“On peut se demander si on ne va pas finir par regretter [l’industrie du porno] dans la mesure où elle était suffisamment organisée pour servir d’interlocuteur.” Girls&Geeks se demande où se termine le porno et où commence la prostitution moyennement consentie. Il faut aller la lire.
Ce qui me fait penser à une anecdote : un homme m’a expliqué il y a quelques années que le plus excitant dans le sexe, la vraie tension sexuelle qui nous motive, c’est toujours de salir les femmes (et quand on est une femme, d’être salie).
On peut gloser à l’infini sur l’emploi du mot salir mais ce n’est pas mon propos immédiat. Je vais considérer qu’on ne parle pas ici de pureté virginale et de blancheur vaisselle, mais de pousser les limites de son/sa partenaire. Aller toujours plus loin que c’est autorisé, pour un chouïa d’exceptionnel, pour amener de la tension, pour attraper ce que l’autre n’a encore donné à personne (je rappelle à ce sujet qu’on redonne toujours tout au nouveau partenaire, rapport au fait que nous ne sommes pas des yaourts).
L’idée me met d’autant plus mal à l’aise que je suis à la limite d’être d’accord. Mais sans le vocable et sous certaines conditions. Je m’explique : j’écrivais il y a pas longtemps qu’on vit aussi des relations sentimentales/amoureuses pour être bousculé. Dans son quotidien, par les chaussettes qui traînent, et sans doute aussi dans sa sexualité. D’autant qu’avoir établi un contrat de base (exemple : j’avale pas) autorise à changer d’avis, à ressentir quand même le frisson du truc qui dérape.
Personnellement, j’aime bien quand ça dérape mais je déteste quand c’est incontrôlé. Je ne me verrais pas déraper avec quelqu’un en qui je n’ai pas confiance, et je commence à avoir confiance quand on est amoureux de moi. Mais mon contrat de base est aussi clair sur la question : on a le droit de me pousser de temps en temps (jusqu’au moment où je dis non). Je n’ai jamais eu à me plaindre de ce mode de fonctionnement. Il est énoncé. Se maintenir dans le flou artistique n’est pas si cool et excitant que ça : pour trois minutes chiantes où on pose les choses (ce qu’on aime, ce qui est impossible, ce qui est moyennement possible, ce qui fait peur mais qui fascine, ce à quoi on rêve secrètement la nuit), on gagne quand même des relations super satisfaisantes.
C’est un peu comme laisser quelqu’un conduire sa bagnole : on vérifie que la personne a le permis et on lui explique que l’embrayage est un peu sensible. Ensuite, on fait des tours de pâtés de maison. A la fin, on termine sur l’autoroute ou en pleine montagne, en toute confiance, sans même plus se poser la question.
Ma sexualité c’est aussi ce que les hommes en font. Je n’ai pas envie d’être imperméable. Comme ils ne lisent pas dans mes pensées, je leur file le manuel d’utilisation, sans triche et sans fausse pudeur (après tout, quand on a cette discussion, on est déjà au lit). Je ne pars jamais du principe qu’ils vont savoir quoi que ce soit sur mes fantasmes ou sur comment j’aime être caressée.
Toutes les femmes ne seront évidemment pas ouvertes sur leurs limites, pour des tas de raisons parfois silencieuses (qu’est-ce qu’on sait vraiment des gens avec qui on vit ?).
Tout le monde n’a pas non plus la chance d’établir ses propres règles.
Alors revenons à nos femmes salies. Ha ha ha. Ce qui est valable pour moi est valable pour les hommes. Eux aussi peuvent avoir envie d’être poussés. Quand certains m’ont demandé de les emmener un peu plus loin, quand ils m’ont fait comprendre que j’avais le droit de les attacher au plafond avec du fil dentaire tout en revêtant une perruque Mireille Matthieu, j’ai adoré jouer avec leurs limites, fouiner la zone trouble.
Je trouve bizarre que dans l’équation “Homme salit Femme”, on parte du principe que la femme aurait forcément un rôle passif. Si quelqu’un me bouscule et que je lui en ai donné l’autorisation, est-ce que je suis encore passive ? Pas sûre. Si j’ai gardé en mémoire un fantasme dont m’a parlé un partenaire et que je lui ressors par surprise alors qu’il a oublié ? Même attaché au fil dentaire, même si me prends soin de rajouter des ingrédients inattendus, il garde une bonne part de contrôle.
Je n’ai jamais sali personne, je pense. Justement parce que j’ouvre la fenêtre sur les zones d’ombre. Mais là encore, c’est mon côté control-freak qui parle : moins on est de flou, plus on rit.
Tout ceci n’a évidemment rien à voir avec n’importe quoi qui ce serait produit, c’est juste que j’avais envie de dessiner (la blague n’est pas la plus originale de la planète mais hé, j’avais juste envie de dessiner).
Annonces tant que j’y suis : je serai au Salon du Livre de Paris – pour le vernissage en train de descendre du champagne – samedi à partir de midi chez Mnémos – mardi à partir de 19h chez la Musardine o/
Annonce supplémentaire : j’aurais besoin de recevoir un mail de la part des gens adorables qui ont tapé dans ma wishlist amazon et à qui je n’ai jamais envoyé de remerciements. Je me suis rendu compte hier que trois des bouquins ne sont jamais arrivés alors qu’ils ont déjà été achetés depuis longtemps : il me faudrait le numéro de commande pour faire une réclamation… et du coup, votre email pour vous remercier.
Désolée pour ceux qui lisent déjà Ecrans, il fallait que je la passe.
Pas au même endroit pour tout le monde. Alors qu’on a pu débattre ici du fait que le sexe commence quand je mets une jupe*, voici venu le comportement inverse : certaines personnes semblent avoir un incroyable talent pour désexualiser certaines pratiques que vous et moi considérerions comme, euh, du sexe. L’étude est américaine et voici quelques chiffres qui m’ont fait sourire (pas du luxe en ce jour où j’ai plutôt envie de me tirer une balle, comme chaque année) :
- 95% des personnes interrogées pensent que mettre un pénis dans un vagin équivaut à faire du sexe, ce qui laisse tout de même 5% de gens pour qui non, ce n’est pas du sexe, chérie, je te jure, c’est juste un terrible malentendu.
- 11% des répondants pensent qu’il n’y a pas eu de sexe s’il n’y a pas eu éjaculation du pénis dans le vagin.
- 19% pensent que la sodomie n’est pas du sexe (apparemment, plus les personnes sont âgées, moins la sodomie compte).
- 28% pensent que la fellation n’est pas une relation sexuelle.
