Bon, maintenant que je suis aux States, j’ai le droit de parler du son “fap”. Pour les gens qui comme moi ne passent pas leur vie sur 4chan, voici la traduction officielle :

the sound one makes when masturbating himself to extascy
“damn, im gonna have a fap session rite now with this porn”
Soit en bon français :
le son qu’on fait quand on se masturbe jusqu’à l’orgamse
“putain, jvais me faire une session fap de suite devant du porn”
Je ne sais pas ce qui me fascine le plus chez les nolife : leur créativité ou le fait qu’ils aient réussi à ériger la masturbation en mode de vie possédant ses usages, ses experts et même son langage.

Je m’envole pour deux semaines en Floride (because I can), ce qui ne devrait pas franchement améliorer ma tendance à l’anglicisme forcené. Sexactu sera donc updaté depuis une plage moelleuse et je vous dirai si on peut masturber son mec avec un donut.

(Accessoirement, parmi mes résolutions pour 2010, il y avait “habiter quelque part”. C’est un fail massif.)

Voilà, comme ça d’entrée de jeu, les choses sont claires. Je prétends m’occuper d’un sexblog pour rentrer dans le détail de nos vies sexuelles, mais dès que vous avez le dos tourné, je cherche sur Internet les derniers modèles de sulfateuses vaginales afin de hurler mes orgasmes et puis c’est tout. C’est parce que j’aime les parpaings.

Voici donc le retour du meilleur publiciste sexuel de tous les temps, alias Mr. Trépanée comme une Huître.

Intriguée par cette nouvelle brochure (toujours scannée et envoyée par une gentille lectrice), j’ai cette fois décidé de partir à la recherche de la personne qui écrit ces histoires de femmes agglutinées sur ton membre de bête, afin de témoigner de mon admiration pour sa verve. En trois recherches Google dignes du journalisme d’investigation le plus rapide de l’histoire, je trouve un email, mais las, qu’apprends-je ? Que l’entreprise qui produit le Vinarut (domiciliée en Suisse) n’existe plus depuis longtemps.

Sauf que les brochures continuent d’arriver. Quelqu’un les imprime, quelqu’un les distribue, ce qui signifie que la compagnie existe bel et bien (mais que les responsables n’ont pas hyper envie de m’en parler). Parce que l’autre hypothèse, c’est qu’une entreprise-fantôme distribue un produit naturel à base de vinaigre qui augmente votre durée d’érection de 725% : à ce niveau-là de bizarrerie, il ne nous manque que les aliens, qui suite à un complot mondial transformeraient les hommes en suppôts de Priape afin de les réduire en esclavage. Hmmm. Hé, ça se tient en fait.

Bref. La brochure complète est ici, enjoy :)

L’homosexualité est-elle innée ou acquise ? Ou les deux ? On est repartis pour un tour dans le débat, avec un nouveau chercheur qui vient faire pencher la balance côté inné.

Il explique que l’homosexualité est provoquée par une interaction entre des facteurs génétiques et hormonaux dans l’embryon. Plusieurs études suggèrent en effet qu’un stress très important subi par la mère durant la grossesse pourrait déséquilibrer la machine hormonale de l’embryon et influencer durablement son orientation sexuelle.

Je n’ai pas la réponse à la question de l’homosexualité, du haut de mon bac -3 en sciences. Mais je ne suis fan ni des explications psychanalytiques (bhaaa) ni de cette thèse génético-hormonale, qui m’embête pour pas mal de raisons :

- Les gays seraient un peu des femmes, prenant les “caractères comportementaux du sexe opposé” (et les lesbiennes seraient un peu des hommes). Les caractères comportementaux en question étant contestés, ça me ferait mal. Bonjour le retour des gays femmelettes, fillettes, efféminés… et des butch poilues. Non seulement ce n’est en rien libérateur pour les homos, qui se retrouvent anormaux parmi les freaks (même si cette fois ils n’ont pas choisi), mais ça conforte chacun dans son petit genre minuscule : chacun sa place, et liberté pour personne.

