu par hasard, en cherchant des trucs à lire au CDI. Je me rappelle être tombé sur ces passages érotiques, qui paraissaient tellement déplacé pour ces lieux…

  6. Martin

    J’avais vu le film, mais j’étais vraiment niais de ne pas l’avoir compris. Ce soir, je suis né.

  7. Égide

    Banlieu.
    Là-bas, on n’en vient jamais à bout. Des centaines de kilomètres dans un décor pas très naturel.
    Toujours au milieu de nul part.
    55 mph maxi sur l’autoroute (110).
    Les vibrations mécaniques.
    Monotonie sans tribulations.

    And I remember 96.
    Joe Kirk had said :
    The glories of earth – image, precise turn of phrase …
    modern liturgy

    The engine was always roaring.
    What strange ritual, roaming anywhere.

    But flat tire of a penis had answered, Tracey Williams !
    I believe in you and your cock
    Make me rock
    Rock-hard for you
    Sue me with your slander
    And slather me in your babyoil-
    Oil me up & let me down
    Drink in your caress

    have a nice trip.

  8. Redrum

    La Trilogie de Béton de Ballard : excellent !

  9. JM

    Certes certes, mais “Crash” se passe à Londres…

  10. Cowa

    Transe hypnotique d’un long mouvement monotone ouvert aux pulsions. Pulsions à l’opposé de la léthargie morbide. Créer de la vie avec les éléments de mort envisageables. Un crash salvateur comme une décharge dans un corps inanimé. Fantasme imagé de corps mutilés où se dessine l’étincelle survivante dans les cicatrices de la chair et les chocs de la tôle froissée. Se sentir exister dans une excitation où se glisse un érotisme cru en perte de contrôle.

  11. Siamoise

    Oh oui Crash, je l’ai lu peu de temps avant sa mort… Je m’étais fondée une analyse, je m’en souviens mal…
    L’excitation d’un monde nouveau dominé par la machine, l’érotisation d’une société de consommation et de ses dérives, de ses images de stars fadasses contrastée par celles d’anonymes mutilés… Bref, j’ai beaucoup aimé!

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Brèves

  • Parlons peu parlons bien

    J’entends souvent les hommes se plaindre de la réaction de leur partenaire en cas de débandade accidentelle. En gros, quoi qu’on fasse (passer à autre chose, faire un sandwich, parler de sa mère), c’est toujours raté, humiliant et traumatisant, sans oublier naze, sans-coeur et irréfléchi. Donc lecteurs, éclairez ma vessie, euh pardon ma lanterne, et DITES-MOI CE QU’ON EST BIEN CENSEES FAIRE/DIRE, sachant que je suis de bonne volonté, que ce billet n’a rien à voir avec une expérience sexuelle arrivée hier soir, et que si vous êtes puissants et sages, je remonterai vos conseils dans un article dédié.

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    Hier, c’était les 40 ans du MLF, à qui nous devons beaucoup. Hier, sur le net, ça s’est bien déchaîné. Contre, évidemment. Sans rien connaître du féminisme, évidemment. Parmi les preuves de paresse intellectuelle (pourquoi se renseigner ? pourquoi penser ? tout ça est épuisant), nous avons toujours en première ligne les accusations “elles sont moches”. Tant qu’une femme devra valider une revendication avec son physique, le féminisme restera d’actualité. Accessoirement, c’est la pensée la plus passionnante et libératrice du monde :)

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