On pourrait se dire : tssss, ces Américains. Mais chez nous aussi le flou artistique demeure. Je range dans ma case sexe toutes les pratiques ci-dessus, mais si avec un amant je m’étais arrêtée aux rapports orogénitaux, je ne sais pas si je le considérerais vraiment comme un amant. Plutôt comme quelqu’un qui aurait pu devenir un amant. Avec qui j’aurais eu une demi-relation sexuelle.
Je peux donc comprendre la position morale dite “de Bill Clinton” (je mets le lien parce que c’était il y a douze ans et que certains lecteurs n’étaient pas nés). En revanche, la zone trouble autour de la sodomie, ça me laisse perplexe. Je soupçonne que certaines personnes ne considèrent comme du sexe que ce qui permet de se reproduire. Mais alors dans quelle catégorie se range la sodomie ? Péché mortel ?
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*Vous êtes moralement obligés par moi d’écouter l’émission Du grain à moudre ce soir à 18h20 sur France Culture. Le débat portera sur la jupe : avancée ou recul féministe ? Je pense que ce sera super intéressant.
Je viens de terminer le nouvel essai de Peggy Sastre : No sex – avoir envie de ne pas faire l’amour, dans lequel elle prend la défense des asexuels avec une douceur à laquelle je ne m’attendais pas.
Ce livre vient poser à plat les maigres connaissances actuelles sur l’asexualité : des témoignages, des chiffres, et l’état des débats. L’auteure sépare bien les différents problèmes : il y a des gens chastes qui ont du désir mais choisissent de ne pas en tenir compte (comme les prêtres, en théorie), les abstinents qui ont du désir mais subissent un manque sexuel (parce que personne ne veut d’eux), et les asexuels qui n’ont pas de désir du tout (et qui pourraient représenter 1% de la population).
On peut se dire : ces gens font bien ce qu’ils veulent, ça ne mange pas de pain et ils sont peut-être les meneurs d’une évolution de la normalité sexuelle comparable à celle menée par la communauté LGBT – une position tolérante défendue par Peggy Sastre.
On peut aussi penser comme Agnès Giard que ce n’est pas tout à fait innocent de se définir par une absence, surtout quand il s’agit d’un sujet encore tabou, toujours complexe et hautement politique. Selon elle, les asexuels ressemblent à ces rappeurs qui hurlent qu’ils rejettent la société, alors que c’est précisément l’inverse, et qu’à la fin de toute façon ce n’est pas la société qui vit dans une barre HLM sans job et sans espoir. Bref, un gros tas de mauvaise foi. Elle rappelle que la sexualité est aussi faite de potentialités qui s’activent (je confirme), et que si on est flemmard, autant juste dire qu’on est flemmard au lieu de fonder un mouvement.
Entre les deux mon coeur balance.
Mais voilà. Parmi les besoins humains prétendument naturels auxquels nous sommes tous censés adhérer, il y a manger, dormir, faire l’amour, assurer sa sécurité, se reproduire. J’ai connu une personne qui n’aimait pas manger, qui ne trouvait pas ça intéressant. Et moi-même, je fais partie de ces femmes qui n’ont jamais eu envie de se reproduire, jamais une seule seconde.
(Anecdote sur le délire en question : lors de ma première visite chez une gynéco, vers 15 ans, j’expliquais que je voulais des médicaments contre la douleur des règles. Elle m’a répondu que je n’en avais pas besoin puisque la douleur passerait avec ma première maternité, donc vers 25 ans. Authentique. Je précise que depuis, je n’ai connu aucun gynéco qui ne m’ait pas foutu la pression pour que j’enfante, à croire que j’ai des gènes méritant vraiment que l’humanité les conserve – auquel cas le don d’ovules me paraît assez indiqué.)
Peut-être que je suis une loseuse de la maternité, mais en même temps, je ne suis pas une victime : à ma connaissance je ne suis pas stérile, et si je voulais, j’imagine que je trouverais quelqu’un pour m’aider à fonder une famille. La maternité ne me rejette pas. Alors peut-être que je n’ai pas activé l’instinct maternel auquel je ne crois pas. Peut-être que c’est une mode en plus d’être une pression sociale et que quand toutes mes copines s’y seront mises, j’aurai envie. Mais honnêtement, je pense avoir un Oreo au beurre de cacahuète à la place de la moindre minuscule velléité de me reproduire. Que ce soit génétique ou culturel, peu importe. Les femmes qui font cette absence de choix me paraissent équilibrées et zen. Tant qu’à faire, je voudrais leur ressembler.
C’est pourquoi je suis bien obligée de croire qu’il y a des gens qui naissent asexuels comme certains paraissent (?) naître homosexuels ou mal dans leur genre.
Peut-être qu’il faudrait se calmer sur les besoins naturels. Et sur la normalité.
Ou alors, j’en fais une affaire personnelle : si ma maternité s’active, les asexuels sont des menteurs. Dans l’intervalle, je propose qu’on leur fiche la paix.
Le week-end dernier avec mes amis Madame Glamour et Pedobear, on a décidé d’aller en soirée bondage.

Le problème dès qu’on veut assister à ce genre d’événements, c’est le dress-code à l’entrée. Il y en a toujours pour un bras. Les camarades s’en sont tirés pour quelques millions (mais admettez que ça tabasse). Moi pour nettement moins. (J’avais laissé mon corset à l’anglaise chez le boyfriend, grmbl.)
Plan pour les filles :
- leggings imitation latex, 15 euros
- top imitation latex, 30 euros chez American Apparel (c’est une jupe, selon eux, mais elle remonte tellement que j’ai dû la détourner de mes fesses)
- New Look vend des talons-aiguilles à haut potentiel prostitutionnel pour 30-40 euros, si vous n’avez pas déjà cet article dans votre armoire (honte)
- une femme du monde qui s’apprête à passer une nuit sur 10 centimètres de bonheur a toujours dans son sac des pansements gélifiés (il y a plein de marques qui font ça)
- la ceinture cloutée, vous n’êtes pas obligées :)
N’importe quoi en vrai latex/vinyle coûte minimum deux fois plus cher, les combinaisons totales sont compliquées à porter dans la vie de tous les jours : pénétrer le monde du libertinage demande un gros investissement. Quand on est passionné, ok. Mais quand on veut juste visiter, c’est plus compliqué. Je soupçonne cette discrimination par l’argent de servir à décourager les touristes.