- Tiens, une fois encore, c’est la faute de la mère. Comme avec l’autisme à l’époque. Donc pour “dédouaner” les homos de leur homosexualité, on culpabilise maman. Et quand le père, gros homophobe dégueu, se rendra compte que Julien préfère Nicolas, il pourra taper bobonne à coups de fer à repasser (bobonne qui en sera réduite, pour peu qu’elle soit elle-même homophobe, et soyons honnête la plupart des gens sont tolérants tant qu’on ne parle pas de leurs gosses, à mourir persuadée d’avoir été une mauvaise mère). Pour peu que ce soit Julien lui-même qui déteste son homosexualité, il pourra faire un procès à ses parents.

- Et sinon, les bis ? Hello ?

Comme je l’écrivais, je n’ai pas de réponse pratique sur l’homosexualité (ni sur l’hétérosexualité, d’ailleurs). Peut-être que ce chercheur a raison et que l’univers est un endroit très déprimant où on meurt à la fin. Mais sa théorie, je ne l’apprécie pas. Je ne vois pas en quoi il serait socialement plus acceptable d’être la victime d’un désordre hormonal. En revanche, je vois trop bien comment une opinion fondée sur de vieux manichéismes hommes/femmes pourrait se retourner contre ceux qui ne rentrent pas dans le moule – lopettes et camionneuses en deuxième ligne, juste derrière leurs mères stressées.

L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Hier, faisant face à une flemme énorme, je suis partie à la découverte des blogueuses mode. Jusqu’alors, je pensais être plutôt bien placée dans l’échelle mondiale de l’autosatisfaction béate, or que découvris-je ? Que mes chevilles possèdent la sveltesse d’un yaourt 0%, car 1) je ne passe pas ma vie à poster des photos de moi, 2) quand ça me prendra (mon dressing est fascinant), j’éviterai d’infliger en plus de la publicité en flash à mes adoratrices. Dans l’univers des modeuses, on peut découvrir des personnalités hyperdifférentes mais qui aiment toutes le pastel et les biches (ou le bleu ciel et les petits lapins) :

Blague à part (certaines jouent aux jeux vidéo, preuve qu’elles ne sont pas toutes des créatures du mal), je suis sidérée que ces filles existent en vrai et pas uniquement dans l’imagination du service marketing de Biba. Je trouve formidable qu’on puisse s’éclater avec des petits lapins après ses huit ans, hein. Juste, pas moi. J’aime les trucs qui tachent et le mauvais goût efficace. Cela dit, passer du temps sur ces blogs m’a fait du bien. Je me suis rappelée pourquoi j’ai besoin d’être too much : par peur de tourner pastel. Merci les filles.

(Anecdote pleine de douceur : il y a longtemps, j’ai été invitée à une sorte de défi pour blogueuses fashion. La journée se passe en devinettes spécialisées, je laisse donc mes camarades d’équipe répondre à ma place aux interrogations existentielles concernant les sacs à main. A la toute fin, après donc une centaine d’occasions pour moi de prouver mon ignorance, le jeu se termine. A condition de répondre à une ultime question – une question-blague, juste pour le fun : qui a dit “on ne naît pas femme, on le devient” ? Sur le moment, je me contente de rigoler. Puis je découvre que mes camarades se galèrent et commencent à parler, genre, de Montesquieu. Devinez quel était le nom de notre équipe ? Simone de Beauvoir. Authentique. Comme quoi, la manière dont on s’investit en tant que femme ou en tant que sac à main permet une fascinante diversité.)

Jusqu’à présent, les douchebags étaient la honte d’Internet. Ok, disons une partie de cette honte, plutôt à droite dans le bestiaire, entre Maru et le pedobear. On a tort de se moquer, pourtant. Non seulement ils sont malins, mais ils vont probablement sauver le monde.

Le hobby des douchebags, à savoir le combo muscu-UV-gel fixant, est collectivement assimilé au tuning. Je ne suis pas d’accord. Il n’y a absolument, mais alors absolument aucune différence entre leur mode de vie et celui d’une femme coquette. C’est la même quête de corps présentable et d’ornements plus ou moins remarquables – quand on drague en boîte tout passe par la peau, et pour peu qu’on soit trois cents dans un hangar, vouloir être vu ne me semble pas absurde. D’ailleurs avec les blogs et la real-tv, soyons sérieux, qui n’a pas envie d’être vu ? C’est une stratégie d’existence parfaitement légitime.

Donc quand on se moque des douchebags, c’est parce qu’ils ont un hobby de fille. C’est-à-dire qu’on accepte à peu près qu’une femme veuille la vie et le comportement d’un homme, mais l’inverse passe toujours pour une régression. Ce qui en dit long sur notre sexisme sous-jacent. Etre une femme c’est bon seulement pour les femmes. Etre un homme, ok, ça passe pour tout le monde.