A l’arrivée, pour une soirée bondage, je n’aurais pas vu l’ombre d’une corde. En revanche, nous avons dû être les seules personnes de la boîte à ne pas baiser en public… Que ce soit dans le jacuzzi ou sur les banquettes, c’était film porno en direct, souvent à quelques centimètres de nous. Bonjour la frustration :)
La palme du wtf revient à un fétichiste qui avait cousu un paillasson sur ses vêtements pour que les gens lui marchent dessus (sauf pause pipi, il a passé la nuit allongé à plat ventre sur le sol). J’avais déjà rencontré ce genre de spécimens à Paris mais ils n’avaient jamais poussé le vice jusqu’à avoir le paillasson directement incorporé. Mais bon, allez savoir, peut-être que ces clubs sont remplis de voleurs de paillasson qui attendent la moindre erreur pour s’emparer des paillassons des autres, les salauds.
Bref. C’était ma première soirée fétichiste à Berlin (damned, je vieillis) et vous gagnez une photo supplémentaire parce que j’aime m’asseoir langoureusement sur mon bureau en me la jouant à mort.
Ah tiens puisque Lâm fait tourner le lien : P&P se moque (gentiment) des blogueuses mode. Mon message à l’humanité : les filles, on sait que quand vous mettez les pieds en dedans, c’est pour cacher vos genoux. Mais c’est ok. On a toutes des genoux qui sont parfois un chouïa de travers et ça vaut MIEUX qu’avoir l’air constipée.
Indignation fréquente dans les chroniques de vieux : le sexe serait omniprésent et le voyeurisme total, du coup on serait sur la mauvaise pente et le monde s’écroulerait en 2012.
Bof.
Pour des obsédés du décryptage et des anthropologues du fétichisme exhaustif, on se fait discrets. Comparez à la Fnac le rayon cuisine et le placard sexe, ça donnera une idée de nos “obsessions”. Il y a plus de recettes de macarons que de Kamasutras. Beaucoup plus de polars, d’essais philosophiques, de bandes dessinées… qui peut-être parlent de sexe. Mais le plus souvent, de violence. Ou d’amour.
Je scrute les titres des principaux journaux tous les jours. Et bien franchement, je trouve qu’on parle vachement trop de politique. De catastrophes. De cinéma. Mais surtout de politique. On est obsédés par la politique. De temps en temps, le Figaro ou Libé publient une petite étude sur les comportements sexuels. Le Monde, très rarement.
Ah, on me souffle à l’oreille que le sexe serait un sujet privé et qu’il faudrait en parler encore moins. Vu que c’est sacré. Ok, parlons de sacré : je trouve qu’on parle beaucoup trop de religion, qu’on s’en fout des faits et gestes de Benoît XVI. On est un Etat laïque mais peuplé de gens sexués.
Même avec mes amis, je ne parle pas vraiment de sexe. La discussion reste abstraite : artistique, politique, sociologique. Comme sur ce blog. Je ne connais pas leurs préférences sexuelles. Aucune idée de la longueur de leur pénis, pas le moindre indice sur la musculation de leur périnée. On reste pudiques.
Mais c’est vrai que parfois, on sature. On se sent envahis.
Seulement, je persiste : on ne parle pas trop de sexe. Le problème c’est qu’on l’utilise, hors contexte, pour vendre des machins qui vont des magazines aux machines à laver. On affiche les prémices du sexe. On étend le champ des préliminaires pour gagner de l’argent. C’est le règne du coquin, certainement pas du porno. De la séduction et pas du sexe. Comme si on allait rester puceaux toute notre vie. Coincés dans la cage d’escalier.
Quand vous achetez un déodorant qui jure de vous faire rentrer moins seul chez vous, le résultat s’arrête à vos aisselles. Quand vous achetez un magazine féminin qui propose son 12e spécial sexe de l’année (mais qui proteste parce que l’Express et le Nouvel Obs vont encore parler d’immobilier et de francs-maçons ?), vous savez très bien que ça ne parlera pas de sexe : les éditrices ne prendront pas le risque de perdre des espaces publicitaires. On reste dans le pur effet d’annonce. Même sur Internet, on égratigne à peine le sujet, on se lance dans des demi-confessions vite cadrées, on se contente de poster des “babes” de pixels.
Rassurez-vous réactionnaires, il reste du sacré.
On ne parle pas de sexe.
Et les gens, pardon, les consommateurs, ne sont pas énervés par la saturation du sexe mais par la saturation de promesses non tenues. Ce serait bien de ne pas se tromper d’ennemi.
La culture populaire aime les clubs de strip-tease. Elle les représente soit hyperglamour avec Jessica Alba qui joue la rodéogirl (variante : le Moulin Rouge et ses danseuses flippantes comme des clones), soit glauquissimmes avec des héroïnomanes sans âge au regard d’huître.
Allez savoir pourquoi j’ai attendu si longtemps avant d’aller voir par moi-même. Ce délai est absurde : via le boulot, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué. Mais en même temps, je vois bien pourquoi j’étais réticente : les femmes sont culturellement exclues de ce genre d’endroits, bien que la porte soit grande ouverte.
On se dit qu’on va déranger un rituel bien installé, que tout le monde se sentira mal à l’aise, et puis qu’est-ce qu’on irait bien faire dans un club de strip-tease destiné à des mecs hétéro quand on est une fille hétéro ?
Réponse : se remonter le moral.
Et puis, participer à un incontournable de la vie locale. Dans la zone industrielle où j’ai passé une bonne partie du mois dernier, il suffisait de rouler trente secondes pour que les enseignes sautent aux yeux : Nude Girls, Mons Venus, Dollhouse, Skin… Entre les deux, des supermarchés, des restaurants à banquettes de skaï rouge comme-dans-les-films, des odeurs de friture et des sex-shops. En allant chez Hooters et Blue Martini, j’ai constaté que les familles emmènent leurs gamins mater les seins et les fesses des filles. Impossible d’échapper aux tenues égrillardes. A cinq ans tu es un futur client. Soit.
J’avais envie d’aller voir mais très honnêtement, je ne suis pas sûre que je l’aurais fait sans homme-alibi pour m’accompagner.
Le boyfriend a joué le guide touristique : “à cause du boulot, j’ai passé beaucoup de temps dans ce genre d’endroits“. A ce moment-là je me suis demandée si son boulot avait un jour consisté à poser des barres de poledance et des miroirs aux plafonds, ce qui me semble être la seule raison pour laquelle boulot et strip-tease seraient liés. On en apprend tous les jours :)
Mais venons-en au 2001 Odissey, qui permet de s’offrir des danses privées dans une soucoupe volante. Entrée réduite pour les filles (10 dollars contre 15) et personnel uniquement féminin (accueil, bar, vestiaire, et danseuses évidemment) à l’exception d’un balèze pour la sécurité. Aucune cliente. Des slips et des corsets partout. Je suis donc la seule femme habillée sur trente et comme je ne veux pas perturber l’écosystème local, je me planque dans un coin bien sombre. Plein d’hommes sont venus seuls, pas mal traînent avec un camarade de bar – tous sont babysittés par une entraîneuse personnelle à qui ils racontent leur vie. Les consommations sont bon marché et les danses privées à 15 dollars. Je pensais que ce serait horriblement cher alors que pas du tout (mais je suis certaine qu’on ressort essoré des clubs à clones, et je ne vous recommande pas les bars à entraîneuses de Pigalle si vous tenez à votre carte bleue).
La grosse animation est sur scène. Toutes les cinq minutes, deux filles arrivent, dansent et finissent toutes nues, pendant que les clients attablés leur jettent des dollars. Des petites, des plates, des musclées, des tatouées… l’embarras du choix. On sent le jeu bien cadré : comme les clients sont des habitués, ils se barrent ou s’approchent dès que le nom des danseuses est annoncé. Certaines feront leur show sans que personne ne les regarde. D’autres auront leur arène entièrement remplie. Les plus populaires dansent seules.
Et là, joie pour l’unique cliente féminine, tu as une observation directe et honnête sur ce qui plaît aux hommes. Sur ce pour quoi ils sont prêts à donner plus que leur argent : une grosse concentration histoire de ne rien rater, des sourires, une certaine tendresse.
Adieu le cliché sur le fait que les plus belles gagnent à la fin. Parmi les grandes perdantes, on aura l’intégralité de celles qui auront tout misé sur le physique (seins refaits, corps parfait et bronzage californien). Ainsi que celles qui tirent la gueule. Hey, on dirait bien que finalement la beauté est intérieure :)
Succès honnête mais pas formidable pour celles qui assurent le spectacle à coups de figures acrobatiques. Mais rien de comparable avec le rush autour des plus populaires : une dominatrice d’au moins cinquante ans qui étouffait ses admirateurs entre ses seins en rigolant, et la seule des danseuses qui avait de la cellulite et du ventre. Aucune des deux n’était souple ou d’une technicité incroyable. Mais quand tu es dans la salle, impossible de détacher ton regard de la scène : il se passe clairement quelque chose.
La celluliteuse (dix kilos de trop à tout casser) m’a laissée la mâchoire tombée sur la table. Quand elle est arrivée, je me suis demandée si je n’allais pas aller faire une pause-pipi, elle n’avait pas grand-chose de fun comparé aux accoutrements des autres : dans les 25 ans, brune avec la peau laiteuse, les seins lourds, très grande. Un joli visage et des mouvements de somnambule à la limite de lui demander si elle veut un café. J’avais l’impression que le strip ne commencerait jamais tellement elle était lente. Mais au bout de deux minutes, cette fille était tellement sensuelle que j’ai bien failli me renverser ma bière dessus. Une manière de se rouler au sol, de jouer avec la barre… je ne suis toujours pas sûre d’avoir bien compris. Peut-être une certaine conviction, comme si le show pouvait déraper à n’importe quelle seconde, et qu’elle attraperait n’importe qui pour baiser tout de suite maintenant. Ou alors l’impression qu’elle se faisait plaisir toute seule, alors que je suis sûre qu’elle se débrouillait pour accrocher le regard de tous les clients au moins une fois – sans agressivité mais avec une assurance parfaite. Ce n’est pas une blague, en fait, le fantasme de la sainte et de la pute. Certaines filles y arrivent. Sans le moindre effort. A ce moment-là évidemment, dans la salle, plus personne ne parle, on assiste à la messe et c’est tout.
Je suis ressortie pas longtemps plus tard : les danseuses suivantes n’avaient plus aucune chance de retenir mon attention. Je persiste à penser deux semaines plus tard que j’ai pris un excellent cours de sensualité, même si bon, je me vois mal commencer à faire des spectacles sur mon lit à baldaquins, et puis j’ai d’autres priorités que savoir comment allumer une salle entière au napalm. Il n’empêche. Miss Lance-Flammes m’a vraiment appris un truc. Notamment que quand je panique parce que le régime au beurre de cacahuète m’a fait prendre deux kilos, ça n’a aucune, aucune, aucune importance. (Les mecs disent que ça n’a aucune importance mais seulement maintenant je les crois.)
C’est toujours bon de se faire rappeler que la séduction n’est pas une expérience plastique. Culture de l’oeil ou pas, la place est chaude pour les gens qui incarnent au lieu de refléter. Pas besoin d’en faire des tonnes. Offrir ce qu’on peut, avec les moyens qu’on a, en toute sincérité, oublier trois secondes le spectacle, ne pas avoir peur. Etre premier degré.
Et la peau… et bien, c’est juste de la peau. On vaut plus que ça, et on se doit à soi-même plus d’indulgence.
Puisque je vous disais que ça m’a remonté le moral.
Et bien elle ne marche pas. Une étude californienne montre que si vous voulez taper dans l’oeil de quelqu’un, il faut sortir avec vos potes les plus beaux. Les faire-valoir seraient contre-productifs, ce qui veut dire que je peux enfin virer de mon facebook les pokémoches que je gardais juste pour mes sorties aux Ladie’s Night du Macumba.
Apparemment, les femmes sont les plus attentives aux fréquentations de leur futur copain. Aller draguer avec votre meilleur ami top-modèle chez Slip Kangourou permettrait paradoxalement de vous faire gagner des points. Alors que prendre Balladur pour wingman vous en ferait plutôt perdre.
Les hommes seraient moins influencés par l’allure des copines des femmes qui les intéressent. Mais ils prennent quand même le temps de bien regarder le genre de personnes qui traînent avec l’élue.
Cela dit, je pense à titre personnel que j’aurais un peu du mal à partir en safari avec une fille vraiment vraiment belle. Peut-être que j’attirerais plus les regards, mais 1) ça m’agacerait de voir les mecs essayer avec elle avant de se rabattre sur le lot de consolation, 2) je me sentirais de toute façon tellement nulle que ça me déprimerait et je resterais collée au bar à noyer ma misère dans du Whisky Sour. J’ai déjà vécu ces moments de drame en sortant en boîte en Ukraine et au Danemark, et c’était drôle seulement parce que j’ai un minimum d’auto-dérision (“boooon voyons ce que ça donne quand on se retrouve en bas de la chaîne alimentaire, ah, on dirait bien qu’il ne se passe pas grand-chose en fait, bon bah, un autre Whisky Sour alors”).