Il y a aussi une certaine uniformité qui provoque la moquerie, comme si les centaines de millions de personnes portant aujourd’hui un jean-sweatshirt n’étaient pas eux-mêmes des clones parfaits. (Pour moi qui suis infoutue de me rappeler du visage des gens, même si je leur ai parlé pendant deux heures, ce point est particulièrement ennuyeux : impossible de différencier deux trentenaires mâles.) Qu’on ne vienne pas me dire que les autres adeptes des modifications corporelles se débrouillent mieux : combien de nanas sur SuicideGirls ont le même tatouage avec une étoile ? Combien de mecs croient encore qu’être alternatif passe par s’agrandir les lobes des oreilles ? Tout ça va me faire mourir d’ennui.

Troisième reproche après la féminité et l’uniformité : les douchebags sont moches. Et c’est vrai, le résultat est souvent bizarre (trop orange, brillant et gonflé). Je pense que c’est juste une étape. Un douchebag de 16 ans sera probablement un canon à 26, quand il saura ajuster ses efforts. L’excès de zèle des débutants fait partie du jeu : la première fois qu’une fille se maquille, elle va se faire des yeux de panda, des lèvres au collagène et une peau de vieille. Ce qu’on tolère avec un sourire. Le douchebag de 26 ans aura sans doute gardé une musculature discrète, un intérêt pour les fringues hors jeans-sweatshirt, et la coupe post-iroquoise sera enfin passée de mode.

Mieux encore : les douchebags sont la figure de proue de la virilité de demain. Leur hobby s’apparente à la recherche fondamentale – on est d’accord qu’ils n’ont pas encore pleinement réinventé l’homme, mais ils cherchent. Une attitude qui me semble plus louable que de rester confortablement lové dans ses conservatismes. Et là, en ce lundi matin de semaine en solitaire qui s’annonce (pleurez mes frères), je suis contente de savoir que des hommes essaient. Que des hommes se mettent en danger pour plaire aux femmes. Narcissiquement les douchebags ouvrent la brèche, ils sont vulnérables : si on part du principe contestable que la prise de risque est masculine, alors ces gars-là, ils ont nettement plus de couilles que le loleur en jeans-sweatshirt qui se permet de les juger.

PS : joyeux anniversaire Cali !

Il n’est jamais trop tard

Si on peut trouver Dieu sur son lit de mort, on peut certainement aussi infliger un râteau. Ainsi que pendant un mariage. Ainsi que pendant un accouchement, même si socialement, on pourrait vous jeter des cailloux.

Souvent, les novices en râteaux pensent qu’ils ont atteint un point de non-retour dans leur couple, l’équivalent affectif d’un quatrième Mojito avalé cul sec avant midi. On peut s’imaginer que certains caps sont définitivement franchis quand on a pris un crédit sur quarante ans, quand on a adopté un Labrador, ou même quand on a commencé à devoir aller en boîte SM pour pimenter sa vie conjugale.

Que nenni, mes amis. Que nenni. Aucun animal de compagnie, même mignon, aucun bondage, fût-ce sur une croix de Saint-André, ne peut vous retenir si vous choisissez de partir. Même votre banquier ne peut pas – c’est d’ailleurs l’unique chose qui le différencie de Dieu. Le râteau est la pochette-surprise du couple, qui vous fauche les jambes quand vous vous y attendez le moins. Le râteau, une fois passés les trois ans réglementaires en psychanalyse et dépression pour votre conjoint, se révélera être une merveilleuse chance de se réinventer, même après la ménopause et avec douze enfants à charge. Un râteau de pris, c’est toujours dix autres râteaux potentiels qui s’offrent à vous ! Les scientifiques appellent ce phénomène la « force exponentielle du râteau ». Plus on avance en âge, plus on a connu de ruptures, plus les râteaux se multiplient, au point que les biologistes travaillent sur le caractère viral du râteau.

Quoi qu’il arrive, et quoi qu’en pensent ceux qui en subissent les bords tranchants, c’est une merveilleuse leçon d’espérance que nous enseigne la Voie du Râteau. Rien ne dure toujours, et certainement pas l’amour. Dans les moments de doute, rappelez-vous de Jésus, qui a tout de même infligé un râteau tardif (trois jours) à la mort elle-même.