Ma winggirl idéale serait aussi jolie que moi mais dans un genre totalement différent, pour que les mâles intéressés choisissent sur la personnalité. Et là je réalise que toutes mes copines sont mes winggirl idéales. Et que peut-être je les ai choisies pour ça. Et peut-être toute ma vie est organisée autour de trouver un mec que j’ai déjà. Et aaaaaaaaaaaah je viens de tomber dans un vortex temporel.
Je n’ai jamais voulu me marier. C’est une idée sur laquelle j’ai fait une croix pour des raisons rationnelles : impossible de croire aux serments d’éternité, surtout quand on est claustrophobe, impossible de signer un papier pour prévenir l’Etat que j’aime quelqu’un, impossible d’imaginer une cérémonie à laquelle assisteraient des gens que je connais à peine, impossible qu’on m’appelle Madame, impossible que je devienne la “femme” de qui que ce soit, impossible de porter une alliance (je suis sûre que ça gratte).
Mes parents ne sont pas mariés. Mon frère s’est marié pour une question de permis de séjour. Aucun des membres de ma garde rapprochée n’a même approché le moment où un mariage aurait été jouable. Je n’ai jamais joué à la poupée, jamais aimé les comédies romantiques, jamais fantasmé d’être la moitié de quiconque, vu qu’il faudrait devenir la moitié de moi-même.
Pourtant, j’aimerais bien qu’on me propose. Pour des raisons rationnelles : peut-être que ça me permettrait de donner un semblant de stabilité à ma vie, peut-être que je ne mourrai pas toute seule et que je pourrai toujours compter sur quelqu’un. L’avantage d’une union qui te donne des obligations sociales c’est aussi qu’on n’est pas censé t’abandonner. Quelqu’un poussera ta chaise roulante, ou toi la sienne. Enfin à ce compte-là, autant avoir une assurance-vie hyperbéton et un gigolo complaisant.
Mes amis me connaissent bien. Ils savent que le mariage c’est comme les films d’horreur : pas pour moi. Ils disent que je ferais une dépression nerveuse en deux mois et un divorce en quatre. Ils ont parfaitement raison.
Alors ok, sans doute, je mourrai seule par incapacité à faire des compromis, sans même un chat sur les genoux parce que ça demande plus d’entretien qu’un ordinateur, à manger des boîtes de conserves froides.
Pourtant, j’aimerais bien qu’on me propose. Je racontais à un visiteur que se faire demander en mariage, c’est quand même se faire valider par quelqu’un comme éventuelle meilleure femme de sa vie : la classe :)
J’admirerais un mec qui aurait le courage de me demander de l’épouser rapidement après le début de la relation – idéalement quatre mois après le premier baiser, quand on est encore super amoureux. Il proposerait une date deux mois plus tard, histoire de se sentir emportée, de ne pas avoir le temps d’avoir peur. Ce ne serait pas un grand événement, il n’y aurait sans doute pas plus de quelques invités, mais ça se passerait sur un voilier dans une crique avec un bruit de grillons et au menu, n’importe quoi qui sent les herbes de Provence et les fraises. La musique serait assurée par les vagues et des grenouilles au loin. Il ferait un peu sombre. Je pense que pour le clin d’oeil, je porterais une robe blanche (mais pas une robe de mariée). On resterait avec les potes à boire du champagne jusqu’à ce qu’on s’endorme tous sur le pont. J’ai bien conscience que ce scénario est absurde mais si on me demande ma liste au père Noël, c’est ça que je voudrais.
J’admirerais un mec qui prendrait le risque d’un refus au lieu de rester jouer dans le jardin bien balisé du on-va-chez-toi-on-va-chez-moi (mon attraction-répulsion pour le mariage n’est pas un secret). J’aimerais bien qu’on m’entraîne hors de ma zone de confort. Et en mauvaise féministe, je voudrais que ce soit l’homme qui le fasse. Comme une ordalie, qu’il offre tout, et que je prenne la décision finale. Ce serait passionnant de rencontrer quelqu’un qui ne serait pas d’accord avec ce que je pense du mariage, mais qui collerait à ses convictions au lieu de se débiner face aux miennes. Quand on vit à deux c’est aussi pour se faire bousculer.
Je prendrais la bague et je dirais non. Les hommes courageux et sûrs d’eux-mêmes ne devraient pas souffrir d’un divorce en quatre mois et d’une fille pas toujours cohérente.
Le mariage restera parmi les regrets. Les regrets raisonnables.
(Réponse par avance aux commentaires : oui je raconte ma vie. Mais je suis absolument, absolument, absolument persuadée que dix millions de filles pensent exactement comme moi, alors prenez-en de la graine au lieu de jouer à Street Fighter, petits pervers !)
Nous avons tous joué à Street Fighter il y a quinze ans (et certains y jouent encore aujourd’hui mais je fais semblant de ne pas les connaître). Ce jeu vidéo a marqué une génération entière : de même qu’on peut en vouloir à Super Mario d’avoir popularisé une pilosité faciale disgracieuse (on peut aussi reprocher à Princess Peach d’avoir rendu érotiques les cruches en faïence), Street Fighter a été un modèle d’éducation sexuelle dont on retrouve les éléments dans nos lits d’adultes.
Quelle fille de trente ans ne termine pas sa fellation en pensant “FINISH HIM” ? (Oui je sais, Finish Him c’était dans Mortal Kombat, mais on a toutes joué à Mortal Kombat avant de retourner sur Street Fighter, de même que deux-trois ans plus tard, nous passions toutes sur Thrill Kill pour sodomiser des soumis SM avec une baguette électrifiée pendant que les mecs pensaient qu’on lisait OK podium.)
Street Fighter et le présent, donc.
Guile préfigurait le douchebag et nous ne le savions pas encore. Pourtant, tout y est : la coupe de cheveux de blaireau de l’espace, le tatouage sans âme, le médaillon qui touche à son pénis, le débardeur sur une musculation bien pesée, l’obsession de se repeigner entre chaque combat. A l’époque déjà, le personnage se caractérisait par une lenteur à t’exaspérer un boeuf. Toujours pareil aujourd’hui.
Blanka allait donner naissance au mouvement furry. Séduisant à souhait avec sa touffe de cheveux façon Dragon Ball et sa peau verte qui deviendrait une base de la zombiemania, Blanka est partout, même dans les commentaires de Sexactu quand on parle d’hommes aux pulsions incontrôlables. A noter que parmi ses coups spéciaux, il y avait le roulage en boule… comme dans les Pokemons. Tout s’explique. Enfin, Blanka est devenu le fantasme féminin typique : l’homme aux membres incroyablement longs qui saura t’électriser.