(Sexactu reprend une activité normale. C’était une semaine d’extraits du Guide du Râteau ! Avec Arthur de Pins !)

Gestuelle du refus catégorique

Malgré tous vos efforts, le pire est arrivé : une fête super sympa, des jolies filles, des hommes pleins d’abdominaux, du champagne, des phéromones qui rendent les corps luisant de désir, des petits fours allégés, des strings qui dépassent – bref, le neuvième cercle de l’Enfer.

Balancer un râteau n’est pas facile. Nous autres égoïstes avons une âme (là, au fond). Nous connaissons le sentiment de compassion, même si nous ne le pratiquons pas. Torpiller l’amour-propre de quelqu’un, piétiner ses émotions et jeter son cœur dans le four micro-ondes le plus proche en activant le mode 800 watts ne nous amuse pas (à 900 watts, on en reparle).

Nous préférons donc éviter de déclarer nos râteaux. On peut infliger des râteaux d’yeux, de claquement de langue, de non-réponse à un coup de fil, de profil sur Meetic. Prenons un exemple classique de râteau non-verbal : en boîte de nuit, vous essayez de danser (seul face à un mur, ou enfermé dans les toilettes afin que personne ne vous approche), et là – blam, le piège. Une rousse incendiaire vient frotter son plancher pelvien sur votre cuisse. Réponse pleine de compassion : la laisser en plan. Cet exemple typique de pré-râteau vous épargne le véritable râteau.

En conséquence, tout ce qui peut passer par le corps DOIT passer par le corps. C’est plus simple et ça fait moins mal. S’efforcer de tourner le dos à tout le monde, en permanence, en se collant au bar, est un début honorable (ainsi qu’une bonne manière de boire trop). Trépigner, regarder sa montre, soupirer, adopter une attitude fermée avec les bras croisés, faire des scoubidous, terminer sa grille de Sudoku niveau 6 sur son téléphone portable, sont autant d’armes faciles à utiliser – mais en toute circonstance, le véritable adepte de la Voie du Râteau préférera la fuite. Déjà parce que tout le monde ne comprend pas le langage du corps. Ensuite parce que c’est plus humiliant.

Nous autres égoïstes avons une âme, mais nous ne sommes pas obligés de nous en servir.

(Le Guide du Râteau est blindé de copyright afin de protéger les illustrations d’Arthur de Pins, alias le Dieu de l’Illustrator.)

Si vous avez besoin d’une upgrade en énergie / sensiblerie / amour (rayez les mentions inutiles selon votre sensibilité), je vous recommande de glandouiller un peu sur ce site.

(Et pour la couverture, ok, je plaide coupable. Le boyfriend fait deux fois ma taille et est prié de dormir sur la tranche du matelas, parce que si je ne prends pas 90% de l’espace, je me sens claustrophobe. Il paraît que ça fait partie du pack “fille” avec les pieds froids, mais personnellement, je pense que ce sont des questions de pouvoir qui se règlent, silencieusement, dans l’attribution de la couette. Vivement que les scientifiques fassent une étude là-dessus, tiens.)

Quitte à compléter votre glandouille matinale, allez lire les 24heuresBD de Bastien Vives.

Nécessité de la transparence


L’esquive du râteau, ou pré-râteau, se travaille avant la rencontre. Elle demande une préparation soignée et un entraînement rigoureux. Si vous ne donnez à personne l’envie de vous séduire ou de vous aimer, vous surferez sur la vague éternelle de la félicité (avant de mourir seul dévoré par vos chats).

Ne croyez pas une seconde que ce soit là une chose facile. Sur l’échelle de complexité du monde, se rendre transparent équivaut au niveau 6 dans les cahiers de Sudoku.

Vous affronterez, tous les jours, des personnes assez désespérées pour vous aimer quoi qu’il arrive. Ou pire, comme vous êtes. Il suffit de regarder autour de vous pour comprendre que le râteau ne va pas être du gâteau : certains aiment, avec une sincérité désarmante, leur pitbull. D’autres parlent avec des étoiles dans les yeux de leur collection d’emballages de CD de Mylène Farmer ou de leur patron. En vérité, le potentiel d’amour de l’humanité semble sans limites, et on aurait tort de s’arrêter à des broutilles comme la guerre, le viol ou l’existence de la musique folk.