Zangief et les garçons ! Le mouvement Bear n’attendait qu’un Russe viril pour s’envoler. Finies les tatas et les chochottes, le gay moderne serait velu et ne craindrait pas de montrer ses grosses gencives bien roses. Très précisément, Zangief serait même un Butch – c’est-à-dire la version ultramusclée des Bears. Dommage que les créateurs de Street Fighter l’aient automatiquement désigné comme le débile de service. L’homme dont le spécial était de vous emporter dans les airs, de vous étourdir de bonheur puis de vous écraser sous ses fesses méritait mieux.
Scoop : Ryu s’appelle en fait Edward Cullen, alias le héros de Twilight. Mais si. Le beau gosse torturé, bien sous tous rapports, dont l’écran de combat consiste en une nuit nuageuse, ça ne vous rappelle rien ? La recherche permanente de pureté, la soumission aux règles, le style sobre mais solide ? Le mec chiant qui croise les bras en regardant vers le lointain ? Ryu allait s’incarner dans le vampire le plus célèbre depuis Dracula. Hadoken !
Les hommes-pétasses doivent tout à Ken. Le frère d’armes de Ryu allait allaiter leur imaginaire esthétique de ses mamelles fertiles : la décoloration en blond platine (de préférence en gardant les sourcils bien noirs), le cheveu long antipelliculaire, la voiture décapotable rouge et la copine parfaitement assortie. Tout ça saupoudré d’une bonne dose de narcissisme et de capacités spéciales enflammées telles les portières d’une Audi quatro cinq portes tunée dans Need for Speed.
Entre porno chic et tabassage choc, Chun Li servirait de modèle à toute une génération de dominatrices, et de fantasme à tous ceux qui les aiment. Fringuée à mi-chemin entre petite fille perverse (en haut) et strip-teaseuse (en bas), elle n’en ratait jamais une pour montrer sa culotte puis démonter la mâchoire de son adversaire à coups de pied (oui, le ballbusting est également né dans Street Fighter). On regrette avec le recul qu’on nous ait encore servi le coup de la nana vengeresse pour légitimer sa présence sur un champ de bataille, comme s’il fallait toujours un prétexte pour sortir les bracelets cloutés. Cette fois, l’homme dans l’ombre s’appelle papa. Mais bon, comme Chun Li allait devenir non seulement le perso le plus populaire de Street Fighter, mais aussi le meilleur, je consens à passer l’éponge.
Dhalsim est une Suicide Girl, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué. Peintures corporelles, piercings, toute petite tenue et bijoux en forme de tête de mort : mais oui, le yogi indien cache une punkette pas farouche ! Les modifications corporelles n’attendaient qu’un héraut pour prendre leur envol dans un monde de mode et d’identification à des codes faciles. Dans la foulée, on se mettrait à l’amour tantrique, auquel personne ne comprendrait rien.
Souviens-toi 1995, nous étions encore tous minces, l’obésité semblait réservée aux Américains et personne n’aurait jamais eu l’idée de mettre des cookies dans de la glace aux noix de pécan. Les mannequins avaient des formes. Les slims nous faisaient rire en secouant nos cheveux. La taille zéro ne s’appelait pas taille standard mais taille anorexique. Dans cet univers, Honda ouvrait la brèche de deux fétichismes désormais courants : les XXL et l’urologie. Obèse flamboyant, il aimait les jeux de main et les salles de bain. Quand on n’était pas content, il nous pressait entre ses seins, où un plaisir régressif nous faisait défaillir.
Que faire quand on est un homme légèrement efféminé, poussant des cris stridents et portant un poil long et scintillant pour lequel une attachée de presse vendrait ses actions Jean-Louis David ? On met des accessoires. Les sextoys sont une prolongation fantasmatique de Vega. Regardez cet érotisme naturel : masque comme dans Eyes Wide Shut, triple symbole phallique, cockrings portés sur le mauvais membre, encore un symbole phallique comme tatouage… ajoutez à cela l’impuissance quasi-totale quand Vega perd sa griffe, et vous saurez ce que je ressens quand mon Rabbit perd ses piles.
Malgré vingt ans de prévention antisida acharnée, il reste toujours du monde pour défendre l’option bareback, qui est un peu le CAP couture de la première nuit : autant faire une croix directement sur le reste de sa vie. Sagat et le bareback, ça ne fait pas que mal rimer, c’est aussi une évidence esthétique. Le visage chauve à oeil unique représente le pénis, et la cicatrice étendue sur toute la poitrine prévient des ravages à venir. Le message pour la jeunesse était clair, on espère qu’il passera encore mieux à l’avenir.
On passerait à côté du sens de la vie sans associer directement le boxeur Balrog et la montée en puissance du porno. Il suffit en effet de décrypter rapidement la symbolique de Street Fighter pour en comprendre les enjeux réels : un personnage qui se sert uniquement d’un poing ganté de rouge, dont le seul avantage est la puissance, et qui vit à Las Vegas afin de transformer son talent en spectacle, ça vous évoque quoi ? Tout pareil, le porno. En plus on reconnaît vachement François Sagat.
Les fétichistes du latex et autres cosplayeurs sadomasochistes ont tous joué Bison quand ils étaient adolescents, c’est un fait scientifique prouvé. La cruauté légendaire de ce personnage, ainsi que son amour pour les vêtements rouges vraiment vraiment moulants, ont plus fait pour la domination et l’industrie de la casquette que les soirées Pervarty et Kool Shen. N’oublions pas que Bison vous mettait ses pieds sur la tête quand il voulait vous humilier, et qu’il était le boss de fin. Hé, en parlant de boss de fin, je devrais peut-être arrêter cet article.
TeleEroticist livetwitte ses naughty bits de pink telephone. (Pardon. Je rêvais d’écrire une phrase comme celle-ci un jour, qui me donnerait un frisson de branchouillitude tout en assurant mon statut de rebelle.)
Il s’agit donc d’une opératrice de téléphone érotique qui raconte son boulot. C’est intéressant (elle incarne toutes sortes de fantasmes comme la fille moche, l’obèse ou la femme au foyer, en passant par du jeu de rôle à base de dinosaures) et drôle (elle utilise un stylo-bille pour faire le bruit des talons-aiguille quand elle n’écoute pas des hommes se faire du bien avec une carotte pendant 40 minutes). Bref, maintenant je vais être obligée de passer mon dimanche à lire toutes les archives afin de parfaire ma connaissance du champ des possibles.
J’y ai même découvert la solution contre le chômage : proposer aux filles un CAP de domination.
Un fantasme masculin s’éteint, un monde de voyeurisme s’éveille.
Un peu avant :
- La force de l’âge de raison
- L’homme idéal (selon les Anglaises, qui ne sont pas comme nous)
- Vrac #77 totalement exacerbé
- Sucer provoque des troubles de l’érection
- Nature lesbienne et Total-Bite
- Sex in the USA
- L’hypnose du pénis à portée d’oreille
- Mes identités sexuelles
- Vrac #76
- J’aurais dû me faire violer
- Courage, dévotion, sacrifice
- Proposition indécente
- Saignante, siouplaît
- Travesties
- Vrac #75 de Saint-Valentin
Brèves
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Vrac #78
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Des préservatifs pour les 12-14 ans. Un Kamasutra olympique. Des mots qui font mal. De la masturbation féminine. Des pubis en diamant. Une vidéo amoureuse. Un résumé sur l’orgasme féminin qui dit que 25% des… hommes simulent. De l’amour pour les geeks. De l’amour véritable et linguistiquement pur. Des hardeurs NSFW-18. De bien beaux fétiches. Oubliez l’élargissement de pénis, pensez rétrécissement du vagin. Ah tiens du pornespionnage. Enfin, je veux ça pour décorer mon appartement.
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La gravité n’existe pas
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American Apparel cherchait les plus belles fesses du monde : voici les gagnantes. Le boyfriend est en train de me convaincre que les miennes ressemblent exactement à ça, j’hésite entre sortir en slip ou arrêter immédiatement le beurre de cacahuète. (Pourquoi je poste un truc aussi anecdotique ? Parce que je trouve ça joli. Voyeuriste, certes, mais ma dark side pense quand même, waou, que voilà de jolies fesses qui mettent de bonne humeur.)
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L’aventure intérieure
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“Pourquoi croyez-vous qu’on vous tape sur les fesses, qu’on vous tire les cheveux, qu’on donne un coup de reins plus fort ? C’est pour obtenir une contraction.” Ah boooon ok je pensais que c’était pour stimuler mon cuir chevelu gras. Bref : allez lire sept pages de témoignages instructifs (entrecoupées de pub qui te sautent au visage) sur le site de Marie-Claire pour découvrir “ce qu’ils ressentent quand ils sont en nous“. Une question tellement évidente que je me demande pourquoi je ne l’ai jamais posée ici. Comme quoi, hein, se faire tirer les cheveux, ça attaque le cerveau.
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Balle dans la tête
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Un peu d’imagination, des poupées gonflables, et hop. Via Sex&Blo.gs.
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MTV sous acide
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A quoi ressemble la beauté quand la chirurgie plastique nous permet de faire n’importe quoi ? Des cheveux lisses, des yeux de Marie-Madeleine, des seins et pectoraux gonflés, des lèvres-pneus : une sursexualisation. Si la beauté sert à se reproduire, ce choix uniforme devient logique même si paradoxal – renoncer au naturel pour accomplir un (prétendu) “destin naturel”.
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Et popcorn pour la douze
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40% des jeunes Suédoises ont des fantasmes bisexuels (mais seulement 8% des jeunes Suédois). Deux possibilités : 1) ce pays féministe remet en question les rapports de genre au point que les 18-24 ans refusent de se sentir liés par une orientation sexuelle limitative (mais dans ce cas, pourquoi majoritairement les filles ?), 2) dans ce pays féministe, les nanas sont tellement hétéro qu’elles seraient prêtes à n’importe quoi pour plaire aux mecs, quitte à se soumettre à ce qui reste le fantasme masculin n°1, au lieu de se consacrer à leurs propres fantasmes (à moins que leur propre fantasme soit d’être désirée au lieu de désirer) (mais dans ce cas, pourquoi on dit que la Suède est un pays féministe ?). Je demande maintenant aux lecteurs mâles de Sexactu de se frotter les uns contre les autres afin de m’exciter.
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A ce moment de la journée, la blogueuse se tape frénétiquement le front contre son clavier
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“Le constat est sans appel: dès qu’une femme partage son repas avec un homme, elle opte pour des légumes ou de la salade et mange en plus petite quantité. Plus il y a d’hommes à sa table, plus elle minaude devant son assiette. Ces messieurs eux ne se posent pas de question et mangent comme bon leur semble.” Via Slate. Je pense qu’en France (cette observation est canadienne), c’est exactement le contraire : les filles mangent plus en présence d’hommes qui les intéressent, histoire de ne pas passer pour la relou de service qui compte les calories.
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Le point G est dans l’oreille
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Depuis lundi, France Inter parle de point G : en écoute gratuite et intéressante ici (surtout l’émission d’hier).
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Vrac #74
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Donnez-moi une photocopieuse, des petits seins, du coaching sentimental pour geek, une petite fille sexuellement agressive et du sexisme superlol, des érections photogéniques (tout ça sfw), et ce sera la fête du slip !
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Les douchebags sont le futur de l’homme et cette fois j’ai une preuve scientifique
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Une heure sous UV peut faire grimper votre testostérone de 69%, et c’est le genre de trucs que la libido apprécie grandement. On m’objectera que ça ne sert à rien d’avoir une libido d’enfer quand aucune meuf ne veut coucher avec toi à cause de ta peau orange fluo. J’objecterai que les daltoniennes existent et qu’elles doivent s’éclater au lit.
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Bonnet A pour chromosome Y
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“La réduction des seins est l’une des opérations esthétiques les plus populaires chez les hommes. Fini les seins qui pendent à cause d’un surplus de graisse. Pour avoir un beau torse, les hommes cèdent à la tentation du billard.” On met les pieds dans une époque formidable :)
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Service-client
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“On ne se vante pas d’être « pute », mais annoncer que l’on est « client » c’est presque pire. Le prostitué se fait payer parce qu’il a des atouts, il est sexy. Mais le client ? Non seulement il fait un peu pitié, mais c’est lui le responsable, c’est le pervers qui détourne la jeunesse.” Très très intéressant article sur la prostitution masculine chez rue69 aujourd’hui, camarades !
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Vrac #mpffff aucune idée
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Alors les vidéos du week-end (comment ça le week-end est passé ?) : NSFW, et une autre, et une autre. Ah tiens encore une autre, pfiou. Un intéressant article sur les consommateurs de prostitution (même si je préfère cet article sur une pénétration pas banale), des poupées gonflables, de la polygamie pour doper la natalité, des souvenirs de cours de sexe, le portable de Clara Morgane, une question de taille, et MON NOUVEAU SITE PREFERE DE L’UNIVERS (attendez peut-être que votre patron se retourne). Enfin, une demande : lectrices, je vous aime, mais arrêtez de m’écrire pour encyclopénis, les garçons n’ont plus la place de s’exprimer, or vous savez comme ces fières créatures ont besoin d’espace – ne leur coupons pas symboliquement le pénis alors même que je travaille sur la question.