Hitler, Staline et l’inventeur du Sudoku ont tous été aimés. Etre mauvais ne suffit donc pas. Etre laid non plus. La stupidité, l’arrogance, l’égoïsme, la torture de chatons ne vous protègent de rien. Non, à ce niveau-là, il faut tout simplement sortir du jeu. Vivre près d’une pâtisserie décente tout en échappant à la cellule du couple et à l’enfer de la passion : voilà le défi essentiel de l’adepte de la Voie du Râteau.

La transparence, nous en avons tous rêvé, et pas seulement pour renflouer notre compte en banque ou reluquer Scarlett Johansonn sous la douche. Oublier le regard des autres. Cesser d’être une proie. Rester ghetto. Sauf que la société attend de nous un certain comportement, et que plus on s’en éloigne, plus on est visible. Paradoxalement, devenir transparent exige de faire exactement comme ceux qu’on remarque, mais en médiocre. Pour des gens aussi exceptionnels que nous, ça va être tendu du slip.

(Le Guide du Râteau, toujours avec Arthur de Pins en illustration.)

Eloge de l’égoïsme


Au fait, pourquoi la vie serait-elle plus fun à deux ? Vous trouvez vraiment ça marrant, de vous embrasser pendant des heures au clair de lune devant le Taj-Mahal après une nuit d’orgasmes au champagne ? Les moments de complicité, où tout semble possible, ça vous intéresse ? La tendresse au quotidien ? Non, on est d’accord. C’est même un peu pitoyable. Si on voulait vivre dans une série américaine à l’eau de rose, de toute façon, on commencerait par se faire un brushing.

L’amour rend schizo. On nous demande l’indépendance tout en exigeant qu’on remette les clefs de notre satisfaction affective à un(e) inconnu(e) qui pourrait bien laisser traîner ses tampax / chaussettes sous notre oreiller. Ce qui, au niveau hygiénique, vaut bien la grippe porcine.

Cette contradiction fondamentale entre auto-suffisance et amour, l’adepte du Râteau la résout en choisissant le bonheur égoïste. Il est le rebelle ultime, face auquel l’ultra-gauche crypto-autonome du Larzac s’incline, et devant qui même Ben Laden fait tomber le turban. L’adepte du Râteau est fiché, surveillé, et pénalisé par les impôts. Tout adepte du Râteau porte en lui le potentiel de destruction sociale de Julien Coupat forniquant avec le président Ahmadinejad. Le symbole du communisme, au départ, était censé représenter un râteau et une faucille. C’est dire si le choix de l’égoïsme tient du suicide social autant que de la rectitude morale.

Malgré tout ça, l’adepte de la Voie du Râteau assume. Il ne lâche rien. Kamikaze de sa propre vie, il se fout des usages. Il mange son steak tout seul au restaurant, finit la bouteille de rouge, puis rentre chez lui avec son mouton gonflable à perruque blonde. Il ne voit pas pourquoi il faudrait toujours tout partager. Il sait que l’amour est une prodigieuse perte de temps, notamment quand il faut s’épiler le maillot. Le regard des autres ne le concerne pas.

Il passe sa Saint-Valentin tout seul devant la 40e rediffusion de Karaté Kid. Ses popcorns refroidissent sur ses genoux. Non, il n’est pas déprimé. Pas du tout.

(Le Guide du Râteau. Illustration d’Arthur de Pins ne correspondant pas à ce minichapitre, mais que j’aime trop pour ne pas la publier.)

Je continue avec les sorties de bouquins puisque de toute façon j’ai pas le temps de poster cette semaine en vrai. Donc, même configuration que l’an dernier avec l’Anti-Kamasutra, voici le Guide du Râteau : toujours une page de texte + une page dessinée par Arthur. La couverture est dorée et jolie :

Le contenu, eeeeh bien c’est comme la dernière fois, totalement absurde. Je m’attaque cette fois à l’amour qui ne sert à que dalle : donc oui, il s’agit d’un bouquin de Saint-Valentin pour les célibataires endurcis (et pour ceux qui se moquent des célibataires endurcis). Extrait #1 – Romance rime avec démence :

Au risque de passer pour une rabat-joie, l’amour que nous chérissons est une construction sociale récente (XIIe siècle) qui aurait fait hurler de rire les vrais mecs qu’étaient, mettons, les Gaulois. Les Spartes eux-mêmes nous jetteraient leurs sandales au visage. Les Romains nous crucifieraient. Non, l’amour n’est pas intemporel ni universel. On peut vivre sans. La gloire, la guerre, la religion ou encore le clafoutis aux cerises ont fourni des raisons de vivre à des milliers de générations d’humains équilibrés.