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Idées de Saint-Valentin à piller gaiement
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Alors je suis obligée de dire que c’est bien pensé : SecondSexe propose un service de conciergerie pour ceux d’entre vous qui seraient très riches et très amoureux le 14 février prochain. Les services sont chers mais le lèche-vitrine est gratuit – de la livraison de costumes à domicile jusqu’au massage Epouses et Concubines en passant par la sieste crapuleuse… si vous ne saviez pas quoi inventer pour surprendre ou faire rire, il y a quelques chouettes idées dont s’inspirer. Ma préférée, c’est le sourcier en point G / acupuncteur d’orgasme. Je rêve d’essayer ça un jour. Vivement que je sois riche : /
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Vintage et définitivement chelou
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Hop, les 10 vidéos d’éducation sexuelle les plus bizarres de l’univers ! (Via) La première va me donner des cauchemars pour les vingt prochaines années.
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Vrac de retour de vacances toute gelée
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Tout d’abord, il convient de mettre tout le monde de bonne humeur (nsfw pas porno, mais personne ne bosse un dimanche, j’imagine ?) en rappelant éventuellement que la plus grosse nouille du monde fait 34 centimètres, ce qui est deux fois, voire trois fois trop long. Je suggère également, en douce, que Barbie devienne ingénieure informaticienne plutôt qu’architecte ou chirurgienne – dammit, le temps a bien changé depuis sa carrière de femme au foyer, maintenant elle se prend pour Dr. House ! Mais où sont les femmes ? (Réponse : décalage horaire oblige, là tout de suite, au lit.)
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Citation du jour
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“[La vulve,] ça fait comme des rideaux de viande.” Chez Télérama via Embruns. Bon. Cette brève est en fait une excuse gluante pour vous annoncer que je pars à Bangkok maiiiintenant. Voilà, le prochain post sera écrit par 35°, en short. Because I can. Because j’ai plus de carte bleue.
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Vrac #70
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Amis de la pneumonie, bonjour. Parler de sexe en étant frigorifiée, c’est dur, et ça donne envie de retourner cuver sa vodka caramel au fond du lit. Bien sûr, certaines personnes ont de vrais problèmes. Mais si vous aussi vous êtes motivés que moi par la glandouille absolue, traînez sur ces études sur la prostitution, il y a de quoi procrastiner un bon moment ! Et n’en profitez pas pour vous masturber, bande de petits cochons.
(31 réactions) -
Vrac #68
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Ce qui signifie que le prochain, c’est 69. Du coup je devrais peut-être leur donner des noms de positions, comme missionnaire, amazone, levrette of course, tiroirs turcs, ou encore castration médiatique. Tout est possible. Enfin, si vous aimez Twilight (oui tout est possible), allez voir Vampyres, ça a l’air intéressant. Bon, parlons maintenant de mes phantasmes avec un ph (tout sauf un ph neutre, notamment esthétiquement, rendez-moi le f par pitié, comme dans faute, finesse et finance). Déjà vous pouvez essayer Sexyphonia, qui vous raconte des histoires salaces à l’oreille. Ensuite vous pouvez faire l’amour dans du mouton. Enfin, il faut que je trouve une perruque pour ma vulve.
(11 réactions) -
Goodbye Pavlov
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“Si la pornographie avait tant d’impact que ça, il suffirait de montrer des films hétérosexuels à un homosexuel pour qu’il change son orientation sexuelle.” Dixit un chercheur canadien qui explique que déjà, les étudiants mâles n’ayant jamais consommé de porno n’existent pas, et que d’après son échantillon, les amateurs de porno sont pour l’égalité des genres et ne voudraient certainement pas que leur copine ressemble à une hardeuse. Leur relation réelle et leur fantasme porno sont tout simplement deux choses différentes. Je me demande combien d’études il faudra avant de faire comprendre ce truc évident sur lequel on débat depuis des centaines d’années.
(25 réactions) -
Menthe et amante
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On a parlé chaisplusquand des pastilles vaginales servant à donner à ses cunnis un goût de menthe ou de citron. Bon. Et bien “leur principal ingrédient est le sucre, ce qui n’est pas bon pour le vagin. Tout ça flingue le pH et peut générer de douloureuses infections de la muqueuse“. Comment ça, le vagin n’aime pas le sucre ? Et les bananes ? Et le nutella ? Chienne de vie.
(20 réactions) -
Citation du jour
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“Le mâle est le plus souvent une sorte de parasite de la femelle.” Par Pierre-Henri Gouyon, pas sympa sur ce coup-là.
(20 réactions) -
La première fois
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Hé, mon collègue sexologue Damien Mascret sera en direct à 18h30 chez Canal Street, vous pouvez regarder l’émission en ligne. Le thème c’est “la première fois” alors n’hésitez pas à poser vos questions si vous vous demandez comment pratiquer la brouette togolaise sur une vierge à trois jambes ! (Je compte bien laisser des commentaires débiles, hé hé.) Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, vous pouvez maintenant également vous abonner à son podcast sur Europe 1 (c’est le premier lien), ce qui vous évitera de vous lever à 5 heures du mat’ pour l’écouter. Congrats Damien, tu assures, LE SEXE VAINCRA !
(6 réactions) -
Vrac #66
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Bhaaaaaaa. Eeeek. Urg. Oui, face à l’infantilisation galopante de la sexualité, j’ai décidé de ne plus m’exprimer que par onomatopées comme notamment HAAAAAHHH. Quoi c’est chiant ? Bon. Donc la bonne nouvelle, c’est que le mariage gay c’est pour demain : ici, et aussi aux States.
(12 réactions) -
Les Allemands ne seraient-ils pas secrètement les musiciens les plus épilés de l’univers ?
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Vous devez aller voir cette vidéo en entier (oui, elle était sur Alt-Tab, mais je l’avais ratée). Et ensuite, vous devez admettre avec moi qu’on a trouvé le chaînon manquant entre Tokio Hotel (sex-symbols pour midinettes) et Rammstein (sex-symbols à gros dildos pour métalleuses). Ce qui nous laisse pour les filles, Nena (sex-symbol à ballons) et les Dresden Dolls (mes favorites). Les Allemands sont formidables.
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