L’état amoureux se traduit par une dépendance à caractère obsessionnel-compulsif activée dans la zone neuronale propre aux circuits de récompense (comme si on mettait le chien de Pavlov sous extasy). Encenser l’amour revient à s’enthousiasmer pour un désordre hormonal composé essentiellement de dopamine et d’ocytocine. La source de l’amour, ce n’est jamais la personne que vous aimez mais toujours votre production endocrinienne, encouragée par l’ennui, la solitude et la pression sociale. Vous avez remarqué comme ce paragraphe était ennuyeux à lire ? L’amour, c’est pareil mais avec une belle-mère.

L’amour est un sentiment totalement surévalué. 72% des femmes simulent. Ainsi que 67% des hommes. Les chanteurs prétendent que la vie sans amour n’a aucun sens, mais n’oubliez pas qu’ils en tirent 90% de leurs revenus. Essayez d’imaginer Pascal Obispo sans amour. Ce serait pire que Britney Spears sans cheveux. Voilà pourquoi les chanteurs taisent la vérité, à savoir que le clafoutis aux cerises est le sens de la vie.

Nous avons affaire à une arnaque organisée de grande ampleur. On nous ment, on nous spolie, et quitte à en terminer avec les mauvaises nouvelles, vous n’aurez pas non plus de poney à Noël.

Grâce à cet ouvrage, vous allez entrer en résistance. Votre vie va changer. En mieux. Vous aurez plus de temps, plus d’argent, et nettement moins de succès.


Mon bouquin n°95 de ces trois dernières années est sorti, hourra ! (Courage les amis, normalement je ne publie que trois fois en 2010, il se trouve juste que deux fois sont concentrées en janvier (ah mince, je viens d’oublier de compter la BD)). Or donc, quand Arthur (z’avez vu la bande-annonce de sa nouvelle série ?) a commis ce dessin :

… les éditeurs ont rigolé en disant que jamais une couverture n’aura aussi bien représenté l’auteur. Je précise donc que je n’écris pas en lingerie (il fait -15 aujourd’hui à Berlin) et que mes interactions avec des soupirants potentiels en ligne produisent généralement un effet facepalm plutôt que de la terreur.

Cela dit, je me serais bien marrée à écrire Osez les rencontres sur Internet. Le guide est destiné à tout le monde y compris les gens qui ne comprennent pas ce qu’est une upload, un pseudo ou une cam, car si on me met sous Valium, je peux aussi être pédagogique. Voici le plan :

- Intro (chiffres, clichés, blabla)
- Tour d’horizon des sites de rencontre (première ou deuxième génération, romance ou plan cul, avec les prix, la simplicité d’usage, la population indigène, je suis restée très, très critique)
- Draguer hors des sites de rencontre (forums, blogs, facebook, tout ça)
- Rédiger son annonce (choix du pseudo, taille et contenu de l’annonce, comment cibler)
- Choisir sa/ses photo/s (comme son nom l’indique)
- Premiers contacts : à l’abordage ! (titre des messages, contenu des messages, fouiner la base de données)
- Passer au premier rendez-vous (donner son numéro de téléphone ou pas, gérer le timing du passage irl, retrouver quelqu’un dans un café blindé)
- Les mauvaises surprises (gros chapitre, malheureusement : arnaques à la jeune Russe, réabonnements automatiques, harcèlement, spams, coups de malchance, chantage à la cam érotique, divulgation des données perso, que du bonheur !)
- Et après ? (politesse geek, effacer sa fiche, changer son statut facebook, tromper sur Internet)
- Conclusion(36 15 my life)
- Annexes : shopping en ligne, mariage en ligne, exemples de mails-types, conseils d’un infiltré, minidico :)

L’ensemble fait 150 pages et contient pleiiiin de témoignages des lecteurs de Sexactu. Je remercie tous ceux qui m’ont donné la permission de publier leurs aventures dans ce livre !

Un peu avant :


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    Le guide du râteau

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